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30-06-2026

Soumission chimique : Lille lance la tournée « M’endors Pas » pour briser le silence

La tournée nationale M’endors Pas a débuté le 30 juin à Lille pour sensibiliser le grand public à la soumission chimique. Professionnels de santé, magistrats, forces de l’ordre et associations ont appelé à mieux repérer les victimes, agir rapidement et faire connaître les dispositifs d’aide.

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L’association M’endors Pas a lancé sa tournée nationale depuis Lille le 30 juin. © M. S.

C’est depuis l’Hôtel de Région à Lille que l’association M’endors Pas, fondée par Caroline Darian, fille de Gisèle Pelicot, a lancé la première étape de sa tournée nationale. Le choix des Hauts-de-France n’est pas anodin. La région fait partie des territoires qui expérimentent une prise en charge gratuite des analyses toxicologiques, y compris sans dépôt de plainte.

L’objectif est de sortir la soumission chimique de l’ombre et diffuser les bons réflexes auprès du grand public comme des professionnels. Les organisateurs rappellent que cette violence ne concerne pas uniquement les soirées festives. Elle survient le plus souvent dans le cadre familial ou conjugal.

« En cas de doute, il faut agir vite »

Le message a été répété tout au long de la journée : chaque minute compte. Les experts recommandent de consulter rapidement le Centre de référence sur les agressions facilitées par les substances (CRAFS) au 01 40 05 42 70. Le centre est capable d’orienter les victimes de façon individuelle et adaptée vers la démarche à suivre. Tout doit être fait pour préserver les preuves en cas de judiciarisation et surtout de ne pas rester seul face aux doutes. Les prélèvements biologiques doivent être réalisés le plus tôt possible afin d’augmenter les chances d’identifier les substances utilisées. Ces dernières disparaissent du corps en moins de 24 heures pour la plupart.

Lire aussi | Soumission chimique : une tournée de sensibilisation débute à Lille avec Caroline Darian

Les intervenants ont également rappelé que les victimes présentent souvent des trous de mémoire ou des souvenirs fragmentés. Cette absence de récit complet ne remet pas en cause leur crédibilité. Le traumatisme et les substances peuvent empêcher la construction d’un souvenir cohérent. La gendarmerie et la magistrature, représentées lors de la rencontre, insistent : un récit fragmenté est une preuve.

Mieux former pour mieux protéger

La journée a également mis en lumière l’importance du travail collectif entre hôpitaux, justice, associations et forces de l’ordre afin d’améliorer la prise en charge sur tout le territoire. Le CRAFS est ainsi capable d’orienter une victime qu’elle habite la métropole ou une zone rurale.

En clôture, Caroline Darian a résumé l’ambition de cette tournée : faire connaître les bons réflexes partout en France pour que « plus aucune victime ne soit laissée seule face à l’invisible ». Et d’ajouter que la vigilance solidaire est cruciale quand chacun est le témoin potentiel d’une victime.

Maxime Schilt

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