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18-09-2025

Val’Fumier : Un site pour réunir offre et demande

Mettre en relation les fournisseurs et les valorisateurs de fumiers équins, c’est l’objectif de la plateforme Val’fumier qui se développe dans les Hauts-de-France, dernière région à se lancer. Explications.

D’un côté des structures équestres (élevages, centres équestres, organisateurs de concours, pensions…) qui cherchent des débouchés pour leur fumier de cheval. « Avant beaucoup l’envoyaient vers les champignonnières, c’était une vraie opportunité de valorisation pour le fumier équin. Mais il y en a de moins en moins. Aujourd’hui, les gérants de structures équestres ne savent plus comment gérer et valoriser leur fumier. La réglementation en termes de stockage de fumier est stricte et demande des investissements importants. Les structures équestres, qui disposent généralement peu de surfaces pour épandre, ne sont pas capables de le valoriser sur place », explique Louise Payen, responsable de projets au Conseil des chevaux des Hauts-de-France. Certaines structures cherchent ainsi à faire des échanges, « ils proposent généralement deux tonnes de fumier contre une tonne de paille », précise Louise Payen.

Fertilisants, compostage ou encore méthanisation, il existe plusieurs solutions pour valoriser le fumier équin.

De l’autre, des agriculteurs qui en cherchent pour fertiliser leurs sols, le composter ou encore l’utiliser dans leur unité de méthanisation.

« Début 2025, nous avons mené une enquête dans les Hauts-de-France auprès des producteurs de fumier pour connaître les quantités qu’ils produisaient, les systèmes de logements dans lesquels leurs chevaux étaient hébergés, leurs valorisations actuelles, s’ils en sont satisfaits et s’ils sont intéressés par d’autres solutions de valorisation… Nous avons reçu près de 150 réponses et nous nous sommes rendu compte que certains se sont déjà organisés avec des agriculteurs du secteur mais seuls 5 % ont mis cela par écrit, ce qui n’est ni sécurisant, ni réglementaire et plus de 50 % des professionnels équins sont à la recherche de valorisation de leur fumier », avance la responsable de projets au Conseil des chevaux des Hauts-de-France.

La chambre d’agriculture et l’Institut français du cheval et de l’équitation (IFCE) ont travaillé, de leur côté, sur un état des lieux des filières de valorisation en Hauts-de-France. L’objectif est de trouver des leviers d’action à ces problématiques. Et l’un d’eux est la mise en ligne de la plateforme Val’Fumier dont l’ambition est de mettre en relation les fournisseurs et valorisateurs de fumiers équins. Créée en 2019 par l’IFCE en partenariat avec les chambres d’agriculture pour d’autres régions suite à une demande du Groupement hippique nationale (GHN) soutenue par les organismes de la filière équine, elle vient d’être lancée dans les Hauts-de-France. Les producteurs de fumier peuvent y signaler leur offre de gisement avec leurs caractéristiques et les valorisateurs (méthaniseurs, plateformes de compostage, céréaliers, maraîchers, etc.) peuvent eux faire état de leurs besoins en précisant la qualité et la quantité de fumier recherchées, ainsi que leur zone géographique.

« Cela va permettre de mettre en relation plus facilement ces deux mondes », assure Louise Payen. La plateforme dispose également d’un centre documentaire où les utilisateurs peuvent retrouver toutes les informations utiles pour gérer les valoriser le fumier équin, mais aussi sur les valeurs agronomiques, par exemple. Dans le Nord-Pas de Calais, une vingtaine de structures équestres se sont déjà inscrites.

Fertilisant, amendement… Quels sont les avantages du fumier équin ?

Le fumier équin a des valeurs agronomiques intéressantes. Il peut être utilisé en tant que fertilisant pour le développement des plantes. « En tant que fertilisant, on retrouve de l’azote qui agit sur la croissance
des tiges, branches et feuillage, du phosphore, qui permet aux racines de se développer et joue un rôle sur la résistance aux maladies, mais aussi du potassium qui aide au développement des fleurs et des
fruits
», détaille Bertille Pfaff, conseillère en filière équine à la chambre d’agriculture de l’Oise.
Le fumier équin peut aussi être utilisé en tant qu’amendement, pour améliorer les propriétés physiques, chimiques ou encore biologiques des sols. « Par rapport au fumier bovin, le fumier équin dispose d’un
taux de matière organique et un rapport carbone sur azote plus élevés
», souligne Bertille Pfaff.

Lire aussi : Calculer les échanges paille-fumier

HÉLÈNE GRAFFEUILLE

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Agriculture chevaux Hauts-de-France paille

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