Lauréate du programme national Patrimoine naturel et biodiversité 2022 de la Fondation du patrimoine, la pâture à joncs à Marles-sur-Canche a bénéficié d’une dotation de 40 000 euros qui a permis de redonner à la biodiversité toute sa place sur ce site naturel.
Ici, le chantier a pris du retard, à cause des inondations qui ont touché le Montreuillois en 2024 mais aujourd’hui, on peut se réjouir de voir à nouveau les joncs couvrir le sol de cette pâture de Marles-sur-Canche. « La nature appartient à tout le monde », rappelle Christophe Lépine, président de la Fédération des conservatoires d’espaces naturels (CEN) et président du Conservatoire d’espaces naturels des Hauts-de-France, en remerciant le maire de la commune et la Fondation du patrimoine. « Ce qu’on fait avec vous, c’est un exemple, un modèle, c’est le patrimoine des habitants que l’on préserve. »

Et ce chantier qui a donné du fil à retordre à ses sauveteurs permet aujourd’hui à un éleveur de Saulty, de mettre des vaches Highland en pâture. « Depuis trente ans, la fondation essaie d’aider les communes, souligne Alexandre Giuglaris, directeur général de la Fondation du patrimoine. Nous sommes des passeurs d’histoire. Nous essayons de redonner une seconde vie à un patrimoine qui fait la richesse de notre territoire. »
Et à en voir les mines réjouies des familles du village, des enfants et des élus, c’est mission réussie. Tous ont redécouvert le site avec bonheur et étonnement. « Saute un peu sur le sol », lance un père de famille à ses enfants. « Ça bouge ! », s’exclame le garçon. « C’est normal, il y a de l’eau en dessous » et un peu plus loin des tas de joncs qui repoussent grâce au travail réalisé par le Conservatoire d’espaces naturels, aidés de plusieurs chasseurs et de l’association d’insertion Eureka.
C’est en 2019 que la commune de Marles-sur-Canche a confié la gestion de la pâture à joncs au conservatoire d’espaces naturels « pour sortir ce site remarquable de l’endormissement » a confié le maire Joël Davesne. Le CEN a d’abord dressé un diagnostic écologique, avant de déterminer les enjeux de cette réhabilitation. La progression des Saules cendrés et la ronce bleue menaçaient alors cette pâture de fermeture. Le projet de sauvegarde visait plusieurs ambitions : la préservation du milieu naturel et de la biodiversité, le développement économique par le retour de l’élevage bovin et la valorisation de ce patrimoine naturel, faisant de ce site un lieu de promenade et de découverte de la riche biodiversité ainsi préservée.

Rappelons que ce site, classé à l’inventaire des zones humides alluviales du bassin-versant de la Canche, a été exploité à l’époque pour sa tourbe avant les dynamiques d’assèchement du XIXe siècle, période à partir de laquelle il a été boisé naturellement. Avant sa réhabilitation, cet espace où l’on trouve de l’Aulnaie à Fougère des marais (boisement probablement exceptionnel, localisé que dans quelques rares secteurs à l’échelle de l’ancienne région Nord-Pas de Calais et de rares espèces animales et végétales pour certaines menacées), n’est exploité que par un étang de chasse.
Le déboisement mené par le CEN, la structure d’insertion Eureka avec le soutien des chasseurs permet aujourd’hui aux villageois et amateurs de randonnée de redécouvrir ce marais et d’entamer une collaboration avec un éleveur. « Avant qu’on en arrive à la mise en pâturage de ces vaches Highland, il a fallu plusieurs années de travaux dans des conditions parfois difficiles. Nous avons posé des clôtures, des panneaux d’informations, financés grâce à ce don de 40 000 euros de la fondation », précise le maire, en remerciant « les chasseurs pour l’entretien et la mise en valeur du site depuis toujours ».
Aujourd’hui, le sentier le long de la Nocq est rouvert. Mais il reste des choses à faire comme l’installation d’une passerelle au-dessus du cours d’eau pour permettre de relier le parcours autour de la pâture à joncs aux marais de Beaumerie-Saint-Martin.
Finalement préserver cet espace naturel profitera à la nature, aux éleveurs, et surtout aux générations futures !
Virginie Pruvost Vpruvost@terresetterritoires.com

Actualité

Actualité

Vivre et travailler ensemble : la vie d’un couple à la ferme !
par Hélène Grafeuille
Ecoutez leur histoire !
