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08-10-2026

Le préfet du Pas-de-Calais s’initie à l’arrachage de betteraves

À La Couture, le préfet du Pas-de-Calais a suivi l’arrachage en direct des cabines. La filière en a profité pour lui présenter le premier bilan de campagne et les difficultés rencontrées notamment pour les ETA.

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De loin, seuls les véhicules regroupés le long de la parcelle signalent un chantier un peu particulier. À La Couture, l’arracheuse avance sous les yeux d’un petit groupe. Elle vide, repart, puis s’arrête après quelques tours. La porte s’ouvre : François-Xavier Lauch, préfet du Pas-de-Calais, descend de la cabine, sourire aux lèvres. « C’est impressionnant ! Toute cette technologie ! » Puis il revient, très sérieux, aux betteraves : elles s’arrachent trop facilement sur la parcelle, avec des pertes sur les côtés. Mais le rendement est bon.

Après une première rencontre au printemps, les betteraviers avaient invité le représentant de l’État à découvrir la récolte au champ. Avant de prendre les commandes, celui-ci a échangé avec les représentants de la filière et des entreprises de travaux agricoles. Mais dans la cabine, les explications prennent une autre dimension. Débits affichés en direct, correction des trajectoires, outils intégrés : le préfet découvre la technicité d’une culture très présente dans son département.

Au pied de la machine, le bilan de campagne donne matière à discuter. « Le Nord-Pas de Calais s’en sort bien mais les autres bassins de production ne sont pas aussi chanceux », souligne Guillaume Wullens, président de la CGB. Avec environ 85 t/ha, le rendement régional se situe dans la moyenne quinquennale. La richesse déçoit davantage : autour de 16,5 à 17 %, contre 17,5 à 18 % habituellement, indique-t-il.

Les pluies de fin août ont fait reverdir les betteraves, relancé leur végétation et permis d’arracher dans de bonnes conditions. La contrepartie se mesure en sucre : les plantes ont refait de la feuille et leur richesse a diminué. « Sans la pluie, on n’aurait pas pu arracher », rappelle Guillaume Wullens. Dans cette campagne difficile à l’échelle nationale, le responsable situe le Nord-Pas-de-Calais, avec la Seine-Maritime, parmi les exceptions.

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10 ans de déterrage sur départementale

La visite se poursuit avec le déterrage. Pour les betteraviers, cette étape mérite autant d’attention que le passage de l’arracheuse. Selon Guillaume Wullens, le déterrage et l’amélioration des machines ont fait passer la proportion de terre dans les volumes chargés de 30 à 10 %. Il chiffre à près de 15 000 le nombre de camions ainsi évités dans la région.

Encore faut-il pouvoir organiser ces chantiers, notamment le long des départementales. C’est l’un des messages que la profession souhaite faire passer au préfet. Guillaume Wullens rappelle qu’un arrêté permet cette pratique depuis 2017. « L’enjeu est concret pour la sucrerie de Lillers, plus d’un tiers des silos sont repris sur départementale », précise-t-il.

Les engins impressionnent et les ralentissements suscitent des plaintes « qui doivent forcément remonter au préfet », sourit le représentant des planteurs. Il insiste sur l’organisation mise en place : les opérations se déroulent le plus souvent de nuit et les camions attendent leur tour plus loin pour éviter d’obstruer la route. Il affirme qu’aucun accident n’a eu lieu sur ces chantiers depuis l’entrée en vigueur de l’arrêté. La démonstration au champ doit aussi permettre de faire comprendre ces contraintes.

Derrière les machines, les entreprises de travaux agricoles défendent, elles, l’équilibre de leurs prestations. Laure Toulouse, dirigeante de l’ETA Toulouse Achte, dans le Nord, est à la tête du chantier visité. Elle rappelle une particularité du déterrage : « On est payé au volume uniquement, le taux de sucre n’intervient pas et sans volume minimum assuré. » Lorsque les tonnages baissent, la rémunération du chantier en pâtit. Dans certains secteurs plus au sud, explique-t-elle, les volumes sont si faibles que les entreprises travaillent quasiment à perte.

À cette fragilité s’ajoute le poids du carburant. Mathilde Clément, déléguée régionale Entrepreneurs des Hauts-de-France, indique qu’il représente 25 % du coût de la prestation. Elle alerte également sur les aides exceptionnelles au GNR qui tardent à être versées. La relative résistance des rendements régionaux ne doit donc pas masquer les difficultés des prestataires ni celles des autres bassins.

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« Celui qui est conscient de la filière peut l’aider »

Dans le Nord-Pas de Calais, l’arrachage devrait se poursuivre jusqu’à la mi-décembre et la campagne sucrière jusqu’à la mi-janvier. Aucune réduction de campagne n’y a été annoncée, contrairement à d’autres bassins où la baisse de rythme aura des répercussions sur l’ensemble de la filière, prévient-il. Pour la suite de la campagne, il espère que le temps se maintienne. « On a de la chance, la météo est idéale pour la récolte. »

Face aux inquiétudes exprimées, François-Xavier Lauch affirme avoir bien entendu et mieux saisir les enjeux grâce à cette journée sur le terrain. « Celui qui est conscient de la filière peut l’aider davantage », affirme-t-il. Il salue l’adaptation de celle-ci, qui a décalé le début de campagne et l’ouverture des sucreries, ainsi que l’attention portée aux planteurs dans l’application des clauses contractuelles, à la demande de la préfecture.

Sur l’eau, le préfet entend les besoins, mais rappelle la contrainte : « Toutes les filières viennent me voir pour en demander. Mais je dois aussi prendre en compte que la ressource même va diminuer. » Il défend donc la recherche de moyens pour conserver l’eau hivernale au bénéfice de tous les usagers et cite Irrig’eau comme un outil à mobiliser, tout en poursuivant les discussions sur l’arrêté cadre.

Le préfet repart avec une vision plus concrète de la filière. Et une envie suscitée par son passage aux commandes : « Revenir passer une journée dans une arracheuse pour me changer les idées ! »

Maxime Schilt

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Betterave Pas-de-Calais Politique

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