Votre météo par ville

Transmission : éleveur laitier cherche repreneur

27-10-2022

Actualité

Vie professionnelle

Installé depuis plus de 30 ans dans l’Avesnois, à Wignehies, Jean-Louis Demode est prêt à céder la ferme familiale et son troupeau de rouges flamandes et de montbéliardes qu’il élève en agriculture biologique. Avis aux amateurs.

Jean-Louis Demode, éleveur laitier biologique à Wignehies, dans l’Avesnois, cherche un repreneur pour prendre la relève et profiter de sa retraite. © L. T.

Pour atteindre la pâture où broute son troupeau, Jean-Louis Demode suit un chemin bordé d’arbres. Opale, son Border Collie l’accompagne. « Elle est unique », livre-t-il, fièrement. Les vaches ne sont pas visibles depuis la barrière, attirées par des herbes certainement plus vertes en bas de la colline. L’endroit est vallonné, la commune de Wignehies et ses 3 000 habitants se situent au cœur du bocage de l’Avesnois, à la frontière de l’Aisne.

Chaque jour, l’éleveur emprunte le même sentier, « parfois en tracteur, ou à pied, avec mes chiens », pour retrouver ses rouges flamandes et ses quelques montbéliardes. À tout juste 60 ans, l’homme se sent aujourd’hui prêt à céder l’exploitation familiale et cherche désormais un repreneur.

Troisième génération

Ses grands-parents se sont installés sur la ferme en 1946. Son père leur a succédé puis Jean-Louis Demode a pris le relais à son tour. Sur la fratrie de cinq, il est le seul agriculteur. « J’étais mordu là-dedans ! Mais ce n’est pas tout d’aimer, il faut gérer derrière. Je n’ai pas été à l’école longtemps, jusqu’à 16 ans, mais j’ai une bonne tête, je retiens bien et je me suis formé tout seul ! » Sa nièce est venue en stage apprendre le métier, avant de s’installer dans le département voisin. Le célibataire a travaillé seul toute sa carrière. « Mais avec un copain dans le village, on s’entraide depuis 40 ans », complète-t-il.

À son installation, il a arrêté l’élevage de vaches allaitantes pour se concentrer sur la production de lait. En 2009, il démarre la conversion en agriculture biologique. Il a voulu faire de la vente directe, a installé un laboratoire de transformation, une chambre froide. Il dispose d’une baratte à beurre et d’une écrémeuse mais n’a pas franchi le pas et a continué de tout livrer en coopérative. « Celui qui arrivera n’a qu’à remettre en route et continuer, souffle-t-il. J’ai commencé jeune, j’ai envie d’arrêter. »

Traite à la main

À 14 ans, il trayait les vaches à la main. « Tout ce qu’on faisait à la main, les jeunes ne le font plus. Le monde agricole a changé trop vite. Taille du troupeau, mécanisation », cite-t-il. La ferme a évolué au fil des décennies. « Quand vous êtes seul, vous devez moderniser. » Les bidons de lait ont été remplacés dans les années 1990 par la salle de traite, qui a été refaite en 2012 avec une « nouvelle trayeuse à décrochage automatique. »

Si ses parents comptaient 30 têtes, lui en a le triple : 40 vaches laitières – « des rouges flamandes, pour la qualité du lait, la matière grasse et le taux de protéines, pour le bio y a rien de tel ! » -, autant de génisses, une dizaine de veaux et un taureau reproducteur, qu’il garde deux ou trois ans. Au menu : foin enrubanné et herbe fraîche. Ses vaches produisent chacune une quinzaine de litres quotidiennement en moyenne.

Un temps pour tout

L’éleveur a pris la décision d’arrêter il y a un an. « Quand la MSA m’a annoncé le nombre de points que j’avais, mes trimestres accumulés, j’ai monté mon dossier », raconte Jean-Louis Demode. Il a passé une annonce sur le site du RDI (répertoire départ installation) et a rapidement reçu des coups de fil. Des visites sont d’ores et déjà programmées. Maison, pâture de 13 ha à laquelle s’ajoute une prairie en location de 11 ha, matériel, troupeau de 90 têtes : Jean-Louis Demode cède tout à qui est prêt à poursuivre le lait bio. « J’aiderai celui ou celle qui arrivera. Le plus dur est la capacité d’emprunt. Les banques demandent un apport trop important : pour les jeunes c’est un peu dur », regrette-t-il.

Le futur retraité s’est inscrit à Farm’dating, le 15 novembre prochain, pour rencontrer – peut-être – son successeur. Quant à lui, il ne part pas très loin. Il aime son bocage et a déjà repéré sa prochaine demeure, à quelques kilomètres de là. Il garde un tracteur, sa presse à petits ballots, sa fendeuse à bois et sa scie circulaire. De quoi s’occuper et continuer de rendre service, avec la compagnie d’Opale, qui « aura des chiots pour la Saint-Nicolas. » 

Louise Tesse

Lire aussi : La Quinzaine de la transmission en Hauts-de-France

Facebook Twitter LinkedIn Google Email
Noël autrement (4/4). De garde avec les soignants
À l'approche de Noël, nous sommes allés à la rencontre de personnes qui célèbrent cette fête de manière différe [...]
Lire la suite ...

