Les programmes Interreg de l’Europe permettent de financer des projets transfrontaliers. Sur la période 2021-2028, la priorité a été donnée aux initiatives en faveur de l’environnement, de la recherche et de l’innovation, de la cohésion sociale et de la mobilité durable.
Clim@Monts fait partie de ces projets. Porté par le Département du Nord ainsi que neuf autres partenaires, belges et français, son ambition est de préserver la nature et la biodiversité des Monts de Flandres ainsi que la qualité de vie de leurs habitants.
Pour remplir cet objectif, une enveloppe de 4 millions d’euros a été allouée, financée à 60 % par le Fonds européen de développement régional (Feder).
Deux missions principales ont été identifiées : préserver la nature de la surfréquentation et restaurer les continuités écologiques afin de conserver, voire restaurer, la biodiversité.
En raison de leurs richesses naturelles, culturelles et patrimoniales, les Monts de Flandres sont très fréquentés à l’image du Mont Noir, sommet emblématique où se situe notamment la Villa Marguerite-Yourcenar qui attire de nombreux visiteurs. « Les éco compteurs disposés ponctuellement sur les espaces naturels du Nord du parc du Mont Noir et du Mont des Cats font état d’une fréquentation minimale de 120 000 visiteurs par an (chiffres globalement en augmentation) sur les deux sites », précise le Département du Nord.
Malheureusement cette fréquentation peut entraîner une destruction ciblée de certaines espèces par la cueillette, une dégradation localisée ou généralisée des habitats par les piétinements, l’érosion des sols, les dépôts de déchets, ainsi que le dérangement des animaux (bruits, odeurs, chiens non tenus en laisse…) notamment en période sensible comme celles de la reproduction ou de l’hibernation. Ces effets pourraient avoir pour conséquence la disparition progressive de certaines espèces à commencer par les plus rares, souvent peu adaptées à ce type de pression.
Alors pour concilier accueil du public et préservation de l’environnement, le projet Clim@Monts prévoit de mettre en place des équipements adaptés : création de nouveaux cheminements ou restauration de cheminements existants avec un balisage renforcé, création de sentiers d’expérience nature pour une découverte encadrée de la biodiversité, aménagement de belvédères pour valoriser les plus beaux paysages et les rendre accessibles à tous et notamment aux personnes à mobilité réduite, ou encore parkings pour canaliser les stationnements tout en limitant l’imperméabilisation des sols, mais aussi aires de jeux écologiques et espaces ludiques respectueux des milieux naturels permettant un accès à la nature en dehors des zones sensibles…
Des clôtures légères et dispositifs anti-franchissement véhicules au Mont Kemmel, au Mont Noir, et plus récemment au Mont des Cats ont déjà été mis en place et ont largement « démontré leur efficacité avec une restauration progressive des habitats dégradés », se félicite le Département.
Les aménagements prévus dans le parc du Mont Noir devraient être finalisés pour 2026. Pour le site du Palingbeek et le Mont Kemmel, en Flandre, les travaux devraient débuter à l’automne. Pour le Mont des Cats et le bois de la Hutte en Wallonie, les études pré-opérationnelles sont encore à initier et les aménagements verront le jour au plus tard avant la fin du programme Clim@Monts en mars 2028.
En plus de ces aménagements, le public doit être informé sur les gestes à faire et ne pas faire en milieux naturels. Des dispositifs de guidages pour sensibiliser les visiteurs à ces mesures devraient être installés. La maison de la nature et du développement durable et de son jardin, au Mont Noir, proposera également des actions de sensibilisation à la biodiversité et aux paysages.
Le projet Clim@Monts entend également restaurer les continuités écologiques afin de préserver la biodiversité des Monts de Flandres. « Préserver la biodiversité est essentiel car chaque espèce joue un rôle dans le bon fonctionnement des écosystèmes (pollinisation, régulation des populations, qualité de l’eau et des sols…). La biodiversité rend également de nombreux services écosystémiques aux humains et contribue à leur bien-être. En protégeant la biodiversité, nous préservons également la résilience des écosystèmes face aux changements climatiques et aux activités humaines », rappelle le Département du Nord.
Et la biodiversité du site est riche et variée. Elle se compose notamment de prairies acides, de hêtraies (forêt où prédomine le hêtre) à jacinthes, de landes, de boisements de pente et de zones alluviales. Des zones qui constituent des habitats pour certaines espèces sensibles comme le triton crêté, la salamandre tachetée ou plusieurs espèces de chauves-souris. D’où l’importance de restaurer les continuités écologiques qui permettent de relier ces réservoirs de biodiversité entre eux – ces milieux naturels sont souvent fragmentés par les actions et les aménagements de l’Homme – et ainsi permettre aux différentes espèces de réaliser leur cycle de vie (se déplacer, se nourrir, se reproduire).
Pour y parvenir, les partenaires de Clim@Monts envisagent plusieurs actions : la restauration (et création) de mares et de plans d’eau par curage, reprofilage, ou création de micro-retenues d’eau pour améliorer les sites de reproduction des amphibiens, la restauration de prairies par étrépages (décapage de la couche superficielle du sol) et test de greffes de prairies, ainsi que l’aménagement de gîtes propices pour l’hibernation des chauves-souris. Pour connecter ces différentes zones, il est également prévu de planter des arbres afin de recréer des corridors boisés et de créer des passages à faune pour sécuriser le déplacement de la faune et notamment des amphibiens lors de la traversée de la route du parc au Mont Noir.
Hélène GraffeuilleÂ

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