Actualité
21-01-2026

La vie à cheval d’Alix Wacquier

Des chevaux, du calme et une femme guidée par la passion. À Mortagne-du-Nord, Alix Wacquier a transformé une ancienne briqueterie en havre équin. Découverte d’une jeune femme aussi inspirante qu’inspirée.

La vie à cheval d'Alix Wacquier ©DP
La vie à cheval d’Alix Wacquier ©DP

Deux grandes cheminées noircies par le temps en toile de fond. Un portail blanc qui marque une entrée. À deux pas de l’entreprise Delquignies de Mortagne-du-Nord, de la Belgique, et à 7 km de Saint-Amand-les-Eaux, difficile de s’imaginer que des écuries se trouvent sur un ancien site industriel.

Pourtant, ce lieu, c’est un peu le paradis des chevaux et de la pétillante Alix Wacquier. Âgée de 37 ans, la cheffe d’entreprise nous accueille avec Volt, son braque allemand. « Vous n’avez pas peur des chiens ? Car il porte bien son nom ! », sourit-elle.

Les chevaux, sa vie

D’aussi loin qu’elle s’en souvienne, les équidés ont toujours fait partie de sa vie. Ça a commencé avec Delphine. « Delphine, c’était la jument de mon grand-père, c’est le premier cheval que j’ai monté », raconte la jeune femme qui en garde un souvenir vif. Le décès de l’animal marquera une pause entre elle et les chevaux.

Ce n’est qu’à l’âge du lycée qu’elle recommencera à monter des chevaux. L’adolescence, c’est aussi là qu’Alix Wacquier a été élève à l’institut de Genech. « J’ai rejoint l’établissement quand la formation option hippologie équitation a été lancée. » Une aubaine pour celle qui avait soif de nature.

Une dépression en terminale mettra un coup de frein à sa scolarité. Ses antidépresseurs ? Les chevaux, « ces éponges à émotions » qui lui en font perdre son latin. « Je ne sais pas comment l’expliquer. Ils sont réceptifs à nos émotions. »

Son « métier passion »

Passion ou profession, le cœur d’Alix balance. On est en 2008 lorsqu’elle construit ses premiers box. Son nouveau terrain de jeu sera l’ancienne briqueterie Escoyer, un ex-site industriel sur lequel Joël, le père de la jeune femme, a fait prospérer son entreprise.

Après les machines du BTP, Alix fait le choix des chevaux. « On a commencé à faire de la pension tout en ayant de plus en plus de demandes. » Le bouche-à-oreille se faisant, la femme crée son entreprise officiellement en 2009. Au plus fort de sa croissance, l’établissement voit la construction de box jusqu’à tous les six mois. Aujourd’hui, il en existe 24.

Faire toujours mieux

Rendre aux animaux ce qu’ils nous donnent. Tel pourrait être le mantra de l’entrepreneuse. Car dès la conception des écuries, le bien-être des animaux est au centre. « Nos box sont plus grands que les standards. Je propose des 3,5 mètres sur 3,5, parfois des 4 mètres sur 4 là où les standards sont des 3 par 3. »

Un détail qui a son importance aussi bien pour les pensionnaires que pour certains détracteurs. « J’ai été critiquée à l’époque car j’étais jeune. Et des box plus grands, cela signifie moins de pensionnaires, donc moins de rentabilité. » Qu’importe pour elle. « Je garde le souvenir d’un club équestre que j’ai fréquenté avec un poney qui touchait presque le toit de sa cahute. »

Les écuries sont aujourd’hui labellisées Qualit’Equidés, une distinction qui met en lumière la qualité des prestations proposées.

Cet engagement se retrouve aussi dans l’alimentation. « Mes fournisseurs sont locaux, principalement issus de l’Amandinois », souligne-t-elle, en nous montrant son bâtiment de stockage. Son foin – qu’elle achète – et les ballots d’enrubannés qu’elle produit sont bio.

Alix Wacquier ne laisse pas de place à l’improvisation et met un point d’honneur à se former continuellement. « Formation assistante vétérinaire équin, formation enrichissement du milieu de vie équin, formation avec un écuyer. Ce sont quelques-unes des formations que j’ai passées. »

Parce qu’ils le valent bien

Ces efforts souvent constants, souvent discrets, ne sont pas passés inaperçus.

Au fil des années, le travail mené par Alix Wacquier a fini par passer le cadre de la passion pour être reconnu officiellement.

Les écuries sont aujourd’hui labellisées Qualit’Equidés, une distinction qui met en lumière la qualité des prestations proposées.

De 2022 à 2025, le site a également été labellisé EquuRES.

Une démarche de qualité spécifiquement dédiée aux structures équines. À cela s’ajoute la certification HVE (haute valeur environnementale). Autant de labels qui font « du bien » et qui donnent « de la visibilité ». Et ça, ça fait du bien pour celle qui peine « à se verser un salaire ».

Comme quoi la reconnaissance ne se mesure pas en chiffres, mais bien dans le bien-être de ceux qui peuplent ses écuries. 

Lire aussi : Chevaux. Traits du Boulonnais / Nord : des histoires de famille(s)

Dylan Pique 

Partager l'article

Agriculture Élevage Équestre Nord

Dans la même rubrique

Actualité

Le premier festival des bières de collab’ aura lieu les 7 et 8 février

Lire la suite...

Actualité

Laurent Delafosse, le brasseur d’histoire à l’Abbaye de Clairmarais

Lire la suite...

Actualité

Les habitants du bassin versant de l’Authie invités à participer à une enquête publique

Lire la suite...
Traces de pesticide dans l’eau potable : l’ARS surveille le Fluopyram ©freepik

Actualité

Traces de pesticide dans l’eau potable : l’ARS surveille le Fluopyram

Lire la suite...

Actualité

Franck Parenty, maire engagé de Bazinghen

Lire la suite...

Actualité

Éric Guiot : semer les bonnes habitudes pour cultiver la santé

Lire la suite...

Ecoutez son histoire !

par Justine Demade Pellorce

<< Gérante de la brasserie Thiriez, Clara parle de son parcours - venue pour 3 mois... il y a 11 ans ! >>

écouter