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09-04-2020

Pâques : y aura-t-il de l’agneau au menu ?

Cette crise du coronavirus aura décidément de quoi nous faire tourner en bourrique. Quand certaines denrées disparaissent rapidement des rayons comme les œufs ou la farine, d’autres en revanche sont boudées. Et l’agneau dans tout ça alors qu’approchent les cloches ?

Cette année, pas de grande tablée pour Pâques, les petites portions seront privilégiées par les consommateurs, c’est ce qu’espère du moins la filière. © Freepik

Oubliées les grandes tablées. Pour cette année tout du moins, c’est loupé. Alors que l’on fait normalement sa fête au mouton à la mi-avril pour Pâques, le confinement risque d’être particulièrement douloureux pour la filière. 

Pour Maurice Huet, président de la section ovins d’Interbev, « la crise arrive au pire moment, pour les fêtes de Pâques, une période où les familles se réunissent et dégustent cette viande festive, le gigot ou l’épaule d’agneau. Et ensuite arrive le Ramadan, où là aussi, la consommation d’agneaux est à son pic ».

Depuis fin mars, les commandes se sont effondrées, entraînant des baisses de prix. Sur un agneau de 20 kg, qui se négocie habituellement autour de 120/150 euros, la baisse atteint 20 euros. Alors que d’habitude les ventes du mois d’avril représentent le double de celles des autres mois, celles-ci sont en chute libre depuis le 20 mars.

Sur les 500 000 agneaux à abattre pour ce mois d’avril, 100 000 pourraient rester invendus. Et ce, alors même que les enseignes se sont engagées à privilégier l’agneau français aux dépens des importations des îles britanniques ou de Nouvelle-Zélande.

Plus petites portions

Une campagne de promotion a été lancée pour titiller le consommateur avec des messages radio et des idées de recettes. Faute de fête, le mouton français peut se consommer en plus petit comité rappelle ainsi la filière.

Les opérateurs proposent d’ailleurs des portions individuelles pour permettre à la viande d’agneau d’être présente dans les « drives ». Car, bien qu’elle représente une infime partie du marché, c’est peut-être au niveau de la vente de proximité, qui explose en ce moment, que l’on peut encore espérer des débouchés.

Les magasins de producteurs n’hésitent pas à mettre en avant les éleveurs pour proposer des pièces à la commande, comme chez Talents de Fermes à Wambrechies.

« Nous avons aussi ce rôle, en tant qu’artisans-bouchers, d’orienter vers certains produits et d’apporter des explications sur la cuisson, la recette, indique Laurent Rigaud, président des artisans-bouchers charcutiers traiteurs du Nord qui se veut confiant. Les gens ont plus de temps, ils se remettent à cuisiner. »

Terres et Territoires - Le MODEF s'inquiète pour les filières ovines et caprines
© Pixabay

Forcément, il l’admet, les portions vont diminuer : « On ne sera pas sur des tablées de 12 personnes, il faudra proposer des gigots raccourcis, mais en revanche, comme il n’y aura pas de repas de famille, les ventes pourront davantage s’étaler dans le temps que d’habitude. »

Négociant et boucher, l’entreprise Fagoo à Saint-Omer confirme que les commandes de viandes vont bon train en ces temps de confinement. Mais pour l’agneau, « il est encore trop tôt pour le dire… On vendra un peu d’épaule, de souris, mais on n’aura sûrement pas l’effet Pâques des autres années. » 

« Ceux qui ont de beaux agneaux les vendront, c’est ce que je souhaite, souffle Laurent Rigaud, il faut rester optimistes, et pour ça, le chocolat est le meilleur des médicaments ! »

Agathe Villemagne Avec Agrapresse

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Élevage ovin Événement Gastronomie viande

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