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| Par Anaëlle Charlier

Les organisateurs du Salon international de l’agriculture ont annoncé ce 17 juin que la prochaine race à l’honneur du salon serait la Ferrandaise. Avec ses cornes et sa robe blanche et rouge ou noir et ses différentes panachures, cette vache rustique d’Auvergne représente la rusticité des races montagnarde, et la tradition pastorale qui y perdure.
Et pourtant, elle a bien failli disparaître, victime collatérale de la mécanisation et de la spécialisation de l’agriculture dans les années 60, alors qu’on n’en dénombrait pas moins de 140 000 têtes dans le paysage puydomois au début du XXe siècle. Elle se retrouve victime de ce qui faisait sa force : son potentiel mixte, la prédisposant aussi bien à la production de lait, de viande et à l’attelage.
À la fin des années 70, il ne reste plus qu’une poignée de femelles lorsqu’un collectif d’éleveurs passionnés décide de réagir, et d’œuvrer pour protéger la race. Ils montent un plan de sauvegarde de concert avec l’institut de l’élevage et permettent à la jolie vache de récupérer sa popularité et ses prairies.
Aujourd’hui, ce sont 4 000 têtes qui continuent de peupler les collines auvergnates, sous l’œil scrupuleux de près de 750 éleveurs qui se sont rassemblés dans une association nommée « association de sauvegarde de la race bovine ferrandaise ». « Il faut savoir qu’il n’y a jamais eu de travail de sélection sur la race Ferrandaise, pour améliorer son potentiel de production en lait ou en viande. C’est cette mixité historique qui permet aujourd’hui une grande diversité d’élevages : il y a des éleveurs de Ferrandaises en production laitière et d’autres en productions allaitantes », précise Alain Guéringer, président de l’Association de sauvegarde de la race bovine ferrandaise.
« Choisir la race Ferrandaise comme égérie n’est pas anodin : cela met en avant la nécessité de préserver notre patrimoine agricole unique, aussi vivant que fragile. Portée par l’OS des Races Bovines Locales à Petits Effectifs, la candidature de la Ferrandaise prouve que le collectif est une des clés pour répondre aux enjeux à venir de l’agriculture », explique Jérôme Despey, président du SIA.
Dans son communiqué de presse, l’organisation du salon précise qu’ « au-delà de la fierté qu’il confère, le statut de race égérie pour le Salon international de l’agriculture est donc une véritable récompense du travail de sauvegarde et de relance des races locales ».
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Cette race sera donc à l’honneur au milieu des autres races locales et menacées lors de l’édition 2027 du salon qui se déroulera du 27 février au 7 mars à Paris-Expo Porte de Versailles, comme les Rouge Flamande, Bleue du Nord et Blanc Bleu bien connues des prairies nordistes.
Anaëlle Charlier
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