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22-01-2025

Hauts-de-France : Budget 2025, tout le monde au régime

Même après les annonces d’allégement de l’effort demandé aux collectivités sur le budget de l’État, il semblerait que dans les Hauts-de-France, aucun service ne sera épargné par les réductions budgétaires.

La Région doit voter son budget 2025 fin mars. © E.P.

Lors de sa séance plénière le 12 décembre 2024, la Région Hauts-de-France a voté une sorte de « loi spéciale » permettant de modifier le budget 2024 pour qu’il continue en 2025 jusqu’à la fin du premier trimestre. La raison : le flou qui régnait (et règne toujours) sur le budget de l’État.

Jean-Pierre Bataille, vice-président aux finances (sans délégation), député du Nord et maire de Steenvoorde, a répondu à nos questions.

T & T : Est-ce que le report du vote du budget était déjà arrivé pour la région ?

Jean-Pierre Bataille : Non jamais. Nous votions en fin d’année pour, notamment, déterminer le taux appliqué au Cheval Fiscal (fiscalité carte grise). Mais avec les incertitudes gouvernementales, dès novembre j’ai fait part au président Xavier Bertrand du besoin de reporter le vote. Il était urgent d’attendre.

T & T : Le Premier Ministre François Bayrou a confirmé lors de son discours de politique générale que « l’effort » demandé aux collectivités de réduire leurs dépenses de 5 milliards d’euros serait allégé à 2,2 milliards d’euros. C’est une bonne nouvelle ?

Jean-Pierre Bataille : C’est une moins mauvaise nouvelle que la copie initiale. Comme l’a rappelé le Premier Ministre, les collectivités représentent 70 % des investissements publics. Donc, réduire nos budgets c’est mettre ces investissements en péril et tirer une balle dans le pied des collectivités. Et bien que je comprenne que la situation de la dette française est préoccupante, pour moi ce n’est pas une bonne économie. J’ajouterais que sur le sujet des dotations de compensation de la taxe professionnelle, c’est-à-dire l’argent que nous avons perdu à la suite de la réforme de la taxe professionnelle, ce n’est pas normal que ces dotations soient réduites puisque c’est de l’argent qui nous ait dû !

T & T : Grâce à ces annonces, y voyez-vous plus clair ?

Jean-Pierre Bataille : Nous partons avec une hypothèse d’un manque de 100 millions d’euros (M€). Mais nous restons très prudents car les choses peuvent encore bouger.

T & T : L’opposition vous accuse d’avoir déjà donné des orientations budgétaires via la « loi spéciale » et notamment d’avoir rogné dans le budget des lycées. Quels autres arbitrages seront pris ?

Jean-Pierre Bataille : En ce qui concerne les lycées, nous avions avant la crise de l’énergie une dotation d’environ 80 M€. En 2022, avec l’explosion des prix de l’énergie, cette dotation a été élevée à 140 M€ puis l’année dernière, avec la baisse des prix, à 110 M€. Pour 2025, il semblerait que les prix continuent de baisser et nous espérons pouvoir avoir une dotation de 90 M€. Donc ce n’est pas une diminution réelle, c’est une diminution due à la baisse des factures. Il n’y aura pas d’économies faites sur le dos des lycéens. Surtout, une enveloppe de 5 M€ est prévue en cas de besoin. Par ailleurs, aucun poste ne verra son budget augmenter. On va maintenir au mieux ce qui peut l’être mais il risque d’y avoir des réductions un peu partout. Par exemple, afin de maintenir nos investissements sur le ferroviaire, de l’ordre d’un milliard d’euros, il faut contraindre le plus possible nos dépenses de fonctionnement. Autre possibilité, augmenter les recettes. Pour cela la région a décidé d’augmenter à 42 € le Cheval Fiscal mais reste compétitive car elle reste la région la moins chère de France.

Propos recueillis par Eglantine Puel

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