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Plantons le décor : enraciner le paysage local

27-10-2022

Actualité

Nature

Pour la 31 année, l’opération « Plantons le décor » permet de réaliser des achats groupés de plants, graines et bulbes afin de façonner le paysage en préservant les variétés locales, et parfois anciennes. Exemple dans l’Avesnois.

L’an dernier, près de 15 000 arbres et arbustes ont été commandés avec l’opération « Plantons le décor » dans l’Avesnois. © L. T.

Dans l’Avesnois, on a pris conscience du recul des essences locales dans le paysage il y a 27 ans, date à laquelle le parc naturel régional a intégré le dispositif « Plantons le décor » afin d’encourager tout le monde à (re)planter/semer des variétés très locales. Tout le monde, cela va des particuliers – 70 % des personnes concernées pour ce territoire – aux collectivités (15 %) en passant par les agriculteurs (15 %). « Restaurer les espèces locales permet de préserver un patrimoine végétal adapté au terroir et au climat », résume Stéphane Marache, technicien bocage en charge de « Plantons le décor » pour le Parc naturel régional de l’Avesnois.

Dans le dispositif, on envisage la notion de local avec une précision très fine, les essences et variétés étant sélectionnées par le Centre régional de génétique lié aux Espaces naturels régionaux. Arbres et arbustes, graines et bulbes sont ainsi disponibles en commandes groupées, généralement réparties en deux périodes de commande et retrait annuelles. Pour l’Avesnois, la deuxième salve de commande est possible jusqu’au 2 février pour une livraison au 4 mars.

Mâche de Cambrai

Mâche de Cambrai, navet de Péronne, oignon d’Abbeville mais aussi mélanges pour haies champêtres, arbres et arbustes endémiques sont disponibles à la commande groupée qui permet à la fois des prix compétitifs, mais aussi une origine certifiée puisque tous les végétaux proviennent de pépiniéristes du secteur. Une façon, aussi, de participer à leur économie. « Des variétés bien adaptées, et pour lesquelles on constate de meilleurs rendements  », salue Stéphane Marache.

L’an dernier, près de 15 000 arbres et arbustes, un peu plus de 1 000 fruitiers et quelque 500 sachets de graines et bulbes garnissaient 540 bons de commande pour l’Avesnois. Un bon cru que le technicien du parc naturel régional analyse par un effet post-covid : « Les gens font davantage attention à leur jardin. Et ils veulent revenir au local, cultiver leurs propres légumes. »

Et pour se lancer, c’est encore mieux avec des conseils. Car au-delà du bon de commande, sont organisés de nombreux ateliers de septembre à la fin mars. Les journées de l’arbre pour apprendre la taille des arbres, vitale pour eux, des formations à la taille de printemps ou au greffage… Et pour les professionnels en quête de formation, le parc naturel a mis en place un programme de restauration du bocage avec la plantation de haies, de fruitiers… « Nous accompagnons les agriculteurs pour replanter, y compris dans la recherche de financements. Pour certains gros chantiers de plantation, nous travaillons avec les écoles agricoles  », détaille le technicien.

Haies champêtres

Pour les arbres, c’est le charme qui tire son épingle du jeu dans l’Avesnois. Côté arbustes, le technicien bocage désigne clairement la haie champêtre : « Un mélange intéressant de charme, troène d’Europe, cornouiller (qui change de couleur et dont le bois, rouge, apparaît à la tombée des feuilles), érable champêtre (celui-ci passe du jaune au rosé).  » Outre l’arc-en-ciel ainsi planté et la preuve que, même avec des essences locales on ne s’ennuie pas, cette haie champêtre est plus rustique que les sempiternels thuyas (que certaines communes sont allées jusqu’à interdire et qui souffrent, en ce moment, de maladies). La haie champêtre s’adapte, elle, davantage aux prédateurs et ravageurs en raison de sa diversité. Une rotation à elle seule.

Et pour clore sa liste, le technicien tient à ce conseil qui vaut pour tout et partout : la plantation par paillage, des copeaux de bois placés aux pieds des plantations pour maintenir l’humidité des sols. « Une grosse proportion des agriculteurs qui ont pratiqué le paillage a vu leurs haies résister à cet été. Le paillage a aussi l’avantage de faire office de couverture du sol et de se dégrader en humus », égraine encore Stéphane Marache. Une somme de choix et de gestes qui permettent aux territoires de mieux fonctionner, naturellement. 

Justine Demade Pellorce

Lire aussi : « Plantons le décor » : 31 ans de bons et locaux services

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