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12-02-2026

Qui est Éric Skyronka, le nouveau président de la MEL ?

Élu dans un contexte inédit après la démission de Damien Castelain, Éric Skyronka a pris le 9 janvier la tête de la Métropole européenne de Lille. Rencontre.

Avant d’être élu président de la MEL, Éric Skyronka a été vice-président en charge des sports. © D. P.

C’est boulevard des Cités unies, au siège de la Métropole européenne de Lille (MEL), que son nouveau président nous accueille. Éric Skyronka est à la tête de la 4e plus importante métropole de France depuis son élection le 9 janvier dernier. Une fonction qu’il exerce pour un temps court – jusqu’à la fin de la mandature en mars.

Rien ne prédestinait ce fils d’ouvrier, originaire de Noyelles-Godault (62), à diriger une institution de cette envergure. Né le 31 décembre 1962, Éric Skyronka est d’abord un homme de l’Éducation nationale : ancien professeur des écoles puis directeur, il a consacré plus de 30 ans à l’enseignement. « Comme quand j’étais professeur, j’ai toujours aimé emmener toute la classe Â», glisse-t-il, revendiquant une culture du collectif et du dialogue, plutôt que celle « du culte de la personnalité du dirigeant Â».

Son engagement en politique débute en 2008 comme adjoint à la jeunesse et au cadre de vie à Sailly-lez-Lannoy, une commune de 2 000 habitants. En 2014, il est élu maire – il se représente d’ailleurs pour un troisième mandat aux prochaines élections.

Une candidature « choisie Â»

À la MEL, il est vice-président depuis 2020 et est membre de la majorité Métropole passion commune MPC. Ce parcours d’engagement expliquerait en partie la confiance qui lui a été accordée lors d’une élection hors-norme. Parce que l’accession d’Éric Skyronka à la présidence s’est faite dans un contexte inédit. Le scrutin ayant été provoqué par la démission contrainte de Damien Castelain, condamné définitivement à une peine d’inéligibilité par la cour d’appel de Douai.

« J’ai vécu cette inéligibilité comme un choc Â», confie le nouveau président, évoquant aussi sa relation personnelle et amicale toujours d’actualité avec son prédécesseur. Mais l’urgence s’imposait. « Il fallait assurer le fonctionnement de la métropole, ne pas la fragiliser. Â» Sa candidature a été largement soutenue. L’ex-professeur a été élu avec près de 97 % des voix, seul face à Patrick Proisy, maire LFI de Faches-Thumesnil. « Le vote a souligné cette volonté de stabilité. Il y avait plus de 300 délibérations à faire passer dans la journée : la MEL ne pouvait pas s’arrêter. Â»

Lorsqu’on lui demande s’il n’y serait pas allé, poussé par la majorité ? « On n’a pas poussé ma candidature, vous ne voulez pas manger d’épinard, vous n’en mangez pas Â», répond, pour clore le débat, Eric Skyronka.

« Monsieur J.O. Â»

Depuis un mois, le nouveau président dit prendre« la mesure de la responsabilité ». Il « s’appuie » fortement sur ses vice-présidents et revendique un fonctionnement collégial. « Je ne crois pas au président qui décide tout seul. J’aime les aventures collectives, avec des gens compétents. » Un style façonné entre autres par son amour du sport et l’expérience des grands événements. Surnommé « Monsieur J.O. » du Nord après le succès des Jeux olympiques sur le territoire, il aime rappeler « que la chance se provoque ».

Les priorités, elles, sont clairement identifiées. Les transports d’abord, avec 771 millions d’euros investis en 2025. « Je n’ignore pas les difficultés (à propos du métro ndlr), mais on ne peut pas imaginer que des investissements de cette ampleur ne fonctionnent pas. Â» Culture ensuite avec la réouverture du LaM après plus de 17 millions d’euros de travaux. Sport et grands événements ne sont pas en reste avec l’accueil du tournoi des Six Nations (France-Italie le 22 février au Stade Pierre-Mauroy). Mais c’est peut-être sur l’apprentissage de la natation que l’ancien professeur se montre le plus offensif. Face au nombre de noyades, il défend « un plan piscine Â» qualifié de « plan Marshall Â» : 250 millions d’euros pour huit à douze piscines prises en charge par la métropole.

Attaché aux petites communes, Éric Skyronka insiste sur ce qu’il appelle « l’équité territoriale Â». « Depuis 2014, on écoute chaque maire. Ici, on regarde les métropolitains avec une égalité de traitement. Â» Quitte à multiplier les déplacements.

Père de trois enfants et grand-père de sept, il garde une distance avec la carrière politique. Soutenu notamment par Gérald Darmanin (présent le 9 janvier), il refuse toute personnalisation excessive. « Ce n’est pas une affaire d’homme, mais de groupe et de projet », répond-il lorsqu’on lui dit que le nom du garde des Sceaux et ex-maire de Tourcoing (il a démissionné en 2020 pour ne pas cumuler les fonctions) circule pour être prétendant à son poste. « Demain tout peut s’arrêter : on n’est que de passage. » Avant de penser à l’après, il veut construire le présent, convaincu que « le service public reste plus que jamais un engagement quotidien ».

Dylan Pique

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