
Dans les entrailles d’une zone industrielle, en plein cœur du territoire de la Porte du Hainaut, près de Valenciennes, un homme attend derrière la grille. Emmitouflé dans une parka arborant l’emblème de la communauté d’agglomération, bonnet vissé sur les oreilles, Géry Quinchon résiste au froid glacial de l’hiver nordiste. Avec un large sourire et une énergie communicative, il installe à la hâte une table et des chaises et commence son histoire. « Je suis né à Cambrai, mais j’ai grandi à Marcoing, au cœur de la vallée de l’Escaut. On avait presque une mini-ferme avec mon père. On élevait des moutons, des chèvres, des poules, des canards. Et puis on avait un grand potager, forcément ! »
Enfant de la campagne, Géry Quinchon assiste pourtant, impuissant, à la transformation des paysages de son territoire. « J’ai vu le Cambrésis changer d’aspect en l’espace de quelques années seulement, notamment avec l’autoroute qui est venue déchirer le paysage. C’était très perturbant pour un enfant. » Cette prise de conscience l’amène progressivement à s’engager dans la protection de l’environnement. Après un brevet de technicien agricole (BTA) en gestion de la faune sauvage au lycée Saint-Laurent de Charleville-Mézières (08), il obtient en 1998 un BTSA en gestion et protection de la nature (GPN). « À cette époque, les emplois jeunes émergeaient de partout, et l’éducation à l’environnement prenait de l’ampleur », nous rappelle celui qui a depuis décidé de transformer sa passion pour la nature en engagement professionnel quotidien.
Géry Quinchon débute sa carrière dans la protection de l’environnement en 1998, en tant qu’animateur environnemental pour la communauté de communes de l’Ostrevent. « Je m’occupais des chemins de randonnée et des espaces naturels, et je développais des activités pédagogiques en lien avec la nature, comme l’installation de nichoirs ou la mise en place de jardins découverte. »
Lorsque la communauté de communes de l’Ostrevent est absorbée par la communauté d’agglomération de la Porte du Hainaut en 2002, ses missions évoluent. De 2003 à 2014, il coordonne un projet innovant : l’ÉC’eau bus, un écomusée itinérant et salle d’animation pédagogique. « On abordait la gestion de l’eau, son économie et sa préservation, des thèmes essentiels sur notre territoire où l’eau est omniprésente, notamment avec les zones humides et les eaux de Saint-Amand. » Ce bus aménagé avec le soutien de la Région sillonne le territoire, va à la rencontre des écoles, mais aussi des maisons de retraite, attirant jusqu’à 40 000 visiteurs par an lors de plus de 800 sorties.
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En 2014, les missions de Géry Quinchon évoluent une seconde fois. Il devient chargé de mission biodiversité en charge du pilotage des campagnes de plantation d’arbres et accompagne les communes, entreprises et agriculteurs dans leurs projets environnementaux. En 2010, il coordonne l’opération Plantons 5 000 arbres, qui rencontre un succès immédiat. L’année suivante, Plantons dans nos communes voit le jour et permet la plantation de 85 000 arbres en dix ans à travers 47 communes. L’initiative s’étend ensuite aux entreprises sous le nom de Plantons dans nos zones d’activité afin d’améliorer le cadre de vie dans les espaces industriels.
Et d’autres programmes suivent, comme Plantons dans nos campagnes (2010-2020), qui atteint son objectif de 100 000 arbres plantés, dont 10 000 fruitiers, ainsi que Plantons des vergers (depuis 2023), qui permet déjà à 11 communes de bénéficier de centaines d’arbres fruitiers.
« Grâce à toutes ces actions, nous avons planté des milliers d’arbres avec un taux de reprise de 70 %. Voir ces espaces reverdir est une vraie satisfaction ! », confie le Marconien d’origine.
Outre la plantation d’arbres, Géry Quinchon est également responsable de la gestion durable des espaces naturels du territoire de la Porte du Hainaut. Il veille à la gestion durable du parc Loisirs et nature, à Raismes, du port fluvial de Saint-Amand-les-Eaux et du Bassin rond, à Bouchain. « On a mis en place des pratiques de gestion différenciée sur ces différents sites, pour favoriser la biodiversité et le retour de la faune et de la flore. »
Mais son engagement ne s’arrête pas là. Géry Quinchon est apiculteur amateur et produit environ 40 kg de miel par an à titre personnel. « Même en dehors de mon travail, je continue à me battre pour la biodiversité ! Car chaque geste compte. Pour moi, préserver la biodiversité ne signifie pas freiner l’économie, mais trouver un juste équilibre. Par exemple, chaque jour je prends la voiture, même si je sais que ce n’est pas l’idéal. On est tous pris dans un engrenage. Mais je suis convaincu que chacun peut agir à son niveau », assure-t-il. « De toute façon c’est simple, sans nature, pas de culture ! »
Avec son regard pétillant et son discours positif, Géry Quinchon souhaiter incarner une transition écologique où développement économique et préservation de la biodiversité avancent main dans la main. Au quotidien, il tisse des liens entre citoyens, entreprises et nature, convaincu que l’avenir repose sur cet équilibre. « Si la nature est en bonne santé, nous le serons aussi », aime-t-il rappeler. « C’est juste du bon sens ! »
Timothée Renaud et Julien Caron

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