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11-06-2026

Victor Perrin parmi l’élite des apprentis boucher de France

Victor Perrin a porté haut les couleurs du Nord. Formé à Saint-Amand-les-Eaux, ce jeune de 17 ans vient de signer une belle 11e place au concours du Meilleur apprenti boucher. Portrait d’un futur artisan promis à un bel avenir.

4 minutes

Victor Perrin et Jean-Paul Pollet. © D. P.

Victor Perrin en trois dates

2024. L’année où Victor Perrin entame son CAP boucher.

Janvier 2026. Le jeune apprenti termine premier au concours départemental du Meilleur apprenti boucher de France.

31 mai et 1er juin 2026. Participation à la finale des apprentis bouchers de France. C’était les 31 mai et 1er juin. Il se classe 11e. Il faisait partie des deux représentants de la Région avec un autre apprenti de l’Aisne.

17 ans pour 2 mètres 10, Victor Perrin est un grand qui n’a pas peur de voir les choses en grand. Il y a peu, il est devenu l’un des meilleurs apprentis bouchers de France. Un titre obtenu après une première place lors de la sélection départementale du Nord-Pas de Calais. Et une deuxième place lors de l’épreuve régionale des Hauts-de-France. L’apprenti fait ses armes depuis septembre 2024 à la Maison Pollet de Saint-Amand-les-Eaux (59). Découverte d’un parcours fait de découpes et de morceaux bien choisis.

L’un des meilleurs apprentis boucher

Dans un laboratoire, à quelques pas de la Grand-Place de la cité thermale. C’est là que l’on rencontre Victor Perrin. Les gestes sont précis et le regard concentré. Entre ses mains, la matière brute devient pièce d’orfèvrerie. Le jeune homme revient tout juste de la finale nationale du concours Meilleurs apprentis bouchers de France. C’était à Vannes (Bretagne) les 31 mai et 1er juin. Une fierté pour lui et son patron. « C’est une belle expérience, il était le seul représentant du département, je m’étais déplacé pour le voir à ses épreuves », raconte Jean-Paul Pollet. Et une petite surprise pour le jeune homme qui s’était vu proposer la participation par son professeur.

« Au départ je m’étais dit que ça allait être une bonne expérience même si je n’y arrivais pas… et finalement j’ai à peu près réussi », dit-il avec modestie. Ce dernier a terminé 11e ex æquo lors d’une finale opposant 23 apprentis venant des quatre coins de l’Hexagone.

Durant deux jours, ces jeunes, âgés de 16 à 20 ans, ont dû désosser des morceaux de viande, les séparer, faire un parage, un ficelage puis décorer les plateaux. Le jeune apprenti – qui habituellement préfère travailler l’agneau – explique : « Ça a demandé beaucoup de préparation, surtout mentale. J’ai dû m’entraîner à faire des coupes que je n’ai pas l’habitude de faire en entreprise et à gérer mon temps. » Victor Perrin a vu son travail jugé par un jury de 14 professionnels reconnus, dont des artisans bouchers, Meilleurs ouvriers de France, formateurs de CFA et présidents de syndicats.

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Boucherie un peu par hasard

« J’ai habité Saint-Amand jusqu’à mes six ans, puis j’y suis revenu depuis trois ans », raconte le jeune homme. Une ville qui n’a plus de secret pour lui, contrairement au monde de la boucherie, dans lequel il s’est orienté un peu par hasard, bien qu’« un grand-oncle l’était et mon parrain l’est aussi ». « J’en avais marre de l’école, je voulais faire quelque chose de manuel et comme j’aime la viande… », explique-t-il.

Après avoir quitté le cursus scolaire classique, il est allé « voir un boucher de Wallers, il m’a recommandé d’appeler l’un de ses amis à lui ». C’est ainsi que Jean-Paul Pollet, le gérant de la boucherie éponyme, a pris Victor sous son aile en 2024. Aussitôt revenu dans le Nord – après son passage à Vannes -, l’élève de CAP boucherie s’est attelé au passage de son diplôme.

« On aurait bien aimé le garder »

À la prochaine rentrée, Victor Perrin quittera la Maison Pollet, la tête pleine de projets. Une fois le CAP en poche, il prévoit de passer une mention complémentaire vente-conseil en boucherie en un an. « Elle me permettra d’avoir plus de connaissances sur la vente et de mieux conseiller les clients », se projette déjà Victor.

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Une formation qu’il fera encore une fois de plus en alternance, « près d’Armentières dans les Flandres ». Non sans regret pour Jean-Paul Pollet ; « c’est sûr qu’on aurait bien aimé le garder », partage-t-il, « mais ce sera bien aussi pour Victor de voir autre chose, c’est à son âge qu’il faut bouger ! »

Et en parlant de bouger… « J’aimerais me préparer pour participer ensuite aux WorldSkills », sorte d’olympiades internationales des métiers. Une future participation à laquelle Victor a déjà hâte : « Ce sera plus exigeant, mais ça me permettra de travailler sur le dépassement de soi et de rencontrer des gens, de voir d’autres façons de travailler. » Avec, pour plus tard, comme « objectif d’avoir ma propre boutique et pourquoi pas de finir ma carrière comme prof ».

Une chose est sûre, à seulement 17 ans, il a déjà toutes les cartes en main pour ne faire qu’une bouchée de ses futurs défis. 

Dylan Pique

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