La Coordination Rurale (CR) est une organisation syndicale agricole française qui dit défendre les intérêts des agriculteurs et de la ruralité. Fondée en 1992, elle se positionne comme une alternative aux syndicats agricoles traditionnels, notamment la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles). Elle est aujourd’hui le second syndicat agricole de France. C’est en 2005 qu’est créée l’union régionale Nord-Pas de Calais.
Lors de la précédente mandature, ils étaient quatre membres de la Coordination rurale à siéger à la chambre d’agriculture du Nord-Pas de Calais. Deux pour le Nord au sein du collège 1 (chefs d’exploitation et assimilés) et deux pour le Pas-de-Calais au sein du même collège.
Stéphane Bleuzé, président de la CR 59, et tête de la liste Nord pour le collège 1, regrette que les motions de son syndicat ne soient, selon lui, jamais acceptées à la chambre. Il regrette également, conjointement avec les coprésidents de la CR 62 Olivier Sénéchal (également tête de la liste Pas-de-Calais pour le collège 1) et Damien Salomon l’absence d’échanges entre la CR et les autres syndicats, en premier lieu avec les FDSEA. « La Coordination rurale n’est jamais incluse dans le bureau, par exemple. Il y a vraiment un refus de travailler avec nous », indiquent les syndicalistes.
La CR 59 et la CR 62 déplorent également que le système des élections chambres ne repose pas sur un principe d’élections à la proportionnelle.
Pour ce qui est des réussites, la CR 59 et la CR 62 se félicitent d’avoir contribué au déblocage de dossiers PAC qui étaient à la DDTM et de l’augmentation du nombre d’adhérents (multiplié par trois). « Avec cette augmentation, on a vu arriver des jeunes à la CR, ce qui est une bonne chose. »
Parmi les mesures que la CR souhaite mettre en place à la chambre d’agriculture du Nord-Pas de Calais, voici les trois principales :
– remettre l’intérêt des agriculteurs au centre des choix de la chambre ;
– mieux défendre la rémunération des agriculteurs en finançant moins de services et plus d’accompagnement ;
– redresser les comptes de la chambre et imposer plus de transparence à ce sujet.
Elle souhaite également que le président de la chambre, Christian Durlin, ne puisse pas se représenter car elle estime qu’il est en partie responsable de la situation financière actuelle (lire nos précédentes éditions).
La Coordination rurale a fait de la lutte contre les contrôles son cheval de bataille. Concrètement, elle souhaite une trêve d’un an de tous les contrôles sur les exploitations car elle estime que ces derniers sont parfois violents et surtout intempestifs.
Aussi, son projet est de les réviser afin qu’ils soient plus adaptés, selon ses critères, aux agriculteurs et à leurs pratiques. La Coordination rurale parle ainsi de contrôles « pédagogiques » plutôt que répressifs et plaide pour un « droit à l’erreur » des agriculteurs.
« On remplit suffisamment de déclarations et on est déjà assez surveillé par satellite. Ce qu’on souhaite également, c’est que les contrôles ne se fassent plus en présence de gendarmes, armés. Je pense que certaines choses peuvent être réglées autrement qu’avec un contrôle judiciaire », précise Patrick Legras, porte-parole national de la Coordination rurale.
La CR milite également pour la création d’un label bio français, permettant de distinguer les produits issus de l’agriculture biologique française, des autres produits bios. Elle demande aussi la création d’un observatoire des prix et des marges, afin de travailler sur la répartition de la valeur.
Pour la CR, l’objectif serait de « maintenir en France une agriculture familiale » et pour cela, elle aimerait que l’agro-industrie prenne moins de place : « L’agro-industrie a le droit de vivre, mais elle n’a rien à faire dans le syndicalisme ». Patrick Legras fait ici référence, sans trop le cacher, au fait que le président de la FNSEA est également directeur de la multinationale Avril.
En résumé, pour Stéphane Bleuzé et Olivier Sénéchal, la philosophie de la CR serait de « remettre le paysan au centre des priorités pour ensuite remonter aux filières, et non l’inverse ».
Lire aussi : FDSEA – JA : Bilan et ambitions pour l’agriculture
Lire aussi : Confédération Paysanne : « Des fermes, pas des firmes »
églantine Puel Epuel@terresetterritoires.com

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