
C’est une des traditions du mois de janvier : le lancement du recensement de la population française qui permet « d’établir les populations de référence et d’actualiser les informations socio-démographiques sur les habitants et les logements », introduit Fabrice Danielou, chef du service statistique à Lille de l’Insee, organisateur de cette opération (voir aussi l’infographie).
Tous les cinq ans, les communes de moins de 10 000 habitants sont ainsi recensées à tour de rôle. Pour les plus grandes villes, un échantillon de 8 % des logements est retenu tous les ans. En cinq ans, 40 % de la population est recensée, ce qui est statistiquement fiable pour l’analyse.
Un recensement qui s’adapte « aux évolutions de la population » avec de nouvelles questions comme sur la fréquence du télétravail, le lieu de naissance des parents « pour rendre compte de la diversité de la population au niveau des territoires et étudier les mobilités géographiques au fil des générations » ou encore la question de « limitation de l’activité à cause de la santé ».
Cette année, une partie de la population recensée répondra également à l’enquête Familles, réalisée tous les dix ans qui « permet d’apprendre qui a des enfants, les histoires familiales, comment s’organise la vie des enfants, quels contacts garde-t-on avec ses parents, ses grands-parents… », explique Fabrice Danielou.
Toutes les réponses seront anonymisées avant d’être analysées par les statisticiens de l’Insee. En découlent notamment les populations de référence. Ce 1er janvier 2025 sont ainsi « entrées en vigueur », selon les termes employés par Nathalie Delattre, responsable de la division conseils aux acteurs publics en région à l’Insee, les résultats du recensement de 2022.
Avec 5 998 916 habitants – précisément ! -, les Hauts-de-France restent la cinquième région la plus peuplée de métropole derrière l’Île-de-France, Auvergne-Rhône-Alpes, Nouvelle-Aquitaine et Occitanie, au coude-à-coude avec un peu plus de six millions d’habitants.
Pour rappel, il y a quatre ans, elle était encore à la quatrième place. Alors qu’entre 2011 et 2016, la région gagnait chaque année 9 350 habitants, elle en a perdu 1 330 en moyenne par an sur les cinq années suivantes. « La population est quasi stable mais toujours en décrochage par rapport à la France où l’évolution est de + 0,4 % par an en moyenne » sur la même période, indique Nathalie Delattre.
Si le solde naturel (différence entre les décès et les naissances) est encore positif (0,2 %) – même s’il s’essouffle, il était de 0,4 % sur la période 2011-2016 – « la région pâtit d’un manque d’attractivité avec le départ de ses habitants » : 12 060 par an, en moyenne, soit – 0,2 %. Un « rythme constant depuis le début des années 2010 ». Des départs qui ne sont pas compensés par des arrivées : les Hauts-de-France sont « la seule région avec un solde migratoire déficitaire. L’ensemble des régions limitrophes de l’Île-de-France ont une démographie atone ou en léger recul », précise Nathalie Delattre.
Un phénomène qui n’est pas près de s’arrêter et qui devrait même s’amplifier avec un retournement du solde naturel : à partir de 2040, le scénario moyen de l’Insee prévoit que le nombre de naissances deviendra inférieur au nombre de décès. Résultat à l’horizon 2070 : la région va décrocher et comptera 600 000 habitants de moins, soit 10 % de sa population (lire aussi notre édition du 16 décembre 2022), alors que la population française devrait se stabiliser. Le dépeuplement toucherait aussi « l’est de la France, au profit des régions du sud et de l’ouest sur la façade atlantique », projette Nathalie Delattre.
Au niveau régional, le Nord reste le département le plus peuplé des Hauts-de-France et même de France métropolitaine devant Paris et les Bouches-du-Rhône. Le Nord (2 616 909 habitants) et l’Oise (830 725) sont les deux seuls départements à voir leur population croître très légèrement de 0,1 % par an en moyenne grâce à un solde naturel positif qui compense le solde migratoire. Le Pas-de-Calais (1 460 184), la Somme (565 540) et l’Aisne (525 558) ont une population « en décroissance » et poursuivent leur « déclin démographique entamé déjà depuis 2010 ». À eux seuls, les départements du Nord et du Pas-de-Calais représentent 68 % de la population des Hauts-de-France.
Une dynamique régionale se dessine le long d’un axe nord-sud partant de la métropole européenne de Lille-Roubaix-Tourcoing jusqu’au sud de l’Oise (Creil et Senlis), en passant par Arras et Amiens. Un axe marqué par une bonne desserte de transports et un marché de l’emploi plus dynamique. « La situation est moins favorable sur les aires côtières des Hauts-de-France, comme en Normandie », précise Nathalie Delattre.
Enfin, si l’on regarde du côté des 20 plus grandes communes de la région, dix sont dans le Nord, cinq dans le Pas-de-Calais. Lille (238 695 habitants) est en tête, suivie par Amiens (134 780). Roubaix et Tourcoing sont ensuite au coude-à-coude avec presque 100 000 habitants chacune. Toutes gagnent des habitants.
Ce qui n’est pas le cas pour les communes qui suivent comme Dunkerque (5e avec 87 013 habitants, -0,2 %) et Calais (6e avec 67 585 habitants, -1,7 %). « Il y a des communes avec une évolution favorable de la population comme Arras et Creil, d’autres avec une tendance à la baisse marquée comme Cambrai, Liévin ou Saint-Quentin, liée à un marché du travail moins dynamique », conclut la spécialiste de l’Insee.
Claire Duhar

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