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06-08-2025

Expliquer la PAC, « une promenade en tutu dans un champ de mines »

Écrivain, chroniqueur et ancien administrateur à la Commission européenne de Bruxelles, Philippe Tabary évoque son riche parcours.

Ancien journaliste à l’Observateur d’Avesnes, puis chargé de l’information sur la PAC à la Commission européenne de Bruxelles, aujourd’hui en retraite, et enfin écrivain et conteur du monde agricole, Philippe Tabary n’a jamais vraiment quitté sa Sambre-Avesnois natale.

La terre, celle dont il a parlé dans ses 27 ouvrages (le tout dernier Coups de gueule, à paraître en octobre), les agriculteurs qui la travaillent et l’entretiennent, ici comme dans toute l’Europe, c’est l’histoire de sa vie.

Rencontre avec un bon vivant rabelaisien, homme de dialogue et de parole, qui s’est attaché à révéler les travers et les bonheurs de l’agriculture.

Philippe Tabary, pouvez-vous nous rappeler votre parcours ?

Je suis originaire d’ici bien sûr (l’Avesnois, ndlr). J’ai fait une prépa à Faidherbe (à Lille, ndlr), puis une licence d’allemand, toujours à l’université de Lille.

Puis une licence d’anglais, en parallèle avec l’école de journalisme. J’ai ensuite réussi le concours de Sciences Po Paris. Pour financer ces études, j’ai été professeur d’allemand. Dans la foulée, j’ai pris durant un an la direction de l’Observateur d’Avesnes.

Sur concours, je suis entré ensuite dans les institutions européennes, d’abord à Luxembourg en 1978, puis un concours interne m’a permis d’aller à Bruxelles (toujours dans les institutions européennes, ndlr). L’APF (Association des Paralysés de France pour laquelle il avait été bénévole, ndlr) me propose alors un poste pour développer un plan européen d’accessibilité publique.

La terre, celle dont il a parlé dans ses 27 ouvrages, les agriculteurs qui la travaillent et l’entretiennent ici comme dans toute l’Europe, c’est l’histoire de sa vie.

En même temps, Gérard de Caffarelli, Thiérachien et ancien président de la FNSEA (alors membre du Conseil économique et social de la Communauté économique européenne, ndlr) m’informant qu’on lui demandait des « renseignements » à mon sujet du côté de la Commission de Bruxelles. Il me dit : « Il y a une réforme de la PAC qui se profile, elle est contestée et ils veulent quelqu’un pour aller l’expliquer dans les campagnes ». Je me suis dit que ce poste d’administrateur chargé de communiquer sur la nouvelle PAC à la direction générale de l’agriculture de la Commission, c’est une promenade en tutu dans un champ de mines ! Quelques jours plus tard, j’étais à Santander (en Espagne, ndlr) pour parler des quotas laitiers, devant les JA européens.

Vous avez connu de grands moments à votre poste d’administrateur chargé de communiquer sur la nouvelle PAC, lesquels ?

Personne n’aurait pu prévoir la chute du Rideau de fer (chute du mur de Berlin en novembre 1989, ndlr). À cette époque, je n’ai pas beaucoup dormi, mais mon allemand m’a beaucoup servi ! Tout était à faire. J’étais deux jours par semaine en RDA (République démocratique allemande, ndlr) et j’ai également arpenté la Pologne. Je suis ensuite allé à la foire de Berlin tous les ans au mois de janvier, pour rencontrer les syndicats, la FNSEA et les Jeunes agriculteurs. Je voulais qu’on sache qu’ils avaient la possibilité de s’exprimer. Après, certains allaient épandre du lisier sur les préfectures. Je l’ai appris à mes dépens aussi, avec des pétards devant chez moi. J’ai discuté pendant trois heures avec eux. Je leur ai alors proposé de faire un autobus au départ de Valenciennes vers Bruxelles, pour traiter chaque sujet, en accord avec mon directeur général. Ils ont pu vider leur sac et il y a eu des pourparlers car les gens avaient appris à se connaître.

La retraite venue, vous ne manquez pas d’activités…

Cela fait 11 ans maintenant que je suis en retraite. Je suis arrivé à l’« équarrissage social » à 65 ans. Si j’avais pu prolonger jusqu’à 67 ans, je l’aurais fait volontiers. Mon agenda ne se dégarnit pas. Je suis retraité à temps plein et j’ai peu de temps pour moi, entre l’Université du temps libre à Lille, où j’ai une activité de conférencier sur une cinquantaine de sujets et l’écriture.

Frédéric Douchet

 

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agriculteur Agriculture Bruxelles Ecrivain Hauts-de-France

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