Les chiffres sont effrayants : 95 % des adultes sont exposés à un risque sanitaire par manque d’activité physique ou un trop long temps passé assis, 12 heures, c’est le temps passé assis par un adulte dans une journée de travail… Et chez les jeunes, ils ne sont guère plus glorieux : 80 % des 11-17 ans sont en dessous des seuils d’activité physique recommandés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en 2020, 66 % des adolescents font face à un risque sanitaire préoccupant du fait de la combinaison entre une trop grande inactivité et une dépendance aux écrans ou encore 50 % des jeunes de 16 à 30 ans déclarent passer plus de 6 heures devant les écrans…
« La sédentarité est devenue la norme pour les enfants et les adolescents. Nous en connaissons les conséquences : depuis 40 ans, les jeunes de 9 à 16 ans ont perdu 25 % de leur capacité physique, rapporte Luc-Michel Gorre, coordonnateur des Parcours du cœur Hauts-de-France. C’est-à-dire qu’ils courent moins vite et moins longtemps. En moyenne, un enfant courait 600 mètres en 3 minutes en 1971. Il lui en faut aujourd’hui 4 pour parcourir la même distance. Cette évolution est liée à la progression du surpoids et de l’obésité chez les jeunes, ainsi que de la sédentarité. Rappelons que la capacité physique est le meilleur marqueur actuel d’espérance de vie. » Si les choses se poursuivent ainsi, nous préparons la première génération qui pourrait avoir une espérance de vie plus courte que celle de ses parents.
Mais la bonne nouvelle, c’est qu’il est encore temps de faire bouger les choses ! Et les recommandations de l’OMS pour l’activité physique sont à la portée de chacun : 150 minutes d’intensité modérée ou au moins 75 minutes d’intensité soutenue par semaine… Que l’on peut simplifier par 30 minutes d’activité physique modérée par jour, ce qui représente environ 4 000 pas. Et la professeur Claire Mounier-Véhier, présidente de l’Association de cardiologie Nord-Pas de Calais de la Fédération française de cardiologie de prévenir : « Il ne suffit pas de courir deux heures le week-end pour compenser l’inactivité de la semaine. Est-ce que cela vous viendrait à l’idée d’avaler tous vos médicaments en une seule fois le dimanche ? Il faut bouger un peu chaque jour. Et c’est particulièrement important pour les femmes, qui font plutôt moins d’activité physique que les hommes. »
Car on ne le répète jamais assez mais pratiquer une activité physique régulière diminue les risques de développer une pathologie chronique de 20 à 30 % (infarctus, AVC, Alzheimer, cancer…). Et c’est d’autant plus important dans les Hauts-de-France où les chiffres sont moins bons qu’ailleurs : « La mortalité cardio-vasculaire prématurée, avant 65 ans, est de 44 % supérieure à la moyenne nationale dans le Nord-Pas de Calais et de 17 % en Picardie », rappelle Philippe Sallé, président de l’association de cardiologie Picardie de la Fédération française de cardiologie.
Sans oublier qu’aux côtés d’autres traitements classiques, l’activité physique est également fondamentale pour combattre toutes les pathologies. Enfin, c’est aussi le meilleur des « médicaments » pour combattre le stress et la dépression.
Pour toutes ses raisons, depuis 50 ans, les Parcours du cœur se sont donné pour mission de donner l’envie à tout le monde de pratiquer une activité physique au quotidien en fédérant des équipes autour de projets de prévention-santé. Pour cette nouvelle édition qui se déroulera entre le 1er avril et le 30 juin, 600 parcours du cœur sont organisés à travers la région pour le grand public et 8 000 classes participeront à 820 parcours du cœur scolaires. Et toujours avec la même recette depuis 50 ans qui a fait de ce rendez-vous un événement incontournable : « Pas de compétition, pas de premier ni de dernier, l’essentiel est de participer et de recommencer le plus souvent possible ! » Car l’ambition des Parcours du cœur est bien là : « Se bouger ensemble une fois dans l’année pour le faire ensuite tous les jours », insiste Luc-Michel Gorre.
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Cette année, les organisateurs espèrent ainsi rassembler près de 300 000 personnes dont 200 000 élèves, « ce qui représente 20 % des enfants scolarisés dans les Hauts-de-France », se félicite le coordonnateur des Parcours du cœur Hauts-de-France. Alors avis aux amateurs, il y a forcément un Parcours du cœur organisé près de chez vous !
Hélène Graffeuille

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