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16-07-2026

Une moissonneuse-batteuse de 1972 restaurée grâce à quinze étudiants

C’est un projet pédagogique qui s’est présenté un peu par hasard. Alors qu’une batteuse Claas vieille de 50 ans était sur le point de partir à la ferraille, quinze étudiants se sont retroussé les manches pour lui donner une seconde jeunesse.

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Une moissonneuse-batteuse de 1972 restaurée grâce à quinze étudiants
Une moissonneuse-batteuse de 1972 restaurée grâce à quinze étudiants. © Hugues Celerse

Ce n’était pas la plus grosse, ni même la plus moderne. Pourtant, elle en a vu du monde lors du week-end de Terres en fêtes. Paraît même qu’il y avait un peu de file pour être pris en photo avec… Mais oui, vous l’avez peut-être vue, cette batteuse Claas fraîchement peinte. Une Dominator de 1972 pour être plus précis. 130 chevaux et équipée d’un moteur Mercedes s’il vous plaît ! Elle était nichée près des tracteurs anciens. Un retour sous les projecteurs pour cette machine rendu possible grâce à des étudiants du campus Agro-environnemental de Tilloy-lès-Mofflaines et leurs formateurs. Et ils en ont eu du travail ! Récit.

Le premier bain de foule de la batteuse à Terres en fête 2026. © D. P.

Un projet qui a la « Claas »

Tout a commencé par un appel… « Casa (concession, ndlr) nous a appelés en nous disant : “Une machine va partir à la ferraille”, raconte Hugues Celerse, et moi on m’a toujours dit : Quand c’est gratuit, faut dire oui ! » Le formateur au campus Agro-environnemental décide d’embarquer 15 élèves issus du Brevet professionnel Conducteur de machines agricoles (CMA) et du contrat de spécialisation Pilotage de machines agricoles et travaux mécanisés dans l’aventure.

Cela après (quand même) un petit temps de réflexion,« je me suis dit : “Wow faire une batteuse, c’est chaud !” » Mais l’occasion de mettre en place « ce projet pédagogique » est trop belle. « Avec le directeur exploitation de l’école, on s’est dit on y va ! On a tout le matos au garage », relate le formateur.

Le défi s’annonce de taille, car pour ne pas aider, la moissonneuse est restée 15 ans à braver les éléments dehors. C’est lorsque l’équipe se met au travail que la vraie prise de conscience survient. « On est intervenu sur le moteur, le système de gasoil, l’embrayage, le système de freinage, les organes de battage, le broyeur, on vient de faire la peinture, etc. », liste Hugues Celerse. « Là on a appris ce que c’était que de faire de la mécanique, quand en démontant l’embrayage on voit que tous les joints sont pourris. »

Pour fédérer en apprenant

Un projet au secours de la mécanique mais aussi des relations. « Ce projet a permis de renforcer les relations avec les apprentis et aussi entre formateurs », ajoute Maxime Derbécourt, le directeur d’exploitation du campus. Hugues Celerse embraye : « Les élèves arrivaient le lundi et nous disaient “alors qu’est-ce qu’on va faire sur la batteuse aujourd’hui ?” »

C’était une « grande première », résume Lucas, 18 ans, l’un des étudiants particulièrement investi dans cette restauration. Lui qui n’avait eu l’occasion que d’intervenir sur des tracteurs en apprentissage. « On était déjà très proches de nos formateurs, exprime le jeune homme, mais ça nous a encore plus rapprochés. » En plus des « bons souvenirs, de la bonne équipe » et des « rigolades », Rafaël, tout juste majeur, retiendra la persévérance qu’a nécessitée ce chantier. « Je me souviens d’une poulie avec trois-quatre courroies où c’était la misère. » Ce qu’il retiendra comme la partie la plus éprouvante, c’est l’hydraulique.

Lire aussi | Moisson précoce : on est montés à bord de la batteuse du Gaec Cauliez

Et rendre « fier » en moissonnant

« Il ne reste que l’électricité à faire », confie Hugues Celerse après une année scolaire à retaper la moissonneuse-batteuse. Vous l’avez peut-être aussi relevé sur la photo… Il manque une barre de coupe. Son état tellement dégradé nécessitant la recherche d’une autre. Ainsi que quelques autres pièces, « pour la vis à grain ou encore un câble de frein à main », énumère l’enseignant.

Tout ce chemin déjà parcouru ne laisse pas indifférent. « En tant que formateur, je peux vous dire que je suis fier », partage Hugues Celerse, presque ému. « On se rend compte qu’on a transmis une passion. » Ce qu’espère Lucas, l’étudiant ayant participé au projet, c’est d’avoir la possibilité de voir la Claas « moissonner et la conduire ». L’occasion de vérifier si c’est dans les vieux pots qu’on fait la meilleure soupe. 

Si vous pensez avoir des pièces de batteuse Claas susceptibles de convenir aux besoins du projet, vous pouvez contacter Hugues Celerse au 06 70 04 35 33.

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Agriculture Enseignement agricole Hauts-de-France Machinisme agricole

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