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10-09-2026
MFR de Rollancourt : 50 ans à faire grandir les jeunes
Créée en 1976, la Maison familiale rurale de Rollancourt célèbre cette année un demi-siècle d’histoire. De l’ancien Ireo spécialisé dans la poursuite d’études agricoles à la MFR actuelle, l’établissement a évolué…
Depuis 50 ans, la Maison familiale rurale (MFR) de Rollancourt accompagne les jeunes dans leur parcours de formation et leur entrée dans la vie professionnelle dans trois filières (agricole, équine et environnementale) avec toujours la même ambition : proposer une formation à taille humaine, au plus près du terrain et des réalités professionnelles.
Son histoire
Il y a 50 ans, en 1976, Jean-Claude Darque, alors directeur, est à l’origine de la création de l’établissement de Rollancourt. À l’époque, la structure n’est pas une MFR mais un Ireo (Institut rural d’éducation et d’orientation). Sa vocation est alors bien précise : permettre aux jeunes issus des MFR du Pas-de-Calais de poursuivre leur parcours de formation. Les établissements de Campagne-lès-Boulonnais, Berlencourt, Hucqueliers et Samer accueillaient notamment des jeunes jusqu’aux niveaux 4e, 3e ainsi que les BPA (Brevet professionnel agricole) ou BTA (Brevet de technicien agricole).« C’était la continuité, explique aujourd’hui Isabelle Martin, directrice de la MFR de Rollancourt. Les apprenants pouvaient poursuivre vers des formations de niveau bac et BTS. Toujours avec une volonté de notre part de rester à taille humaine. » Une volonté qui demeure aujourd’hui, avec environ 210 apprenants à la rentrée et une équipe d’une trentaine de personnes.
En 2010, l’établissement devient officiellement une MFR. Une évolution qui s’inscrit dans une réflexion menée au niveau national au sein du réseau : les MFR pouvant désormais proposer des formations allant jusqu’au BTS, la distinction historique avec les Ireo a donc perdu son sens.
Ses infrastructures
Depuis 1976, la MFR est installée dans le château de Rollancourt. À l’origine, Jean-Claude Darque cherchait un lieu permettant d’accueillir le futur établissement. Le château, alors laissé à l’abandon et ayant notamment été occupé par les Allemands pendant la Seconde Guerre mondiale, était l’endroit idéal. La proposition a été acceptée par son propriétaire, le comte de Bertoult. La MFR est aujourd’hui toujours locataire de cette partie historique du site.
Il y a environ six ans, la MFR a racheté le site de l’ancien moulin situé à proximité pour créer un nouvel internat et un pôle pédagogique.
Au fil des années, les bâtiments ont été adaptés aux besoins de l’établissement. Un réfectoire a été aménagé et certains espaces ont changé de fonction.
L’évolution la plus importante concerne l’internat. Les contraintes de sécurité liées à la structure du château ne permettent plus d’utiliser les étages comme dortoirs. Il y a environ six ans, la MFR a donc racheté l’ancien moulin situé à proximité. Après des travaux, un nouvel internat et un pôle pédagogique y ont été aménagés, avec trois salles de cours au rez-de-chaussée et une capacité de 88 places pour dormir.
L’internat de la MFR de Rollancourt dispose de 88 places.
La MFR dispose aussi d’une mare pédagogique, dont les jeunes ont participé à la réouverture afin de préserver la faune et la flore, qui permet aujourd’hui d’étudier le biotope. Un verger conservatoire a également été créé il y a deux ans, avec des arbres rustiques, (pommiers, poiriers et cerisiers). « L’objectif de ce verger est d’en récolter les fruits et de les transformer en jus », précise Isabelle Martin. Un verger qui illustre parfaitement la manière dont les différentes formations peuvent travailler ensemble. « Les BTS l’ont créé et l’entretiennent. Ils travaillent aussi sur la partie le marketing afin de commercialiser les produits. Et les élèves de Stav peuvent travailler sur la transformation. C’est une autre manière d’apprendre, concrètement, sur le terrain », résume Isabelle Martin.
