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10-06-2026

La bienfaitrice association des Plantes compagnes et du colza

Pour renforcer la robustesse du colza face aux ravageurs d’automne, les plantes compagnes offrent des atouts : croissance continue, réduction des larves, amélioration de la fertilité et gains de rendement.

4 minutes

Colza associé à la lentille. © Laurent Jung

La réussite du colza dans les secteurs concernés par les problèmes d’insectes d’automne (altise d’hiver et charançon du bourgeon terminal) passe par l’obtention d’un colza robuste.

Les plantes compagnes peuvent alors être de sérieuses alliées en favorisant la croissance continue du colza durant l’automne en améliorant le système racinaire (meilleure valorisation des ressources) et en concentrant l’azote dans les feuilles (ce qui retarde la faim d’azote).

Deuxième atout des plantes compagnes : la diminution de larves par plante. Les mécanismes explicatifs ne sont pas encore tous identifiés mais nous observons une diminution du nombre de larves par plante dans les colzas associés. La biomasse du couvert jouerait un rôle non négligeable avec un minimum de 300 à 500 g/m² à l’entrée de l’hiver.

Attention, il s’agit d’un levier à effet partiel qui ne permet pas à lui seul de supprimer les interventions insecticides surtout en cas de fortes infestations en larves.

L’effet sur la gestion des adventices est cependant limité. Les légumineuses ont une phase active de croissance décalée (500 à 700 °C base 0 depuis la levée) par rapport au colza (400 °C base 0 depuis la levée) qui ne permet pas de contrôler les levées d’adventices par extinction lumineuse ou concurrence. La moindre perturbation du sol lors d’un semis direct (disque ou dent) est plus efficace pour limiter les levées d’adventices.

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Pour tout type de sol ?

Dans les sols profonds ou fertiles (apport de matière organique), il est plus fréquent d’obtenir des colzas développés en entrée hiver (1 500 g/m² – 60 g/plante), ce qui limite la pertinence des plantes compagnes. Malgré tout, la présence de légumineuses peut avoir un effet global sur la fertilité du sol (microbiologie du sol).

Dans les sols superficiels, où il est plus difficile d’avoir de fortes biomasses à l’entrée de l’hiver, l’association avec des légumineuses trouve son intérêt. En effet, la biomasse des plantes compagnes sera complémentaire de la biomasse du colza.

L’utilisation de couverts avec des petites graines est recommandée car elle permet de s’affranchir d’un semoir spécifique.

En intégrant ces bénéfices, des gains de rendement sont souvent observés (jusqu’à six quintaux par hectare selon les années et le contrôle du couvert associé en sortie hiver). Des effets sur la nutrition de la culture suivante (céréale) sont également visibles.

Quelles plantes associer au colza ?

En plantes compagnes, il faut privilégier les légumineuses car elles ont une phase de croissance active décalée. Ce qui laisse le temps au colza d’installer son peuplement. Cela permet également de donner l’avantage au colza dans des situations contraintes par l’eau. Les associations de couverts sont recommandées pour atteindre l’objectif de biomasse de 300 à 500 g/m².

La féverole est intéressante pour son effet biomasse et structure, notamment dans les sols hydromorphes. Son gros PMG nécessite suffisamment d’eau pour assurer la levée et d’adapter la technique de semis (semis avant le colza ou semoir avec plusieurs cuves).

L’utilisation de couverts avec des petites graines est recommandée car elle permet de s’affranchir d’un semoir spécifique. La lentille, le fenugrec et le trèfle d’Alexandrie sont de bons partenaires au colza (voir aussi le tableau). Ces graines se mélangent très bien dans la même cuve que le colza. Cela évite les passages supplémentaires d’outils ou de semoir qui assécheraient inutilement le sol au moment du semis ! Privilégier la féverole et le fenugrec dans les parcelles avec un retour de plantes sensibles à l’aphanomyces.

L’utilisation d’espèces non légumineuses (tournesol, niger, sarrasin, …) est possible mais dans des proportions limitées pour réduire la concurrence (trois à cinq pieds/m²).

Adapter l’itinéraire technique

La réussite des plantes compagnes (bonne couverture et atteinte de la biomasse souhaitée) passe par une adaptation de l’itinéraire technique.

  • Anticiper la date de semis du colza de quelques jours (environ 10 jours en étant opportuniste avec les épisodes de pluie). L’objectif est de profiter des jours longs pour favoriser la croissance du colza et des plantes compagnes.
  • Limiter les passages pour ne pas assécher le sol.
  • Ne pas augmenter la densité de semis du colza (45 plantes/m² maxi).
  • Adapter le programme herbicide. Adapter les doses (50 à 80 %) et privilégier les interventions de post-levée (cotylédons- trois à quatre feuilles du colza) pour limiter le risque phyto notamment sur les lentilles. Avec le développement des solutions de post-levée (Mozzar / Belkar- FOX- Ielo/Biwix), il est maintenant possible d’assurer un désherbage satisfaisant tout en permettant au couvert de montrer ses bénéfices. Une destruction chimique durant octobre ou novembre est envisageable. 

Michael Geloen, avec Terres Inovia

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