En 2014, Caroline Toucry reçoit en présent une liqueur de gingembre. Un cadeau qui va changer le cours de sa vie… Ce breuvage, elle l’apprécie au point qu’elle essaye par la suite de le reproduire. Et cela fonctionne ! Une recette qu’elle décide alors de décliner en différentes saveurs à partir de plantes qu’elle trouve dans son jardin : de la framboise, de la verveine ou encore du thym sauvage. Une liqueur qu’elle offre à ses amis pour différentes occasions.
Le cadeau plaît au point que les copains de cette habitante de Bailleul l’encouragent à lancer sa gamme de liqueur… Après une courte période de réflexion, Caroline Toucry, tente l’aventure en 2016 qu’elle baptise La P’tite liqueur poétique. Un nouveau défi professionnel pour la jeune femme qui n’a aucune expérience dans le domaine. Cette dernière a, en effet, suivi des études d’arts plastiques : « J’ai notamment travaillé à la création des géants des Flandres avant de me consacrer à mes cinq enfants », explique-t-elle.
Et Caroline Toucry voit justement dans cette nouvelle activité la possibilité d’allier vie professionnelle et vie de famille. « C’est l’occasion de reprendre une activité en gérant mon temps comme je le souhaite pour pouvoir continuer de profiter de mes enfants », insiste-t-elle. C’est aussi l’opportunité de faire quelque chose qu’elle aime : « Être dans le jardin pour cultiver mes plantes est un réel plaisir », sourit la mère de famille. Car pour elle, l’une des priorités est de travailler le plus possible avec des produits locaux et naturels. La plupart des liqueurs qu’elle propose à ses clients sont confectionnées à base de produits récoltés dans son jardin. « Pour la liqueur aux épices, je me fournis dans un magasin bio et pour celle au café (ndlr : la dernière recette élaborée), je travaille avec le Pot’j Café, un torréfacteur de Bailleul. »
Un produit qu’elle confectionne de A à Z. « Il faut d’abord trouver le bon dosage pour le goût, puis les plantes macèrent dans de l’alcool agricole, avec du sucre et de l’eau. Le temps de macération est différent en fonction des plantes ou des fruits. Quant au taux d’alcool, il est de 17,9 °, au-delà , il faut une licence qui nécessite des démarches », précise-t-elle.
Une fois que sa recette est au point, elle donne un nom à chacun de ses produits : « J’aime aussi travailler sur le packaging, il y a toujours un effort de réflexion. La liqueur de gingembre s’appelle Le concentré d’Utopie. Je confectionne aussi les étiquettes, différentes pour chaque produit et j’y ajoute un petit texte positif, un message engagé où je parle généralement de l’importance de faire attention à notre planète, à ce qui nous entoure tout en rappelant de ne pas oublier de profiter de la vie. Cela fait sourire les clients ! »
Une boisson qui peut être aussi bien consommée en apéritif qu’en digestif. « Elle peut aussi servir en cuisine. La liqueur de thym ou de sauge se marie bien avec la viande, tandis que celle aux épices peut s’accorder avec le poisson. »
Pour trouver ses P’tites liqueurs, pas la peine de chercher dans les rayons des supermarchés, la Bailleuloise met un point d’honneur à les vendre via les circuits courts : « Je travaille avec les magasins de producteurs locaux, les offices de tourisme de la région ou encore le Court circuit (ndlr : plateforme qui permet aux producteurs de vendre directement aux consommateurs). Je m’occupe d’ailleurs d’un des points de retrait, ce qui me permet d’avoir un contact avec les clients, de discuter… Au début je faisais les marchés aussi, mais c’est assez compliqué, cela prend beaucoup de temps… »
Aujourd’hui, Caroline Toucry vit de cette activité. Si elle souhaite développer son entreprise, elle veut cependant la garder à taille humaine : « Ma priorité reste de pouvoir concilier ma vie de famille et ma vie professionnelle », assure-t-elle.
Hélène Graffeuille

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