
Depuis le 28 novembre, la ville Arras a revêtu ses habits de lumière pour plonger ses visiteurs dans la magie de Noël. Plus qu’un marché de Noël, c’est tout le centre-ville qui s’est transformé en Ville de Noël pour émerveiller petits et grands. 1,5 million de visiteurs y sont attendus, « 85 % des gens viennent des Hauts-de-France, 12 % d’autres régions de France et pour le reste, c’est souvent des Belges ou des Anglais », indique Fabien Cousin, directeur du département culture et attractivité à la ville d’Arras et directeur de projet sur l’événement Ville de Noël.
Un événement pour lequel la ville d’Arras investit 1,2 million d’euros.« On estime à 2,7 millions d’euros les retombées économiques sur le Grand Arras, dont 2 millions directement pour la ville d’Arras », souligne le directeur de projet. Et d’ajouter : « Un euro investi par la ville pour cet événement rapporte 11 euros sur le territoire. »
Petit retour en arrière pour comprendre comment l’événement est aujourd’hui considéré comme le plus grand marché de Noël au nord de Paris. « À l’origine, le marché de Noël a été créé il y a 36 ans par des étudiants du BTS action commerciale du lycée Guy-Mollet. Il avait lieu au pied du beffroi, rembobine Fabien Cousin. Puis l’office du tourisme a pris le relais, et l’événement, devenu assez attractif, a été déplacé sur la Grand-Place. »


Mais deux choses ont fait changer la donne : « D’abord le plan Vigipirate et le contexte des attentats qui nous a fait prendre conscience que c’était de plus en plus compliqué de concentrer un événement et autant de gens sur un seul espace, détaille Fabien Cousin. Puis la crise sanitaire de 2020, où on a eu l’interdiction de créer des rassemblements aussi importants. En faisant le bilan de ces deux critères, nous nous sommes dit qu’il était incohérent de poursuivre ce dimensionnement à l’échelle d’une seule place. Nous avons donc décidé de le réinventer en l’aérant afin de créer des dispositifs d’évacuation des gens plus faciles en cas de problématiques sécuritaires et, que s’il fallait faire face à une nouvelle crise sanitaire, le marché de Noël devait être en capacité de s’adapter. En 2021, la municipalité a repris en main l’événement en régie directe, on est donc passé d’un marché de Noël à une ville de Noël. »
Les festivités ont donc lieu dans tout le centre-ville.
« Toutes les directions de la ville s’impliquent dans ce projet qui est désormais l’un des plus gros de la ville, nous travaillons autour des riverains, des quartiers, des commerçants, de la sécurité… C’est l’ensemble de la collectivité qui prend en main cet événement. Il se prépare sur 12 mois, il y a sept référents toute l’année et 150 agents y travaillent durant deux mois (15 jours de montages et de démontage et un mois d’exploitation, ndlr) », rapporte le directeur du département culture et attractivité.
Si la Ville de Noël est devenue un rendez-vous incontournable, les organisateurs ne sont pas moins attentifs aux enjeux sociétaux à commencer à l’écoresponsabilité. « Soyons honnêtes, faire un événement 100 % écoresponsable n’est pas possible. Pour autant, une attention particulière est portée à tous les gestes respectueux de l’environnement que l’on peut mettre en place. Lorsque nous montons les marchés publics nous y incluons des critères écologiques », précise Fabien Cousin.
Les organisateurs ont commencé par enlever les attractions trop énergivores, « tel que le musée des glaces ou la piste de luge, nous avons estimé que nous pouvions proposer autre chose que des équipements qui demandaient à faire tourner un congélateur durant un mois et consommaient donc énormément d’énergie ».

L’installation de la patinoire, elle, a été repensée : « Nous souhaitions garder cet équipement, notamment pour les jeunes. Mais elle est désormais sous chapiteau complètement fermé afin que le vent ne s’engouffre et réchauffe la glace. Des sondes sont réparties à plusieurs endroits pour que les groupes de froid se déclenchent là où cela est nécessaire et non automatiquement sur toute la superficie. Et il n’y a plus de parcours extérieur comme c’était le cas auparavant. »
Même exigence pour l’immense sapin qui trône sur la place des Héros. « Nous faisons le choix d’un sapin artificiel avec des matériaux recyclables. Cela permet d’éviter d’avoir 400 sapins morts qui constituent notre arbre de Noël. D’autant que nous ne sommes pas dans une région où il y a beaucoup de sapins, il aurait donc fallu aller en chercher dans les forêts vosgiennes ou jurassiennes, et cela voudrait dire qu’il y aurait aussi du transport… Quant à l’éclairage, c’est du 100 % LED, ça ne consomme pas plus qu’une machine à laver ! »
Et justement, le passage aux LED est obligatoire pour tous les nouveaux achats. « Aujourd’hui, nous nous approchons du 100 % LED. Pour l’acquisition de nouvelles structures (arches, sapins lumineux…) nous sommes très attentifs à la consommation d’énergie qu’ils pourront engendrer. » Et si cela à un coût à l’achat, à long terme tout le monde s’y retrouve car « en plus d’être moins énergivore, cela permet aussi de baisser drastiquement les coûts. Il y a également moins de pannes, pas d’ampoules à changer… »
L’éclairage de la Ville de Noël se cale aussi avec l’éclairage public. « Chaque soir, à la fermeture de la Ville de Noël, toutes les illuminations s’éteignent. »
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Un leitmotiv qui s’applique également dans le choix des commerçants sur le marché de Noël : « Dans nos critères de sélection, des points sont accordés sur les gestes écoresponsables ou inclusifs qu’ils mettent en place. »
À titre d’exemple, pour la restauration, les commerçants ont l’obligation de travailler avec de la vaisselle en carton, des ecocups ou même de la vaisselle traditionnelle lorsque cela est possible. « L’objectif est d’engendrer le moins de déchets possible. »
Des efforts sont également faits sur la communication. « Nous essayons de communiquer un maximum sur le web. Nous éditons beaucoup moins d’affiches et de papiers. Mais ce n’est pas encore possible de ne plus rien imprimer du tout, on le voit dans notre chalet d’information où nous accueillons encore de nombreux visiteurs qui souhaitent avoir le programme papier », rappelle Fabien Cousin.
L’an passé, une vingtaine de chalets ont été achetés, « nous avons opté pour des chalets protégés via le principe de thermochaleur, il n’y a donc pas eu de produits chimiques pour traiter le bois. » Sans en faire un argument de communication central, la Ville de Noël d’Arras a à cœur de s’inscrire dans une démarche d’amélioration continue avec pour ambition de réduire son impact environnemental sans pour autant renoncer à son attractivité. Et les visiteurs ont jusqu’au 30 décembre pour en profiter !
Hélène Graffeuille

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