Noël autrement (3/4). Une fête aux accents d’ailleurs
À l'approche de Noël, nous sommes allés à la rencontre de personnes qui célèbrent cette fête de manière différe [...]
Lire la suite ...

Émilie roibet, itinéraire d’une reconversion bien pensée
Architecte paysagiste de formation, Émilie Roibet a quitté ses bureaux lillois pour créer sa ferme florale "À l'ombr [...]
Lire la suite ...

Une Cuma qui a le sens de l’accueil
Localisée à Bois-Bernard, la Cuma " L'accueillante " est confrontée aux départs en retraite de ses membres, souvent [...]
Lire la suite ...

DOSSIER ÉNERGIE. À la centrale de Lens, le bois devient énergies
Unique dans la région, par son genre et sa taille, la centrale de cogénération de Lens produit à la fois de l'élect [...]
Lire la suite ...

Inondations : après la pluie, se reconstruire
Une semaine après les premières crues, le Pas-de-Calais tente d'émerger peu à peu, malgré la menace de nouvelles in [...]
Lire la suite ...

Inondations : 50 millions d’euros pour les collectivités sinistrées
Le chef de l'État en déplacement à Saint-Omer et à Blendecques, le mardi 14 novembre, a annoncé un plan d'aide pou [...]
Lire la suite ...

À la ferme du Major, “on crée de l’énergie”
La ferme d'insertion du Major, à Raismes, emploie 40 hommes et femmes éloignés de l'emploi pour leur permettre, en ac [...]
Lire la suite ...

Jean-Marie Vanlerenberghe : « L’attentat à Arras a souligné les failles du dispositif »
Ancien maire d'Arras et doyen du Sénat, Jean-Marie Vanlerenberghe réclame « une réponse ferme » mais dans le resp [...]
Lire la suite ...

Changer de goût et agir pour le futur
Plus saine, plus durable, plus accessible, l'alimentation de demain doit répondre à d'innombrables défis. À l'occasi [...]
Lire la suite ...

Retour sur la première édition du championnat international de la frite
Le premier championnat international de la frite s'est déroulé à Arras le samedi 7 octobre 2023. Soleil et ambiance [...]
Lire la suite ...

Jean-Paul Dambrine, le patron sensas’
Il est l'icône de la frite nordiste. À 75 ans, Jean-Paul Dambrine, fondateur des friteries Sensas et président du jur [...]
Lire la suite ...

Quatre lycéennes d’Anchin à la conquête de l’Andalousie
Iris, Angèle, Louise et Eulalie, lycéennes à l'Institut d'Anchin, ont passé trois semaines caniculaires près de Sé [...]
Lire la suite ...

Élections sénatoriales : dans le Nord, plusieurs nuances de rose, plusieurs nuances de bleu : l’éparpillement façon puzzle
Avec 11 sièges à pourvoir, c’est le département à renouveler le plus grand nombre de sièges derrière Paris : le [...]
Lire la suite ...

Élections sénatoriales : dans le Pas-de-Calais, la droite (presque) unie, la gauche en ordre dispersé et l’éventualité du Rassemblement National :
Pour les prochaines élections sénatoriales, les gauches ne font pas bloc dans le Pas-de-Calais. La droite, elle, table [...]
Lire la suite ...

Pévèle : Suite aux orages de grêle, visite sur le terrain pour une demande de reconnaissance ISN
Le 9 juillet, la Pévèle était touchée par la grêle. La DDTM s'est rendue ce 17 juillet sur le terrain pour évalu [...]
Lire la suite ...

Numéro 373 : 12 juillet 2024

Série de l’été : La Lys et sa vallée alluviale (3/9)
Cet été, Terres et Territoires vous emmène à la découverte des milieux naturels du Nord-Pas de Calais avec le Conse [...]
Lire la suite ...

Climat. Antoine Rabain (Geckosphere), apôtre de la neutralité carbone
À 43 ans, Antoine Rabain est à la tête de Geckosphère. Il met son expertise sur le climat au service de ceux qui veu [...]
Lire la suite ...

Agence de l’eau : Isabelle Matykowski nommée directrice générale
Isabelle Matykowski a été nommée directrice de l'Agence de l'eau Artois-Picardie. À l'occasion de sa prise de foncti [...]
Lire la suite ...

À Lorgies, Le Pôle Légumes recense sa biodiversité
Quelles sont les infrastructures agroécologiques les plus bénéfiques à la biodiversité ? La production agricole es [...]
Lire la suite ...

Au cœur des terres

#terresetterritoires