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Économie : Lin et chanvre, des productions d’avenir

23-06-2022

Actualité

Culture

Mardi 14 juin, les acteurs des filières du lin et du, plus confidentiel, chanvre se sont réunis à Avelin. Objectif : défendre le lin et faire découvrir le chanvre textile, des productions d’avenir.

Les différents acteurs du lin et du chanvre textile se sont réunis à Avelin pour une journée d’échanges. © E.P.

C’est sur l’exploitation de Rémy Decherf, à Avelin (59) qu’environ 150 professionnels des filières du lin et du chanvre textile se sont réunis pour les 8e rencontres des filières textiles lin bio et chanvre. C’est l’Association lin et chanvre bio (LC bio) qui organisait l’événement dans le but de promouvoir les bienfaits de ces cultures. Au programme : présentation du processus de traitement du lin et mise en avant de la culture du chanvre, au stade embryonnaire en France.

Bien implanté dans la région

Pour ce qui est du lin, conventionnel et bio, il est déjà bien implanté dans les Hauts-de-France. 201 ha sont consacrés à la culture du lin bio dans la région. Aussi, de la culture à la confection, plusieurs professionnels du coin étaient présents comme : Emmanuel Lardier, directeur de l’entreprise de teillage Opalin (Le Parcq, 62), Cédric Auplat, président de Peignage Dumortier (Tourcoing, 59), Olivier Guillaume, président de Safilin (Sailly-sur-la-Lys, 62), Emmanuel de Saint Martin, directeur commercial de l’entreprise de tissage Lemaître Demeestere (Halluin, 59) ou encore Loïc Baert, directeur général chez Lemahieu (Saint-André-lez-Lille, 59).

Objectif bio

Si les professionnels de la filière utilisent encore majoritairement du lin conventionnel, ils sont de plus en plus nombreux à travailler du lin bio, comme Loïc Baert : « 80 % de la production mondiale de lin se répartit entre la Normandie et les Pays-Bas. En passant au bio, c’est un vrai moyen d’avoir un impact sur le territoire. » Chacun a également rappelé l’intérêt d’insérer du lin dans ses rotations, pour ses vertus « nettoyantes » pour les sols. Mais le lin est aussi un végétal capricieux, qui nécessite des conditions météorologiques précises. Face à cela, le chanvre textile pourrait être une belle alternative.

Des expérimentations prometteuses

LC bio a lancé depuis 2017 des expérimentations de cette culture sur de petites surfaces. En 2018, elle acquiert une faucheuse/paralléliseuse chinoise. En 2021, après cinq années de résultats encourageants, les fabricants de machines agricoles Hyler et Cretes Union se lancent dans la création d’un prototype de récolte dédié au chanvre et opèrent en 2022 sur une centaine d’hectares d’essais de la Belgique à la Charente.

Par ailleurs, cette année, les agriculteurs « testeurs » (deux dans la région) et certaines marques de confection ont signé la charte sur le chanvre textile, visant principalement à ce que la production reste en Europe.

La plante qui pousse partout

Selon Nathalie Revol, chargée de mission au sein de l’association Lin et chanvre bio (LCBio), qui travaille sur la relance de la filière chanvre, cette culture présente des avantages : « Elle nécessite très peu d’intrants et pousse partout, explique-t-elle. Quand on l’insère dans une rotation de six ans, elle fait baisser l’indice de fréquence de traitement (IFT) de 25 à 30 % et augmente le rendement de la culture suivante (généralement du blé) de 10 % ! »

Une affirmation confirmée par Marion Dewynter, quatrième du nom, qui vient de reprendre l’entreprise familiale de teillage Dewynter, à Rubrouck (59) et qui fait partie des testeurs. « À la base, on fait plutôt du lin. L’année dernière, nous avons cultivé 1,5 ha de chanvre textile et nous allons passer à 8 ha cette année, raconte-t-elle. Nous voulions une nouvelle rotation à intégrer et le chanvre est vraiment efficace. » Une nouvelle rotation certes, mais le chanvre textile est presque un retour aux sources puisque son grand-père avait planté 80 ha de chanvre textile il y a 26 ans. Trop précurseur…

Une demande en hausse

Effectivement, à quelques dizaines d’année près, le grand-père de Marion avait eu du flair puisqu’aujourd’hui, la demande de vêtements et accessoires en lin et/ou chanvre est en constante augmentation.

Pour Pierre Schmitt, président de Velcorex, le regain d’intérêt des consommateurs pour le lin et le chanvre est finalement un juste retour des choses : « Il ne faut pas oublier que le fait que nos vêtements soient en coton est un effet de l’histoire. Avant la découverte de l’Amérique, en France, tout était en lin ou en chanvre, détaille-t-il. La France peut devenir le leader mondial dans le domaine. » On prend les paris. 

Eglantine Puel

Lire aussi : Consommation : Le « mieux manger » prime sur la bio

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