Votre météo par ville

Les retours des néonicotinoïdes sous certaines conditions

08-01-2021

Actualité

Culture

Les néonicotinoïdes n’ont pas fini de faire couler beaucoup d’encre. À la suite de la remise d’un rapport de l’Anses, les planteurs de betteraves utilisant les semences protégées par ces molécules doivent revoir leur rotation sur au moins trois ans.

Les planteurs de betteraves sont appelés à amender la consultation publique concernant l’utilisation des néonicotinoïdes. © J-C.Gutner

Depuis l’annonce de la dérogation permettant d’utiliser les néonicotinoïdes dans les semences de betteraves, les choses ont tourné. Pour la filière betteravière française, c’est la désillusion. « Lorsque nous avons négocié avec le ministre de l’Agriculture, nous avions obtenu cette dérogation à condition que nous n’implantions pas de culture à fleur l’année suivante« , explique Emmanuel Pigeon, directeur de la CGB (confédération générale des planteurs de betteraves) Nord-Pas de Calais à l’occasion d’une réunion en ligne le jeudi 7 janvier 2021.

Mais depuis, la donne a changé. Les ministères de l’Agriculture et de la Transition écologique ont commandé un rapport à l’Anses (Agence nationale de la sécurité sanitaire) sur les modalités d’application de cette dérogation. Et là, c’est la douche froide. « On nous demande de modifier notre rotation sur trois ans« , s’insurge Christophe Mullie, président de la CGB Nord-Pas de Calais.

Vers une simplification des rotations

En résumé, pas de maïs, ni de pommes de terre en année N+1 (ce qui représente 8 % de la sole régionale). Pas de colza, lin ni légumes en N+2 (soit 20 % de la sole actuelle).

« Les contraintes sont importantes et les conséquences économiques également, explique Thimothé Masson, responsable du service économique à la CGB. Si on modifie la rotation classique des Hauts-de-France en n’implantant pas 20 hectares de lin avant trois années précédant la culture de betteraves, nous avons estimé la perte à 4 000 euros. »

Sans compter les impacts agronomiques et écologiques. « La culture de colza est en sursis. S’il devient de plus en plus difficile de l’intégrer dans nos rotations, nous allons la laisser tomber« , intervient Christophe Mullie. Un non-sens aux yeux de la filière, quand on sait que des millions sont sur la table pour relancer un énième plan protéines.

Consultation publique

Toutefois, les jeux ne sont pas encore faits. Le projet d’arrêté est désormais en consultation publique. « Chaque planteur de betteraves est appelé à amender cette consultation afin que le projet soit réécrit« , interpelle Christophe Mullie. Toutefois, il faut aller vite.

« Il ne s’agit pas de modifier complètement le texte, car dans ce cas, le temps jouera contre nous, la dérogation ne sera pas effective avant que les semenciers puissent livrer les semences, explique Thimothé Masson. Il s’agit juste de simplifier le texte et de rendre ces conditions plus proches de la réalité du terrain et donc plus faciles à appliquer. »

Car avec ces obligations, nombreux sont les planteurs qui annoncent ne pas vouloir utiliser des semences protégées par les néonicotinoïdes ou tout simplement supprimer les betteraves de leur rotation.

Retrouvez la consultation publique ici.

Lucie Debuire

Facebook Twitter LinkedIn Google Email
Des agriculteurs manifestent à Bailleul samedi 16 janvier
Des agriculteurs du canton d’Hazebrouck prévoient de manifester samedi 16 janvier 2021 à Bailleul (59). Leur but [...]
Lire la suite ...

Visite de ferme bio : « Valoriser ses productions en grandes cultures »
L’association Bio en Hauts-de-France organise une visite de ferme sur le thème « Valoriser ses productions en g [...]
Lire la suite ...

Hervé, nouveau candidat des Hauts-de-France à l’Amour est dans le pré !
Les candidats de la 16ème saison de l'émission télévisée L'Amour est dans le pré viennent d'être dévoilés. Herv [...]
Lire la suite ...

Nutrition animale: « J’ai créé les produits dont j’avais besoin »
Ingénieure agronome et passionnée de chevaux depuis son enfance, Agathe Chaine conçoit et vend des produits de soin e [...]
Lire la suite ...

La ferme Pollet et ses 36 bovins au cœur d’une polémique
Taxée de "ferme de l'horreur" par des associations de défense des animaux qui ont manifesté le 9 janvierà Lille, la [...]
Lire la suite ...

Stockage des pommes de terre : « C’est une année de découverte »
Cette année, sans CIPC, le stockage des pommes de terre s'avère compliqué. Comment s'organisent les producteurs ? Re [...]
Lire la suite ...

Au cœur des terres

#terresetterritoires