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| Par Jade Bruyère
Résonance est une junior association du Douaisis qui enchaîne les réussites. En répondant à l’Appel à projet jeune (APJ) de la MSA, ses huit membres ont décroché le deuxième prix national de la catégorie 11-16 ans, grâce à « Mission bien-être », un jeu de l’oie XXL consacré à la santé mentale (lire aussi notre édition du 12 juin).
Créée en 2022, Résonance rassemble des collégiens et lycéens autour de projets de sensibilisation. Son nom, choisi « en clin d’œil au fait de faire résonner nos idées » comme l’explique sa présidente Élaïa, résume parfaitement l’ambition du groupe.
L’aventure débute avec une idée de Lily-May, trésorière, et de sa mère, Amélie Poutrain. Toutes deux souhaitent faire entendre leur voix sur la question de l’égalité homme-femme. Elles réunissent alors leur entourage, et forment un petit groupe. Leur premier projet prend la forme de chansons sur ce thème, présentées notamment à la MJC de Douai et à la médiathèque de Courchelettes. Cette initiative leur vaut le prix « coup de cœur » de l’APJ en février 2024.
À peine cette première expérience achevée, le groupe se lance un nouveau défi. À la fin de l’année 2024 émergent les premières idées de « Mission bien-être », avec l’envie de sensibiliser les jeunes aux questions de santé mentale au travers un jeu de l’oie XXL. Pour concrétiser le projet, il faut impérativement trouver des financements. Les membres de Résonance se tournent alors une nouvelle fois vers l’APJ de la MSA.
« Il y avait huit jurés, nous, on était quatre pour présenter notre projet, c’était un oral de 15 minutes avec un diaporama, après ils nous ont posé des questions. » se souvient Solène, vice-présidente. « Comme on a fini premier on a été sélectionnés pour aller le présenter une deuxième fois à Paris », complète Lily-May. « C‘est un truc de fou », sourit Solène.
Dans la capitale, le succès est au rendez-vous. En décrochant la deuxième place de leur catégorie, les jeunes remportent les 2 500 € qu’ils espéraient. L’argent remporté a permis de financer la fabrication du jeu : impression sur une bâche géante, fabrication des cartes, mais aussi l’achat de matériels comme une imprimante 3D, une graveuse laser ou une machine de découpe. Des outils, qui ont vocation à être loués dans le cadre d’un FabLab itinérant. L’idée étant de mettre en location leurs machines, tout en proposant des tutoriels vidéo réalisés par leurs soins afin d’en faciliter l’utilisation. Une façon de rendre les outils numériques plus accessibles.
Avec « Mission bien-être », les membres de Résonance ont imaginé un jeu de l’oie grandeur nature de trois mètres sur trois, destiné aux enfants et adolescents de 6 à 17 ans, grâce à des cartes adaptées à chaque tranche d’âge. Au fil de la partie, les joueurs sont amenés à échanger autour de thèmes comme les émotions, le sommeil, l’alimentation, les addictions ou encore le vivre ensemble.
Et pour sensibiliser, le groupe ne s’est pas contenté d’un simple questionnaire. Pour chaque question posée aux joueurs, un QR code permet aux participants de découvrir des courtes vidéos imaginées, jouées et tournées par les membres de l’association. « C’est plus personnel d’avoir des personnes de notre âge pour expliquer les choses plutôt que des adultes », estime la présidente.
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Une fois finalisé, le jeu a vocation à circuler dans les collèges, les lycées et les structures jeunesse du territoire. Une nouvelle étape pour une association qui continue de grandir presque naturellement.
Au-delà des récompenses, l’aventure associative a profondément marqué les jeunes. Réunions le week-end, tournages, présentations devant des jurys ou déplacements à Paris ont créé des liens et développé de nouvelles compétences. « On est beaucoup plus à l’aise aussi bien à l’oral qu’entre nous, assure Solène. Avant de commencer le projet, j’étais quelqu’un de très timide. Aujourd’hui, je suis beaucoup plus en confiance. »
Monter un projet, travailler en équipe, prendre la parole en public ou encore découvrir de nouveaux outils numériques sont autant d’apprentissages qu’ils reconnaissent avoir acquis au fil de l’expérience. « Ça nous donne beaucoup de choses que les autres n’ont pas forcément. On fait des rencontres, on découvre des métiers, on découvre des projets… », résume la vice-présidente. Les parcours de chacun illustrent cette évolution. « Sandro, au départ, il devait juste faire des dessins. Aujourd’hui, il présente le projet devant des jurys », racontent les membres de l’association en souriant. Une manière finalement, de donner tout son sens au nom de l’association : faire résonner leurs idées, mais aussi leur engagement, bien au-delà de leur entourage.
Jade Bruyère

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