Lundi, c’était le grand jour pour 742 000 écoliers, collégiens et lycéens qui ont fait leur rentrée dans l’académie de Lille (départements du Nord et du Pas-de-Calais), tout comme pour Sophie Béjean, la rectrice, pour qui c’était une première sur le territoire. Cette dernière a tenu une conférence de presse pour faire le point et exposer ses priorités pour cette année scolaire, « elles sont en phase avec les priorités nationales, mais elles sont incarnées dans le territoire, avance la nouvelle rectrice, et sont au nombre de trois : assurer la réussite de nos élèves, les protéger de toutes formes de violences et de mal-être, et les accompagner dans leur parcours d’orientation. »
Une prise de parole qui a débuté par une bonne nouvelle : « Le contexte de cette rentrée est favorable. L’académie de Lille connaît une baisse démographique de ses effectifs scolaires depuis plusieurs années. Mais c’est une véritable opportunité puisque cela permet une amélioration très nette des taux d’encadrement », se réjouit Sophie Béjean.
Dans le premier degré, on compte une moyenne de 21,2 élèves par classe en maternelle et 20,6 élèves par classe en élémentaire. Dans le second degré, dans les collèges, ils sont 24,7 élèves par classe, 18,4 dans les lycées professionnels et 28,4 dans les lycées généraux et technologiques.
Le programme pHARe, plan de prévention du harcèlement, est généralisé dans tous les écoles, collèges et lycées. « 7 000 personnels sont engagés dans ce programme dans l’académie et 6 000 élèves ambassadeurs ont été formés. Des référents académiques et départementaux ont été recrutés spécialement pour cela. Les signalements sont donc traités de manière plus rapide et plus efficace. L’an passé, il y en a eu plus de 2 000. C’est plus que les années précédentes mais parce que maintenant avec le programme pHare ou encore le 3018, numéro national pour les victimes de harcèlement, on incite à signaler les faits. Il y a donc plus de situations, mais c’est surtout davantage de situations traitées plus en amont, avant que les choses ne dégénèrent », avance Sophie Béjean.
« Prendre soin de nos élèves, c’est aussi prendre soin de leur santé et notamment de leur santé mentale », souligne la rectrice.
L’académie de Lille dispose de 28 formateurs au secourisme en santé mentale (médecins, infirmiers et psychologues de l’Éducation nationale). 1 077 personnels ont été formés dans le second degré. Ils ont appris à repérer les signaux de souffrance psychique, accueillir la parole et assurer la liaison avec les personnels psycho-sociaux et de santé de l’Éducation nationale qui prennent ensuite le relais pour un accompagnement adapté.
29 pôles d’appui à la scolarité ont été déployés à la rentrée dans les secteurs les plus sensibles en partenariat avec l’Agence régionale de santé. Ces structures ont pour objectif de mieux accompagner les élèves à besoins éducatifs particuliers en soutenant les équipes pédagogiques face aux situations complexes, en prévenant les ruptures de parcours et en apportant une expertise de proximité. Ils peuvent être saisis par les familles, les enseignants ou les chefs d’établissement. Des solutions peuvent ainsi être mises rapidement en place comme la mise à disposition de matériel, un accompagnement humain ou encore une coordination avec les professionnels médico-sociaux. « C’est une nouvelle façon d’aborder l’école inclusive. Sans attendre une notification des MDPH (Maison départementale pour les personnes handicapées, ndlr), nous répondons tout de suite aux besoins des élèves », explique Sophie Béjean.
Inciter les jeunes filles à s’orienter vers les mathématiques, les sciences de l’ingénieur et le numérique, c’est l’ambition du plan Filles et maths. « C’est très important parce qu’on constate, dès le CP, entre le début d’année et le milieu d’année, que les écarts se créent entre les résultats des filles et des garçons en mathématiques », avance Sophie Béjean. Plusieurs actions sont prévues dans le cadre de ce plan. Le personnel éducatif va être formé aux biais de genre afin de mieux accompagner les filles dans leur rapport aux maths et aux sciences. Les professeurs de maths, du primaire au lycée, recevront également une formation afin d’identifier et corriger les stéréotypes dans leurs pratiques pédagogiques. « Nous nous donnons des objectifs chiffrés pour attirer plus de filles dans les matières scientifiques », prévient la rectrice. Chaque lycée devra viser deux filles supplémentaires par an choisissant la spécialité mathématiques et les classes préparatoires aux grandes écoles devront compter au moins 20 % de filles dès 2026.
Une micro-formation à l’intelligence artificielle (IA) va être proposée à tous les collégiens et lycéens via une plateforme baptisée Pix. Des parcours de formations seront aussi disponibles pour les enseignants dès novembre. Une stratégie régionale de l’IA sera également déployée cette année à l’échelle de l’académie de Lille. Elle aura pour objectif de tirer le meilleur parti de l’IA pour mieux faire réussir les élèves et les éduquer à un usage raisonné de l’IA.
Une option santé va être expérimentée, durant cinq ans, à destination des élèves de terminale générale, technologique et professionnelle scolarisés dans des lycées situés en désert médicaux. L’objectif est d’encourager l’orientation vers des études dans le secteur de la santé et favoriser leur retour dans leur région d’origine afin de renforcer l’offre de soins. Quatre lycées sont concernés : Noordover à Grande-Synthe (59), Placide Courtois à Hautmont (59), Henri Darras à Liévin (62) et Pierre Mendès-France à Saint-Pol-sur-Ternoise (62). « Trois heures par semaine les élèves pourront apprendre mais aussi rencontrer des professionnels du secteur car généralement ils connaissent le dentiste, le pharmacien, le médecin… Mais nous voulons leur faire découvrir la multitude de métiers qui existent dans ce secteur. »
Dans le cadre de l’Année de la mer 2025, l’académie de Lille lance l’Académie de la mer, initiative qui mobilise écoles, universités et acteurs territoriaux autour des enjeux maritimes et littoraux. « C’est l’occasion de valoriser les métiers de la mer via, notamment le Brevet d’initiation à la mer (Bi mer) qui sensibilise les élèves de la 3e aux classes préparatoires à la culture maritime en leur permettant des immersions et des sorties pédagogiques. Onze nouveaux établissements ont rejoint ce dispositif à la rentrée », indique Sophie Béjean.
Lire aussi : Quelles priorités dans les lycées de la région pour 2025-2026 ?
Hélène Graffeuille

Actualité

Actualité

Vivre et travailler ensemble : la vie d’un couple à la ferme !
par Hélène Grafeuille
Ecoutez leur histoire !
