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Jardin : Quand la tradition rencontre l’exotisme

05-08-2022

Actualité

Nature

Cet été, nous partons explorer des jardins de passionnés dans le Nord et le Pas-de-Calais. Bertrand Trinel nous fait découvrir le jardin de l’Ermite à Haverskerque où variétés exotiques et anciennes se mélangent.

Bertrand Trinel et l’association Des paysages, des jardins et des hommes ont réhabilité l’ancien terrain de foot de la commune © CB

Dans le Nord, à la sortie du village d’Haverskerque, se trouve un endroit reculé cachant une parcelle de plus de 8 000 m2 : le jardin de l’Ermite. Géré par l’association Des paysages, des jardins et des hommes qui fête ses 18 ans en 2022, il est aussi connu dans la commune que la légende de l’Ermite, à qui il rend hommage (lire l’encadré ci-dessous).

Réputée pour sa traditionnelle fête de la tomate et des légumes anciens qu’elle organise à Haverskerque depuis 2006, l’association a créé le jardin de l’Ermite en 2013. Son président, Bertrand Trinel, est notre guide du jour. Il gère ce nouvel éden. « La commune nous a cédé pour un euro symbolique l’ancien terrain de foot », sourit-il. Le terrain laissé à l’abandon fait le plaisir des adhérents qui l’entretiennent tous les mercredis et samedis. Il a, selon Bertrand Trinel, redonné un peu de couleurs au village

Un attachement aux espèces anciennes

Des plantes, des fleurs et des arbres de toutes les couleurs ornent le jardin de l’Ermite. © CB

L’objectif de l’association « c’était aussi de préserver les légumes anciens », note son président. Lors de la fête de la tomate et des légumes anciens, des plants et semis viennent du monde entier. L’association en récupère chaque année et plante ainsi de nouvelles variétés, comme les tilleuls de Chine. Le jardin compte également des légumes traditionnels, comme la « grosse laitue d’Haverskerque » souvent plébiscitée par les habitants du village.

Le jardin de l’Ermite abrite une serre, un jardin potager, un verger, une partie plantes aromatiques, un jardin d’ornement et même un coin pour les animaux. Il regorge d’un nombre incalculable d’espèces d’arbres, arbustes, plantes, fruits, légumes et animaux. « Nous avons environ 150 variétés de tomates cette année au jardin : des tomates rouges, des noires, des jaunes, des cerises. Il y a des poivrons, des piments, de la poire melon, de la poire de terre, de l’ail éléphant, des amandes, des pommes… » Pour les animaux, c’est la même histoire. Il y a des dindons, des canards courrier indien, des faisans, des oies rieuses, des poules d’Estaires, des poules azur…

Il faut aussi ajouter « la haie champêtre qui se compose de 650 arbustes, de 85 variétés différentes, et environ 140 fruitiers, sans oublier les ruches », décrit Bertrand Trinel. Parmi les arbustes, il y a, par exemple, du sureau nigra black lace, ainsi que des saules à fleurs jaunes. Sans doute y a-t-il un bon millier de variétés et d’espèces différentes sur le terrain.

éviter les intrants

Pour préserver la beauté du jardin, selon les critères de l’association Jardin passions, aucun intrant chimique ne doit être utilisé. Alors, Bertrand Trinel le montre, il faut toujours innover. Au jardin de l’Ermite, différentes techniques sont pratiquées pour aider les plantes, arbres et légumes à pousser sans se servir de produit chimique. « On utilise diverses façons culturales, permaculture, du fer à béton, des pyramides, des antennes à aimants et de l’électro culture. » Cette dernière permet de reproduire ce qui se passe après un orage, en utilisant les courants électriques ou magnétiques. Certaines parcelles du jardin sont aussi alimentées avec de la poudre de basalte qui apporte minéraux et oligo-éléments nécessaires à la croissance des plantes. Bertrand Trinel essaie toujours de trouver de nouvelles façons de faire qu’il montre ensuite aux membres de l’association, au public et surtout aux enfants.

Œuf bleu et tomate noire

Les adhérents de l’association propriétaire du jardin mettent en place des ateliers de découverte des plantes et des animaux présents sur la parcelle, parfois des ateliers cuisine. Le but est toujours la sensibilisation à la nature.

Lorsque les enfants viennent visiter le jardin, Bertrand Trinel les interroge souvent sur les couleurs des tomates. « Ils me disent qu’elles sont rouges ou jaunes, alors je leur montre des tomates noires ! » Même chose avec les pommes, les enfants affirment qu’elles ont une chaire blanche, « alors je leur montre des pommes à chaire rouge ». Le plus impressionnant pour les plus jeunes c’est peut-être les œufs. « Ils ne disent plus de couleur ou ne veulent plus répondre », plaisante l’animateur d’un jour, alors « je leur présente un œuf bleu d’une poule azur ». Ça permet aux enfants de participer au jardin et de découvrir des produits qui sont souvent peu connus. « Ils ont d’ailleurs un carré, et tout ce qu’ils produisent est pour eux », affirme Bertrand Trinel.

Pour le reste des productions, rien n’est jeté, « les adhérents qui viennent s’occuper du jardin prennent au fur et à mesure, le reste est offert à l’épicerie populaire, principalement, en partenariat avec la CCFL (communauté de communes Flandre Lys) ou aux Restos du cœur. » 

La Légende de l’Ermite

La cabane de l’Ermite trône au milieu de la parcelle. © C.B.

L’Ermite d’Haverskerque, nommé Guillaume, fut réveillé un jour de pluie par deux hommes étrangers au village qui lui demandèrent l’hospitalité. Après un peu de repos, ils voulurent partir. L’un d’eux, fatigué par l’âge, emprunta le bâton de chêne sculpté de l’Ermite reconnaissable par tous puisque Guillaume prêchait au village. L’Ermite demanda à ses visiteurs de le laisser au village « Prenez-le. On connaît mon bâton. Il ne me quitte pas et on me le rapportera. » Les deux acolytes déposèrent ce dernier, mais seulement après avoir pillé l’église d’Haverskerque. Les villageois qui découvrirent le bâton sur le parvis de l’église le lendemain matin condamnèrent l’Ermite sans plus de cérémonie à être pendu. L’association a souhaité lui rendre hommage en donnant son titre au jardin et en installant « la cabane de l’Ermite ».

Célia Bouriez

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