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20-11-2025

Mobilisation réussie à Arras pour la FDSEA du Pas-de-Calais contre le Mercosur

Mercredi, faute d’une entrevue possible avec le Président de la République en déplacement à Arras, FDSEA et JA se sont mobilisés pour exiger des garanties sur la position française sur l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur. Un accord dénoncé par les agriculteurs, qui exigent des garanties pour protéger leur souveraineté alimentaire.

mobilisation FDSEA @FD
mobilisation FDSEA @FD

Suivant l’air du pays où il se trouve, Emmanuel Macron oscille vis-à-vis de l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur (zone qui regroupe l’Argentine, le Brésil, le Paraguay, l’Uruguay et le Venezuela) entre « un non très ferme » toulousain et un état d’esprit « plutôt positif » carioca, en marge de la COP 30 au Brésil.

De quoi mettre vent debout tout l’échiquier politique de Boris Vallaud à Marine Le Pen. Mais surtout d’aggraver la crise de confiance, voir de défiance, avec les agriculteurs français, qui s’inquiètent d’une autoroute de la malbouffe, sans péage exorbitant, laissée à leurs équivalents sud-américains au détriment des productions agricoles européennes alors que la France et l’Europe n’ont de cesse de parler de souveraineté alimentaire.

Alors qu’Emmanuel Macron était attendu ce mercredi 19 novembre, pour un Face aux lecteurs chez nos confrères de la Voix du Nord à Arras, avec pour thème La démocratie à l’épreuve des réseaux sociaux et des algorithmes, les syndicats agricoles ont demandé un entretien à la marge de ce rendez-vous. Las. Ils se passeront de carton d’invitation pour se faire entendre.

Une agriculture forte et souveraine

Rendez-vous à Gavrelle (62), à un jet de pierre d’Arras, point de départ de l’un des cortèges allant bloquer la ville préfecture du Pas-de-Calais. Une dizaine de tracteurs sont garés au beau milieu de la D 33. Sirotant un café au coin de la rue d’Oppy, les agricultures de la FDSEA 62 prennent des nouvelles des uns et des autres, avant de dévier vers le sujet de la journée : le Mercosur  » Macron s’était positionné il y a six mois contre le Mercosur. Il y a trois semaines, il a changé d’avis en disant qu’un accord était acceptable en l’état, avec des clauses miroir. Mais pour nous, c’est un contrôle des produits agricoles, a posteriori » , entame Jean-Paul Dallene, agriculteur à Oppy et représentant FDSEA 62.

Une agriculture forte sur les territoires et souveraine en Europe (ils sont pro-européens, ne vous détrompez pas), tel est l’état d’esprit répété par les syndicalistes présents.  » On parle souvent de la qualité, mais il faut aussi de la quantité pour pouvoir nourrir les gens, ajoute Jean-Paul Dallene. Avec cet accord, nous allons faire rentrer de la malbouffe beaucoup plus qu’auparavant. » Avec une agriculture beaucoup moins regardante sur les exigences sanitaires et le respect de la nature.

Lire aussi : Mercosur : quelles sont les prochaines échéances ?

Macron, ils arrivent

C’est l’heure du départ pour Arras pour la petite troupe, vers 13 h 30. Encadrée comme il se doit par les forces de police et de gendarmerie. À grands coups de klaxon et de trompette, la D 950 en deux fois deux voies est avalée à la vitesse  de 6 à 8 km/ heure. De nombreux camionneurs leur répondent par solidarité. On laisse bien volontiers passer les services de la DDE et d’autres urgences.

L’arrivée au rond-point du Burger-King se fait en bon ordre, les tracteurs et leurs occupants prenant possession des talus et barrant les accès. Il est plus de 14 h et le président est attendu pour 16 h au lycée Gambetta non loin de là. Alors chacun s’occupe, l’un klaxonnant à tue-tête, l’autre compréhensif, laisse passer au compte-goutte les voitures pour désengorger les bouchons se formant. Seuls quelques noms d’oiseau viendront parfois signaler un certain mécontentement, sans plus. On sent une certaine solidarité.

Jean-Paul Dallene prend des nouvelles de confrères de Tilloy-lès-Mofflaines, qui ont formé l’un des cinq blocages ceinturant la ville d’Arras. Des bonnets jaunes signalent la présence de la Coordination rurale. « Ils nous ont rejoints et nous les avons acceptés sur la mobilisation », précise simplement Jean-Paul Dallenne.

« Je suis la quatrième génération sur la ferme familiale. Et juste quand je m’installe, rien ne va plus. Je travaille seul, alors que grands-parents et parents étaient à deux, et on a du mal à s’en sortir » , témoigne Gaëtan. Entre-temps, ceux de Tilloy arrivent et tout va désormais se passer à la préfecture, lieu de convergence de la lutte.

Un parking bien garni

Très rapidement, la jonction s’opère, toujours dans le calme, et ce ne sont pas moins de 70 tracteurs qui garnissent les abords immédiats de la préfecture du Pas-de-Calais.

Entre-temps, un jeune agriculteur a réussi à déjouer le dispositif des forces de l’ordre. Il a été intercepté devant le lycée Gambetta et placé en garde à vue, d’après des informations de la Voix du Nord.

Sur le parvis de la préfecture, le petit barnum accueille aussi des JA, qui se sont mobilisés. La pluie redoublant, nombreux sont ceux qui s’abritent sous la colonnade de Saint-Nicolas-en-Cité.

On se réchauffe et on partage une gaufre, mais les esprits sont tournés vers un possible rendez-vous avec Emmanuel Macron. En fin de journée, des syndicalistes FDSEA 62 ont été reçus en préfecture par le préfet et un conseiller d’Emmanuel Macron. Ils se sont vus notifier qu’ « en l’état, la France ne signera ».

C’était la version arrageoise du message présidentiel. La pluie n’a toujours pas cessé. Mais elle n’a douché ni les espoirs, ni la motivation de ceux qui ont pris sur leur temps de travail pour marquer leur détermination à défendre l’agriculture française, exigeante, de qualité et européenne.

Frédéric Douchet

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Agriculture Pas-de-Calais président

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