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| Par Dylan Pique

Dans l’étude « Aidants en ruralité : des contraintes invisibles, des besoins urgents », cofinancée par Agrica (groupe de protection sociale complémentaire dédié au monde agricole) et l’Ircem parue en mai dernier, les résultats mettent en avant une détresse plus importante chez les aidants venant en aide hors des zones urbaines. Alors que les territoires ruraux réunissent 88 % des communes françaises et représentent un tiers de la population en 2023.
« 16 % des aidants ruraux intervenant auprès d’un proche en ruralité ont connu un arrêt maladie (+ 12 pts au regard de leurs homologues en milieu urbain), tandis que 15 % ont eu recours à un congé de proche aidant (+ 10 points) afin d’accompagner leur proche sur une période prolongée ». Ou encore que « 16 % des aidants ruraux intervenant en ruralité ont augmenté leur temps de travail (+ 7 pts) » pour « compenser certaines dépenses liées à l’aidance, ou encore de s’extraire temporairement de leur rôle d’aidant ». Les aidants seraient plus âgés : 36 % ont 60 ans ou plus, « contre 29 % pour les urbains ».
Jessica Amoordon, directrice déléguée action sociale chez Agrica, réagit à ces résultats.
Notre objectif, c’était de documenter cette frange de la population. L’Agirc-Arrco avait déjà travaillé sur une étude concernant les aidants, de manière générale. Il nous manquait l’information propre du milieu rural. D’où l’idée de proposer cette étude sur les besoins des aidants en milieu rural pour adapter nos actions, en proposer de nouvelles.
On en a tiré plusieurs enseignements. Le premier, c’est la proximité et la fréquence de l’aide. On se rend compte que, par rapport à leurs homologues urbains, ces aidants habitent souvent avec la personne aidée. Donc, ça crée une proximité naturelle et évidente. Ils sont aussi plus âgés que leurs homologues urbains et plus souvent issus des classes ouvrières. En résumé, on se rend compte qu’on a des personnes plus âgées et des personnes avec des situations plus fragiles.
Dans le cadre de cette étude sur les aidants, l’idée était de mener des actions complémentaires avec la MSA, avec qui nous sommes déjà partenaires, a déjà une politique en direction des aidants. Comme avec l’AVMA — une association de tourisme social créée par la MSA — dont nous soutenons les actions en faveur des aidants. Ces actions permettent aux aidants de souffler dans un centre de séjour et à l’aidé d’être pris en charge dans ce même centre. On aimerait aussi poursuivre notre collaboration avec l’Unaf (Union nationale des associations familiales ndlr) pour travailler autour de la médiation familiale et la protection juridique des personnes vulnérables. Nous en avons plusieurs autres pistes d’action, mais nous savons que certaines demanderont un délai plus long. Notamment celle autour de la mobilité qui impacte plusieurs acteurs.
Ils peuvent appeler notre numéro vert 0800 944 333*, un conseiller sera à leur écoute pour leur proposer une solution adaptée à leurs besoins.
*Service et appel gratuits ouvert du lundi au vendredi de 9 h à 17 h. Il s’adresse aux salariés et retraités du monde agricole.

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