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19-12-2024

Premier ministre : réactions après la nomination

François Bayrou a été nommé Premier ministre le 13 décembre. Quelles sont les réactions dans le Nord-Pas de Calais ? Nous avons interrogé deux élus de collectivités. Réactions mais surtout attentes.

François Bayrou est le quatrième Premier ministre de l’année. Hervé Deroubaix, tout comme Christian Poiret, espèrent qu’après cette nomination il y aura davantage de stabilité à la tête du gouvernement. © AFP

Il est le quatrième Premier ministre depuis le début de l’année 2024 : François Bayrou occupe le poste de chef de gouvernement depuis le vendredi 13 décembre.

Pas de surprise

Une nomination sans surprise pour Hervé Deroubaix, président de l’association des maires ruraux du Pas-de-Calais : « Il représente un centre de gravité qui peut, peut-être, équilibrer la droite et la gauche. Et il n’a jamais tapé sur le Rassemblement national avec qui il a même des similitudes en termes de déboires judiciaires (ils ont comparu devant la justice pour des soupçons de détournement de fonds européens, ndlr) », souligne celui qui porte aussi l’écharpe de maire de Robecq.

Un budget pour être fixé

Le centriste parviendra-t-il à contenter toutes les forces politiques ? L’avenir nous le dira, mais les élus du Nord-Pas de Calais le souhaitent. « Nous voulons qu’il tienne le coup pour qu’on ait un budget afin que l’on sache à quelle sauce nous serons mangés », insiste le président de l’association des maires ruraux du Pas-de-Calais.

Même attente pour Christian Poiret, président du Département du Nord, qui commence à se lasser d’expliquer la situation délicate de son institution à chaque changement de gouvernement. « En trois ans à la tête du Département, j’ai connu cinq Premiers ministres, à chaque fois je les ai rencontrés, eux et leurs ministres, je leur ai expliqué la situation, à chaque fois ils ont été d’accord avec moi, mais ils n’ont pas eu le temps ou n’ont pas souhaité mettre en place de solutions », s’agace-t-il.

Christian Poiret, président du Département du Nord © Département du Nord.

Maire, président de département… François Bayrou aura-t-il une oreille plus attentive ?

François Bayrou a également porté l’écharpe de président du Département des Pyrénées-Atlantiques entre 1992 et 2001. Alors aura-t-il plus une oreille attentive ? « Il a été président de Département mais à une période où ils avaient encore un peu d’argent, nuance Christian Poiret. Ce n’est plus le cas. Il doit comprendre qu’aujourd’hui, les Départements ne lèvent plus d’impôt et dépendent entièrement de lui. Si l’État n’est pas au rendez-vous, les Français les plus en difficulté souffriront encore plus. L’avenir des Départements dépend de la bonne volonté du Premier ministre de nous sauver. Aujourd’hui, on ne tient plus. Le Premier ministre doit comprendre que le premier Département de France n’équilibre pas son budget. »

Et l’élu départemental a bien une suggestion : « Ce que je demande notamment, c’est que 0,15 % de la CSG (contribution sociale généralisée, ndlr) au niveau national soit affecté aux Départements. S’il ne fait pas cela, il y a de nombreux Départements qui ne pourront pas équilibrer leur budget. » Et de rappeler : « Dans le budget Barnier, il y avait une enveloppe de 200 millions pour les personnes âgées et les personnes en situation de handicap, il y avait aussi 200 millions d’euros pour aider les Départements en difficulté, je souhaite que dans le budget Bayrou, il y ait la même chose. On en a besoin, c’est vital. François Bayrou doit prendre les bonnes décisions, savoir s’il veut protéger les personnes âgées, les personnes porteuses de handicap, les enfants de l’Aide sociale à l’enfance, ceux qui n’ont pas la possibilité de travailler… Je demande au Premier ministre de penser aux Français, aux plus démunis, à ceux qui sont dans la difficulté. »

Une stabilité éphémère ?

Hervé Deroubaix espère aussi un « un budget un peu moins coercitif pour les collectivités » de la part de celui qui en plus de ses nouvelles fonctions de chef de gouvernement a souhaité garder son mandat de maire de Pau. S’il souhaite « bon courage et bonne chance » au nouveau Premier ministre, le président de l’association des maires ruraux du Pas-de-Calais n’est pas franchement optimiste pour la suite : « Je pense que c’est encore une fois une situation temporaire. Selon moi, il y aura une nouvelle motion de censure vers juin-juillet qui aboutira à une autre dissolution. Avec l’espoir de redonner une vraie majorité, quelle qu’elle soit. » Réponse dans quelques mois… 

Hélène Graffeuille

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Hauts-de-France Nord Pas-de-Calais

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