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29-04-2025

Il y a 85 ans, l’opération Dynamo

Mise en lumière par le film « Dunkerque » de Christopher Nolan, l’opération Dynamo demeure un de ces épisodes méconnus de la Seconde Guerre mondiale. Séance de rattrapage avec l’équipe du musée Dunkerque 1940 Opération Dynamo à l’approche des 85 ans.

À Dunkerque, l’opération Dynamo permettra d’évacuer plus de 338 000 soldats britanniques, français et belges en neuf jours. © J. D. P. / Musée Dunkerque 1940 / Archives municipales

Dunkerque, ville martyre. Plus de 11 000 morts et disparus côté alliés dont un millier de civils, 80 % des bâtiments rasés, la plus longue occupation de France avec un record de 4 ans, 11 mois et 5 jours. Ce sont probablement ces chiffres qui ont empêché le grand public d’avoir connaissance de la plus grande opération d’évacuation militaire jamais réalisée : 338 226 soldats évacués de la poche de Dunkerque entre le 26 mai et le 4 juin 1940.

Le sauvetage de 338 226 hommes, dont 123 095 Français, que l’imagerie populaire qualifie de défaite. Allez revoir la couardise de La 7e compagnie, regrettent les spécialistes. Mais aussi la propagande de Vichy qui se mettra très vite à l’œuvre, insinuant que les Anglais ont abandonné les soldats français, qu’ils les ont empêchés d’embarquer… vous savez, l’histoire de la « perfide Albion ».

Or, et c’est pourquoi il est important de rappeler que l’opération Dynamo n’aurait pas pu réussir sans la bataille de Dunkerque (du 31 mai au 4 juin 1940) : sans l’appui des troupes pour contenir l’avancée allemande, pas d’évacuation. Et sans évacuation, pas de débarquement en Normandie. En tout cas pas celui que nous avons connu. Un retour sur image s’impose donc.

1er septembre 1939, l’Allemagne nazie envahit la Pologne : ses alliées, la France et l’Angleterre, lui déclarent la guerre. Une drôle de guerre d’abord, où chacun campe de son côté de la ligne Maginot. Jusqu’au 10 mai 1940 et l’invasion expresse de la Belgique puis la percée en France, via les Ardennes jusqu’ici réputées infranchissables. C’est la Blitzkrieg, ou guerre éclair. La population s’enfuit, c’est l’exode. Les troupes françaises, elles, se retirent jusqu’aux villes côtières où elles se retrouvent acculées.

L’opération de la dernière chance

À Dunkerque, les bombardements du port et du centre-ville débutent le 18 mai. Le cercle se resserre peu à peu entre le 20 et le 26 mai 1940 date de la chute de Calais : il ne reste que la poche de Dunkerque, où soldats français, britanniques et belges sont pris en étau. L’heure est grave et après que le Premier ministre britannique Winston Churchill et le président du Conseil français Paul Reynaud se sont mis d’accord, l’armée britannique décide de lancer l’opération Dynamo (l’amiral Bertram Ramsay lance l’opération le 26 mai depuis une salle du château de Douvres où se trouve un générateur électrique dynamo, ndlr).

La poche de Dunkerque sera vidée de sa population. © CMUA Archives de Dunkerque

L’évacuation se fera naturellement par la mer. Mais les destroyers ne peuvent approcher des plages en raison du manque de profondeur d’eau. L’embarquement des hommes se fait depuis le port (et particulièrement la jetée est où peuvent amarrer les bateaux militaires) et les plages, où les soldats se mettent en file pour gagner les bateaux à la nage et ce à la merci des bombardiers allemands qui pilonnent plages et bateaux. Près de 6 000 soldats sont évacués depuis les plages et un peu plus de 7 000 depuis le port le premier jour de l’opération Dynamo le 27 mai. Chiffres qui gonflent dans les jours suivants pour aboutir à plus de 98 000 soldats évacués par les plages et 240 000 embarqués au port.

Le miracle de Dunkerque

Alors que l’armée britannique espérait évacuer 50 000 soldats au mieux avant d’être rattrapée par les troupes allemandes, ce sont plus de 338 000 soldats qui rallieront l’Angleterre à bord de bateaux en neuf jours. Le « miracle de Dunkerque » sera notamment rendu possible par la contribution des Little ships, cette flottille de petits bateaux de tous horizons (bateaux de pêche, de plaisance…) : plus de 1 000 navires civils britanniques, mais aussi belges, français et hollandais participeront à transborder les soldats depuis la plage jusqu’aux navires au large et ramèneront près de 28 000 hommes en Angleterre.

La digue de Malo-les-Bains après l’opération Dynamo, en juin 1940. © J. D. P. / Musée Dunkerque 1940 / Archives municipales

Les derniers hommes sont évacués dans la nuit du 3 au 4 juin 1940 avant que le général Beaufrère, qui a contenu l’avancée ennemie, ne se résigne à la reddition de Dunkerque, actée le 4 juin. Il reste 34 000 soldats qui sont faits prisonniers, envoyés dans les camps de travail.

Libérée le 9 mai 1945, Dunkerque demeure la ville française la plus longtemps occupée par l’Allemagne nazie : 1 799 jours d’occupation. Elle ne compte alors plus que quelques bâtiments encore debout et quelques centaines d’habitants.

Dunkerque sera rasée à 80%, en particulier son port et son centre-ville. Ici la place Jean-Bart dont seule la statue sera toujours debout à l’issue des bombardements de 1940. © CMUA Archives de Dunkerque

Justine Demade Pellorce 

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