Il n’est pas né à Fromelles mais y est arrivé à l’âge d’un an. « J’y ai vécu toute mon enfance, ça a été mon terrain de jeux », sourit Jean-Gabriel Masson, actuel édile de ce village de 1 200 âmes dans les Weppes. Une commune dont il finit par s’absenter pour faire ses études, puis pour débuter sa carrière professionnelle avant de faire le choix d’y revenir en 2003 « par envie, par amour pour Fromelles, mais aussi parce que l’immobilier était plus accessible sur ce territoire », énumère Jean-Gabriel Masson, 52 ans.
En 2008, il décide de s’y investir et intègre le conseil municipal. En 2013, Hubert Huchette, le maire de l’époque et son premier adjoint annoncent qu’ils ne repartiront pas pour un nouveau mandat et proposent au jeune conseiller d’emmener l’unique liste candidate à l’élection municipale de 2014. Jean-Gabriel Masson hésite. Il occupe alors un poste de chef informatique chez Auchan, « j’étais à 80 %, j’avais décidé de prendre un congé parental pour m’occuper de mes enfants. J’avais aussi pris des responsabilités syndicales au sein de l’entreprise. » Une manière, déjà, de s’occuper des autres.
« Passer directement de conseiller municipal à maire, je ne l’avais pas envisagé. Le train est arrivé plus vite que prévu et j’ai décidé de le prendre ! » Jean-Gabriel Masson est donc élu maire en 2014. Dès la première semaine, il fait face aux premières responsabilités d’édile : la menace d’une fermeture de classe – « on a passé un week-end à faire du porte à porte pour demander aux habitants d’inscrire leurs enfants à l’école du village, se souvient-il, et on a bien fait car en 2016, on a ouvert une cinquième classe dans la commune ! » -, des problèmes à régler avec une association, « mais aussi un mariage à célébrer », sourit le maire. « J’ai tout de suite été mis dans le bain. On se découvre maire presque du jour au lendemain, car il n’y a pas de formation. Par chance mon prédécesseur m’a bien accompagné tout en me laissant prendre ma place. »
Jean-Gabriel Masson est un maire de terrain, « car un maire enfermé dans son bureau, ça ne marche pas. » Porter des projets, débloquer des situations, créer une dynamique d’équipe, faire avancer des choses, favoriser le vivre ensemble… C’est cela qui anime le maire de Fromelles. « Une vraie passion », résume-t-il.
Un maire à temps plein aussi, « même quand je sors promener mon chien dans la commune, j’ai toujours un œil sur ce qui s’y passe. J’ai la casquette de maire en permanence. Vous pouvez être appelé pour un problème au milieu de vos vacances. Être maire, c’est gérer trois vies : sa vie d’élu, sa vie professionnelle ainsi que sa vie personnelle. Mais heureusement qu’il y a une équipe autour. » La particularité des maires de petites communes est aussi d’être parfois le couteau suisse de la mairie, « dans une commune rurale, le maire doit porter aussi l’ingénierie technique. On est parfois élu et agent sur certains aspects ! Ce qui est aussi plaisant de mon point de vue. »
Jean-Gabriel Masson doit également faire face à quelques désagréments, des insultes. « Le maire est à portée de baffe comme on dit. J’ai déjà vécu des échanges… un peu chauds. J’ai appris à prendre du recul, sinon on est trop entamé et trop touché. »
« Et six ans, ça passe vite », assure-t-il. En 2020, il décide de se représenter pour un nouveau mandat afin de continuer ce qu’il avait commencé. Toujours une seule et unique liste lors de l’élection. « La dernière opposition à Fromelles date de 1983 », souligne-t-il. Si l’élu reconnaît que pour la gestion, ne pas avoir d’opposition est un avantage, il insiste aussi sur le fait que cela ne veut pas dire absence de débat.
« Je reste vigilant sur cela, il ne faut pas parler d’une seule voix. Il faut instaurer ce débat en conseil et accepter que parfois les votes ne se fassent pas à l’unanimité. Nous avons une liste sans étiquette, il y a des sensibilités de tous niveaux que je ne connais d’ailleurs pas forcément. Pour moi l’important c’est l’envie d’apporter ses compétences dans l’intérêt du sens commun pour faire évoluer une ville et aider les habitants à mieux vivre ensemble. Pour autant, cela ne veut pas dire qu’on ne fait pas de politique, nous faisons de la politique au sens noble du terme, c’est-à-dire qu’on s’occupe de gérer la commune, ses habitants et les projets. »
Cette même année, il devient également le président de l’association des maires ruraux du Nord (AMR 59). « Une association qui était en plein développement. En 2009, il y avait une dizaine de communes adhérentes. Fin 2020, nous étions 171. Aujourd’hui nous sommes à 370, ce qui est énorme, s’enthousiasme-t-il.Nous avons mis en place des formations, de l’accompagnement, nous sommes allés chercher des partenariats… » L’association grandit pour le plus grand plaisir de son président.
En mars prochain, l’actuel maire de Fromelles se représentera, « probablement pour le dernier mandat, même s’il ne faut jamais dire jamais. » Toujours avec la même envie de porter de nouveaux projets mais aussi le besoin d’organiser l’après pour sa commune, mais aussi pour lui. « Je prépare ma reconversion. En devenant maire, la carrière professionnelle en prend un coup. Même si mon entreprise s’est montrée très compréhensive ces 12 dernières années. Généralement, la carrière professionnelle des édiles, surtout de communes rurales, est mise entre parenthèses durant leur mandat. Je suis donc actuellement de retour sur les bancs de l’université de Lille pour passer un diplôme universitaire dans la formation pour adulte. » La quatrième vie de Jean-Gabriel Masson qui ne devrait pas débuter avant 2032 !
Hélène Graffeuille

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