La Fédération nationale de l’agriculture biologique (Fnab) et son réseau Territoires bio pilotes, dont fait partie Douaisis Agglo – communauté d’agglomération du Douaisis qui regroupe 35 communes – ont été récompensés du prix argent au grand prix The good des alliances durables.
« Ce prix nous réconforte et nous conforte dans notre démarche. Pour nous cette récompense montre que ce que nous entreprenons va dans le bon sens », s’est réjoui Jean-Luc Hallé, vice-président de l’agglomération de Douaisis en charge de la Transition alimentaire et agricole.
En 2014, Agglo Douaisis a engagé une concertation sur son territoire au sujet de l’agriculture bio. « Nous sommes un territoire urbain où 84 % des habitants se trouvent en ville. Notre objectif était de convaincre les élus des bénéfices de l’agriculture biologique en termes de préservation de la biodiversité et de l’environnement mais aussi en matière de qualité de l’eau, de l’air et de l’alimentation proposée à nos habitants. Sans oublier que l’agriculture bio génère davantage d’emplois que le conventionnel, on estime à un emploi pour huit hectares en bio contre un emploi pour 22 hectares en conventionnelle », développe Jean-Luc Hallé.
En 2016, la communauté de communes lance un plan de développement de l’agriculture et de l’alimentation biologiques sur son territoire, intitulé Biocad. Un pôle de développement de l’agriculture bio est alors créé afin « d’aider les exploitants à passer le cap de la conversion vers le bio et de s’y maintenir ». Agglo Douaisis met en place un accompagnement, « que ce soit sur le plan technique avec des partenaires comme la chambre d’agriculture, Terre de liens, Bio en Hauts-de-France…, mais aussi humain par le biais de l’association Arcade (qui accompagne les agriculteurs qui rencontrent des difficultés dans leur vie professionnelle, ndlr) ou encore financier. »
Plusieurs aides existent pour les exploitants du Douaisis : « Il y a une aide à destination des maraîchers pour des exploitations de moins de cinq hectares qui peut aller jusqu’à 20 000 €. Nous leur louons aussi des terres par le biais d’un bail environnemental. Depuis 2011, cette aide a permis l’installation de neuf maraîchers sur le territoire », détaille Jean-Luc Hallé. « Il existe aussi une aide, baptisée Tremplin bio en Douaisis, qui accompagne les agriculteurs à la conversion. Cette aide représente 1 000 € par hectare et peut aller jusqu’à 15 000 € et est renouvelable trois ans. Sans oublier notre aide à la création de Cuma de 20 000 € qui permet d’avoir un fonds de roulement pour démarrer. Enfin, depuis ce 1er janvier, nous allons prendre en charge le passage des organismes certificateurs obligatoires. Cela représente 800 € par exploitation », énumère le vice-président.
De nombreuses actions en faveur de l’agriculture biologique ont aussi été menées. À l’image du Jardin de Cocagne, une ferme bio d’insertion, ou du dispositif P.A.N.I.E.R.S qui distribue des paniers bio à prix solidaires. Des dispositifs ont également vu le jour pour faciliter la vente des produits bio locaux comme le système de groupement de commandes pour la restauration collective et les épiceries solidaires ou une aide aux restaurateurs pour favoriser leur approvisionnement en produits bio locaux.
Une démarche qui a porté ses fruits puisque les surfaces en agriculture biologique ont été multipliées par 10 depuis 2013, passant de 54 à 548 hectares.
Et pour l’avenir, Douaisis Agglo ne manque pas de projets. Cette année, une unité de valorisation et de transformation de produits agricoles locaux devrait voir le jour. « On produit 170 % de nos besoins en légumes sur notre territoire, on en diffuse sur place 20 % et le reste part à la transformation. L’objectif de cette unité est de transformer sur place pour redistribuer directement au grand public mais aussi à la restauration collective et aux restaurateurs », avance Jean-Luc Hallé.
Douaisis Agglo espère également pouvoir mettre en place les paiements pour services environnementaux (PSE) d’ici 2027. « L’idée est de payer les agriculteurs en fonction de l’effort qu’ils fournissent pour protéger notre environnement. Nous attendons l’accord du ministère de l’Agriculture », explique le vice-président. Et de conclure : « Douaisis agglo a une volonté politique forte sur le sujet et nous entendons bien poursuivre cet engagement. »
Hélène Graffeuille

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