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| Par Agra Presse et la Rédaction
À l’occasion d’une conférence de presse ce 4 septembre, la ministre de l’Agriculture a présenté un plan de soutien d’urgence (plan CASI) qui vise les agriculteurs victimes de la sécheresse. Deux jours plus tôt, le ministère de l’Économie estimait que la valeur ajoutée du secteur agricole serait en recul de 8 % sur l’année 2026.
La principale mesure va consister à abonder le fonds de gestion des risques (FNGRA) d’environ 400 millions d’euros pour pouvoir verser les indemnités de solidarité nationale (ISN), dont le besoin pour la sécheresse est estimé à 520 millions d’euros. Ce faisant, l’acompte de l’ISN va passer de 50 à 70 %. L’équipe d’Annie Genevard précise qu’une partie de cette enveloppe sera financée par le projet de loi de finances (PLF) pour 2027.
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La ministre a d’ores et déjà annoncé que la période de référence du système assurantiel va passer des cinq aux huit dernières années à partir de 2027 — cela concerne aussi bien l’ISN que les primes versées par les assureurs. Par ailleurs, le niveau d’avance d’aide PAC va passer de 70 à 75 % dès cette année.
L’Etat va également alléger les niveaux de prélèvement chez les agriculteurs. Annie Genevard a annoncé une enveloppe de 300 millions d’euros dédiée au dégrèvement de TFNB (taxe sur le foncier non bâti). Et 20 millions d’euros supplémentaires vont être alloués aux prises en charge de cotisation.
Par ailleurs, un « fonds de réarmement », doté de 220 millions d’euros, va être mis à disposition des préfets, pour aider les agriculteurs à poursuivre la production (ex : achat d’intrants). Il doit être mis en œuvre dès la semaine prochaine. Le fléchage géographique du dispositif n’est pas encore arrêté, mais devrait notamment privilégier les zones où le maraîchage est prépondérant. Son financement provient du dégel de budgets du ministère et d’efforts demandés par Matignon dans d’autres ministères.
La ministre a aussi annoncé que la période d’éligibilité au guichet d’aide aux achats d’engrais va être prolongée jusqu’au 31 décembre. L’enveloppe à partager ne change pas, mais cette mesure était demandée par les maïsiculteurs qui réalisent, pour beaucoup, leurs achats à l’automne.
Enfin, un « plan de rebond » sera annoncé dans un second temps, qui dépendra des débats budgétaires de l’automne, qui inclura notamment le financement des « projets d’avenir ». Selon nos informations, la ministre projetait, ces derniers jours, de flécher 17 millions d’euros de reliquats d’aide bio, vers les « investissements d’avenir ».
Sébastien Lecornu avait promis le 30 août « un plan de soutien et de sauvetage » pour aider les agriculteurs à « passer l’hiver » après un été de sécheresse, puis « un plan de relance pour 2027 » pour la filière, dans un entretien accordé au Parisien. « L’agriculture, c’est mon dossier numéro un de la rentrée. Il faut agir et vite », a déclaré le Premier ministre. « La ministre Annie Genevard a démarré les consultations, je vais m’y impliquer à ses côtés. On va faire du sur-mesure. Ces dispositions seront dans le budget 2027 », a-t-il ajouté.
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Le chef du gouvernement a par ailleurs annoncé le prolongement des aides à l’achat de carburant, pour « les filières impactées et les travailleurs les plus modestes ». Les modalités de cette reconduction n’ont pas été précisées.
Dans un communiqué le 1er septembre, les associations spécialisées grandes cultures de la FNSEA (AGPB, AGPM, CGB, Fop, UNPT) avaient réclamé une aide directe à la trésorerie des producteurs de 450 €/ha. Les organisations justifient leur demande par la chute des volumes de productions consécutive aux épisodes de canicules et de sécheresse. Cette baisse s’élèverait, pour l’instant, à 45 % en maïs, à 30 % en tournesol, à 23 % en pommes de terre, à 20 % en betteraves et à 11 % en céréales à paille. La dégringolade de la récolte française 2026 engendrerait un manque à gagner pour les producteurs estimé à environ 6,5 milliards d’euros, précisent les associations spécialisées.
Quant à « l’enveloppe nécessaire au maintien des troupeaux herbivores en France, elle s’élève à 5,4 Md€ « , chiffrent la FNB, FNPL, FNO et Fnec. Cette somme correspond aux seuls besoins d’achats de fourrages, sachant que les syndicats » corroborent » la chute de 50 % des stocks estimée par les préfets. Les représentants des éleveurs demandent une enveloppe de 3 Md€ d’aides publiques, soit environ 300 €/UGB (unité gros bovin) pour les 10,6 millions d’UGB présents en France (bovins, ovins et caprins). Pour compenser le reste des pertes (soit 2,4 Md€), les syndicats appellent leurs filières respectives à » revaloriser » les prix à la production.
Agra Presse

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