
Il y a 10 ans, en 2015, Stanislas Michaux et Matthieu Georgel, deux experts de l’eau, fondent la société ExoCell à Lallaing, dans le Douaisis (59). Leur objectif : proposer aux industriels et aux entreprises agroalimentaires des solutions de traitement de leurs eaux usées. Un défi d’actualité alors que la journée mondiale de l’eau se déroule ce 22 mars et que sa gestion est devenue un enjeu majeur pour tous.
Les solutions de traitement et de recyclage proposées par ExoCell sont adaptées à de nombreux secteurs d’activité comme l’industrie, le bâtiment, le textile – à l’image de Dickson, fabricant de tissu technique à Wasquehal (59) – mais aussi l’agroalimentaire. Des domaines où l’eau joue un rôle clé et peut être utilisée en (très) grande quantité. Or, « avec le changement climatique, la préservation de l’eau est un enjeu considérable pour les années futures », souligne Hubert de Boisredon, PDG d’Armor Group, actionnaire d’ExoCell.
Et Jean-Paul Fontaine, maire de Lallaing, vice-président de la communauté d’agglomération du Douaisis et conseiller régional d’enchérir : « D’ici quelques années, nous serons peut-être contraints de statuer sur le partage des ressources en eau sur le territoire. Les solutions proposées par ExoCell sont donc tout à fait pertinentes afin de permettre aux industriels de maintenir leur niveau de production tout en étant vertueux dans leur consommation d’eau », indique-t-il, fier d’avoir cette entreprise sur son territoire. Car le défi est bien là : la ressource en eau pourrait vraiment poser problème à l’avenir et amener les autorités à arbitrer son usage entre les différents consommateurs.
Deux raisons poussent les industriels à sauter le pas. La première : les restrictions. « Aujourd’hui déjà, lors de sécheresse, les industriels ont des obligations de réduire leur consommation d’eau de 10 voire 20 %, indique Stanislas Michaux. Dès lors, deux possibilités s’offrent à eux : produire moins ou consommer moins d’eau en recyclant leurs propres eaux industrielles. » Produire moins pouvant avoir des conséquences désastreuses sur la rentabilité d’une entreprise, les industriels optent peu à peu pour des solutions pérennes qui permettent de maintenir leur production tout en devenant vertueux pour l’environnement grâce à une meilleure gestion de leurs eaux.
La seconde raison, c’est la volonté des industriels de mieux piloter leur consommation d’eau, la purification de l’eau et la réutilisation des eaux industrielles devenant un véritable sujet de réflexion.
En 10 ans, l’entreprise a donc développé différentes méthodes de traitement des eaux usées avec un leitmotiv : confectionner un système qui s’adapte facilement à toutes les entreprises de manière temporaire (comme sur un chantier par exemple) ou définitive. Le premier système à avoir vu le jour est basé sur la flottation, conçu pour séparer les polluants des eaux usées. Une méthode appréciée notamment par les fabricants de peintures, comme l’entreprise valenciennoise PPG, qui produit notamment des peintures anticorrosions pour l’industrie automobile et aéronautique.
En 2016, c’est un système de traitement par décantation qui voit le jour. Une solution qui a été utilisée, entre autres, pour les chantiers du RER parisien. D’autres systèmes de traitement biologique ont aussi été mis en œuvre par ExoCell, dont l’un utilisé sur le chantier d’Ariane 6.
En pratique, tout commence dans le bureau d’études, une conception en 3D est réalisée pour un équipement sur-mesure adapté en fonction du type, de la quantité des effluents et des besoins de l’entreprise. L’installation est ensuite fabriquée sur place, dans l’usine de Lallaing, avant d’être acheminée et installée chez l’industriel.
Car l’une des forces d’ExoCell est d’être parvenue à des solutions qui prennent place dans des modules semblables à des containers, qui peuvent s’associer comme des briques de construction, en fonction des besoins et évoluer dans le temps, la taille des modules pouvant s’adapter aux volumes d’eau à traiter. Chacun étant « capable de traiter jusqu’à 500 m3 par jour soit l’équivalent de la consommation en eau de 3 500 habitants en France », explique Matthieu Georgel.
Après une décennie de développement, ExoCell a établi un nouveau plan stratégique de développement visant l’international alors que 95 % de ses clients sont Français. « Nous pouvons intervenir partout, sauf sur la lune… pour le moment », plaisante Stanislas Michaux. L’entreprise espère aussi développer son offre auprès d’autres marchés comme les campings ou les clubs de vacances.
« Aujourd’hui, composée d’une équipe d’une douzaine de collaborateurs, ExoCell génère un chiffre d’affaires annuel de l’ordre du million d’euros, dont 90 % sont issus de la vente et 10 % de la location de modules. L’ambition à cinq ans, outre atteindre un chiffre d’affaires annuel de 5 millions d’euros, est de basculer vers un tiers issu de la vente et deux tiers de la location », détaille l’entreprise lallinoise. Une croissance qui pourrait bien être boostée par le plan Eau mis en place en 2023 par l’État (lire aussi en page ci-contre).
Charlotte Lefebvre, junia

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