Enseignement. Plus de 200 élèves, de la 4e au BTS, étudient à la Maison familiale rurale de Berlencourt-le-Cauroy (62). Si cet établissement forme aux métiers de l’agriculture, il s’est aussi spécialisé dans le secteur félin et canin et compte bien s’y faire une place de choix.
La MFR Berlencourt a été créée en 1973. Et la vie n’a pas toujours été un long fleuve tranquille pour l’établissement.
À l’origine, il était orienté sur les filières agricole et horticole. « Mais au début des années 2000, nous avons failli fermer par manque d’effectif, explique Arnaud Findinier, le directeur. La Direction régionale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt (Draaf) a bien fait les choses en faisant alors le choix de faire perdurer tous les établissements existants en les spécialisant. C’est ainsi que la MFR de Berlencourt-le-Cauroy s’est lancée dans l’aventure des formations aux métiers de l’élevage canin et félin. » Et d’ajouter : « Nous sommes les seuls à les proposer dans les Hauts-de-France. »
Puis en 2004, nouveau coup dur : la commission de sécurité passe dans les locaux de la MFR et les juge plus aux normes. « Pour éviter la fermeture immédiate, les membres du conseil d’administration ainsi que l’équipe ont relevé leurs manches afin de transformer les dortoirs en salles de cours. le tout en un week-end ! C’est l’une des forces des MFR : des équipes solidaires », s’enorgueillit Arnaud Findinier. Les élèves ont ainsi pu terminer l’année là où ils l’avaient commencé. À la rentrée suivante, les cours se sont déroulées à Sainte-Cécile, le temps que les travaux se fassent. Une délocalisation qui a duré 18 mois, jusqu’en janvier 2006. Des péripéties qui n’ont finalement pas empêché la MFR de Berlencourt de fêter ses 50 ans l’an passé !
Dans la maison-mère se trouvent aujourd’hui le pôle administratif, les bureaux pédagogiques, le réfectoire ainsi qu’un espace lecture pour les élèves. Autour, il y a six salles de cours, une salle informatique, un foyer détente ainsi qu’un chenil. Car oui, ici, élèves et professeurs sont autorisés à venir avec leurs compagnons à quatre pattes. Pan, Smiley ou encore Ollie sont devenus les mascottes de la MFR. « Ils assistent même parfois aux cours, dans les salles de classe », sourit le directeur. Les boules de poils servent également pour dispenser les cours, notamment pour ceux qui suivent les formations de conduite d’activité d’élevage et d’hébergement dans les secteurs félin et canin. Une autre des particularités de la MFR de Berlencourt est que son internat ne se trouve pas au même endroit que là où se déroulent les cours. Les élèves doivent parcourir quelques centaines de mètres à travers le village. Un moment qui rythme la vie de cette commune de moins de 300 âmes.
Près de 80 % des effectifs de la MFR sont inscrits dans la filière canine et féline, « un secteur qui connaît une grande mutation depuis une vingtaine d’années et nous sommes là pour nous adapter aux besoins du grand public ». L’établissement possède d’ailleurs un atout de taille : Isabelle Fasquelle fait partie des intervenants. Cette dernière a remporté le titre de championne du monde d’agility et est une ancienne sélectionneuse de l’équipe de France dans le domaine. « C’est un peu comme si j’avais Laurent Blanc parmi mes intervenants », plaisante Arnaud Findinier avant d’ajouter fièrement : « C’est une chance pour les jeunes. Sans oublier le reste de l’équipe de la MFR, tout aussi compétent. »
Les autres élèves suivent des formations dédiées au secteur agricole : « C’est un pan auquel nous attachons également une grande importance, insiste le directeur. Nous sommes sur un territoire agricole et notre rôle est d’être à l’écoute de ses acteurs et de répondre à leurs besoins. »
À la MFR de Berlencourt-le-Cauroy, comme dans toutes les autres, l’apprentissage se fait par alternance, « c’est une valeur éducative primordiale chez nous, sur laquelle nous ne reviendrons jamais », souligne Arnaud Findinier. Et le côté familial a aussi toute son importance : « On parle beaucoup de citoyenneté, de civisme, de vivre ensemble… C’est ce que nous essayons, également de transmettre à nos élèves. Ici, tout le monde participe à l’entretien des lieux de vie, ils font la vaisselle, passent le balai, ramassent les poubelles… Bref ils participent à la vie de la maison ». Tous les membres du personnel sont appelés par leur prénom auquel les élèves doivent ajouter « Monsieur » ou « Madame » : « Cela crée une proximité tout en gardant une forme d’autorité », résume Monsieur Arnaud. Et de conclure : « Ce que nous souhaitons c’est que nos élèves se sentent bien et vivent bien leur scolarité. »
Ces 10 dernières années, l’arrivée du BTS Univers jardin et animaux de compagnie a été une petite révolution pour la MFR qui, jusqu’à présent, n’accueillait que des élèves scolarisés jusqu’au bac. « Pour la première fois, nous avions des jeunes adultes face à nous. Cela a mené à une remise en question de nos valeurs éducatives car nous ne pouvions pas les accompagner comme des jeunes. Tous les acteurs de la formation se sont mobilisés, ils ont su faire des propositions et s’adapter. J’ai la chance de travailler avec des gens très brillants. »
Les échanges avec l’étranger se sont aussi beaucoup développés ces dernières années, notamment avec le programme Erasmus. « La plupart de nos élèves viennent du secteur, ils vont en stage à quelques kilomètres de chez eux et n’ont pas forcément l’occasion de voir autre chose. Erasmus permet de s’ouvrir un peu sur le monde, de prendre l’avion, de découvrir une langue étrangère, une autre culture… » La MFR participe également au programme Amva de la MSA qui permet d’organiser des voyages d’étude, « c’est essentiel de promouvoir la mobilité. »
À l’avenir, Arnaud Findinier et ses équipes souhaitent étoffer leur offre de formation. Ils réfléchissent à un nouveau diplôme en lien avec les soins des animaux orienté sur le toilettage, la cosmétologie, l’éducation et la santé animale. « L’objectif est de devenir à moyen terme le lieu de formation privilégié pour tous les acteurs du secteur cynophile pour les jeunes et pour les adultes », avance le directeur.
Ce dernier souhaiterait également voir s’installer une salle de sport à côté de la MFR. Il y a un réel besoin d’autant que sur Berlencourt-le-Cauroy, à quelques mètres de la MFR, il y a un Regroupement pédagogique intercommunal concentré qui accueille 300 élèves. Une salle qui pourrait évidemment être à usage sportif mais pas seulement. « Elle pourrait servir également à la filière canine car il nous arrive d’accueillir des concours d’exposition. Aujourd’hui, deux clubs organisent leur événement chez nous, j’ai de la demande mais nous ne possédons pas les infrastructures pour faire plus. Si nous pouvions obtenir cette salle, nous pourrions faire de Berlencourt-le-Cauroy, the place to be pour la filière canine », avance Arnaud Findinier.
Hélène Graffeuille

Actualité

Actualité
Agroalimentaire, Innovation, Transformation

Actualité
Agroalimentaire, Distribution, Innovation

Actualité
Agroalimentaire, Distribution, Innovation, Transformation

Actualité
Agriculture, Agroalimentaire, Culture, Innovation

Vivre et travailler ensemble : la vie d’un couple à la ferme !
par Hélène Grafeuille
Ecoutez leur histoire !