« Favoriser l’épanouissement des jeunes, leur permettre de grandir sur le plan professionnel mais aussi personnel et les aider à trouver leur voie. » Voici la réponse d’Isabelle Martin lorsqu’on lui demande la philosophie de son établissement. Et d’ajouter : « La voie la plus rapide, c’est la ligne droite. Mais il y a des moments où on fait peut-être des détours. L’objectif, c’est d’arriver au but. » Une bifurcation n’est donc pas ici considérée comme une perte de temps, mais comme une expérience permettant d’acquérir d’autres compétences.
À Rollancourt, comme dans toutes les MFR, les apprenants disposent de périodes de stage afin de se confronter le plus rapidement possible à la réalité professionnelle.
Les moniteurs ont un rôle éducatif mais aussi social. Une dimension particulièrement visible dans la vie quotidienne de l’internat. Les élèves participent aux tâches communes : vaisselle, ménage, entretien de leur salle de cours… L’objectif est de les responsabiliser et de leur faire prendre conscience du travail réalisé par les autres. Et les effets se font généralement rapidement sentir : « Lors des premières réunions avec les parents, on nous dit souvent que des changements sont constatés. Mettre la table, faire son lit ou participer aux tâches quotidiennes deviennent des habitudes. »
Ce qui a changé en dix ans
La filière agricole est évidemment toujours très présente à la MFR. Mais, au fil des années, l’établissement s’est diversifié notamment avec une filière équine. « Nous avons un CAPA palefrenier-soigneur, un diplôme pour devenir responsable de petite structure équestre, le BPJEPS éducateur sportif, mention équitation, qui prépare notamment au métier de moniteur d’équitation », énumère la directrice.
Une filière environnementale a également été créée, « un domaine où les enjeux seront nombreux sur les prochaines années, on s’en est encore rendu compte cet été », souligne Isabelle Martin. Les apprenants s’y forment à la gestion des milieux naturels, à la préservation de la biodiversité ou encore à l’animation autour des questions environnementales. Une évolution qui rejoint celle du monde agricole lui-même. « De plus en plus, il va y avoir ce lien avec l’agroécologie, avec la restauration des haies, la préservation des berges… », détaille Isabelle Martin. Le changement climatique amène en effet les professionnels à repenser leurs pratiques. La prise en compte de l’environnement s’étend également aux formations équines : « Gestion du fumier, récupération de l’eau, conception des bâtiments, bien-être animal ou encore conditions de travail des salariés… », énumère encore la directrice.
Les outils pédagogiques ont, eux aussi, évolué. Des tableaux interactifs et un simulateur de conduite d’engin agricole ont notamment fait leur entrée à la MFR. Les applications ont remplacé certains ouvrages utilisés autrefois pour la reconnaissance des espèces. Sans oublier l’intelligence artificielle qui fait progressivement son entrée dans les apprentissages. « On leur apprend à s’en servir à bon escient, sans perdre leur esprit critique, notamment en vérifiant les sources. Il faut aussi rester maître de son écrit et de sa manière de penser. »
Les outils pédagogiques ont évolué. Des tableaux interactifs ont fait leur entrée dans les salles de classes.
Les projets
La célébration de ce demi-siècle est l’occasion de regarder le chemin parcouru, mais aussi de se tourner vers l’avenir. « Le samedi 19 septembre nous organisons une fête à laquelle tout le monde est convié. Il y aura des visites de nos locaux et l’après-midi se poursuivra par un repas et une soirée dansante », avance Isabelle Martin.
D’autres événements seront également organisés tout au long de l’année avec notamment une exposition photo pour montrer l’évolution du site notamment. « À plus long terme, nous allons continuer de rénover l’établissement », ajoute la directrice.