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| Par Virginie Pruvost
Le bilan de la campagne 2024-2025 pour les endiviers est clair : ce sera celle qui a permis d’inverser la tendance à la baisse des volumes depuis quelques années. « Après une production au plus bas en 2024, on remonte la pente grâce notamment à l’augmentation des surfaces », confirmait mardi Pierre Varlet, directeur de l’association de producteurs d’endives de France (Apef), lors du lancement, mardi, de la campagne 2026-2027 à Arras.
L’embellie, qui s’est traduite par l’augmentation des volumes commercialisés, a été portée par des conditions météorologiques favorables en 2025 : des précipitations lors des semis et un automne doux et pluvieux. La production française, réalisée à 90 % par les exploitants des Hauts-de-France, va atteindre les 134 300 tonnes, soit 4 % de plus par rapport à 2024-2023.
Mais cette embellie qui s’est prolongée durant la campagne 2025-2026 doit faire face à la concurrence des Belges et des Néerlandais de plus en présents sur le marché français et exerce une pression tarifaire importante sur les grossistes français et sur le marché de l’exportation. « L’importation a représenté 3,5 millions d’euros, poursuit-il. C’est une somme qui ne va pas dans la poche des producteurs français. » Il faut rappeler que la balance commerciale de l’endive en France est excédentaire, c’est-à-dire que l’on en exporte plus qu’on en importe. « C’est un des rares légumes pour qui cette situation existe », ponctue Philippe Bréhon, président de l’Apef.
Cet été, l’endive a profité de la rareté des salades sur les étals avec « une grosse progression des ventes en août » appuyant un phénomène constaté depuis trois ans « d’une augmentation de la consommation d’endives de juin à août », confirme Philippe Bréhon. Un représentant de grande surface a d’ailleurs confirmé qu’il avait demandé « de combler les linéaires de salades par de l’endive ».
Si cette endive d’été représente une opportunité pour gagner des parts de marché pour les années à venir, elle se heurte à un contexte de production particulier à ce légume comme l’explique un endivier : « Combien d’endiveries tournent en juillet août ? Nous travaillons, pour la plupart, avec des saisonniers donc c’est compliqué de poursuivre en été. De plus, conserver des endives jusqu’à l’été, ça coûte très cher, notamment en électricité… Et si on ne les vend pas cher, ça devient trop compliqué ! » « En tout cas, c’est une réflexion à mener si on veut gagner des parts de marché », conclut Pierre Varlet.
Pour cette nouvelle campagne qui débute, l’attrait des consommateurs pour l’endive reste stable mais surtout, les endiviers sont dans l’expectative après plusieurs épisodes caniculaires au moment où les racines se développaient, entraînant sur certaines parcelles des retards de calibre et une levée parfois incomplète.
« Les racines souffrent. Certaines ressemblent à des tubes de dentifrice vides. Nous risquons d’être en sous-production dans un mois », explique le président, en précisant que les premiers arrachages démarraient. « Mais nous gardons espoir pour les racines qui devraient arriver en novembre. Nous attendons la pluie. » Toutefois, certains endiviers ont toutefois pu tirer leur épingle du jeu grâce à l’irrigation mais ce n’est pas le cas de tout le monde.
Si depuis janvier, malgré les prix et le contexte économique, on observe une augmentation de la consommation de légumes en France (avec tout de même une baisse de la pomme de terre et une stabilité du fruit), l’endive bénéficie d’une place de choix dans le top 10 des légumes consommés. Un espoir supplémentaire, qui laisse place à des perspectives d’évolution du marché, pour les endiviers qui sont confrontés à des coûts de production en hausse : Smic, énergie, emballages, les engrais, etc.
Pour aider la filière, la communication reste donc un levier essentiel. Une vaste campagne sera lancée au début des vacances de la Toussaint dans 43 gares en France, notamment les parisiennes, mais aussi sur les réseaux sociaux, à la télévision, etc. avec ce message : « Et vous l’endive, vous l’aimez comment ? En salade ? En balade ? » Parce que ce légume reste méconnu et souffre de son manque de popularité (lire aussi l’encadré), cette campagne ne peut être qu’une opportunité pour séduire de nouveaux jeunes consommateurs et faire travailler toute une filière. Parce que comme le souligne un endivier : « Il faut donner aux jeunes producteurs l’envie de reprendre des endiveries » !

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