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14-01-2026

Décarbonation : les entreprises se mobilisent

Comment s’engager dans une stratégie de décarbonation sans toucher à la compétitivité des entreprises ? Une question que bon nombre d’acteurs de l’agroalimentaire se posent. Plusieurs d’entre eux ont présenté leurs actions lors du World forum for a responsible economy.

Anne Preuvot, Mathilde Rueda, Kristell Guizouarn, Benjamin Duché, Pascale Nempont et Sandrine Delory participaient à la conférence. © H. G.

Le World Forum for a responsible economy, organisé par le Réseau Alliances s’est déroulé à Marcq-en-Barœul les 25 et 26 novembre. Un événement durant lequel une conférence baptisée Responsabilité territoriale des entreprises (RTE) : dépassons nos contradictions pour (ré) générer nos territoires ! était organisée.

Autour de Sandrine Delory, vice-présidente du réseau Alliances et engagée dans la responsabilité sociétale des entreprises, plusieurs acteurs agroalimentaires de la région y ont exposé leurs initiatives pour décarboner le secteur de l’amont à l’aval.

Plus que multiplier les actions, l’important en agriculture est de travailler de manière transversale, de l’amont à l’aval.

« Dans l’agriculture, le changement climatique, ce n’est pas demain, on est dedans, insiste Pascale Nempont, chef du pôle innovation, stratégie et prospective à la chambre d’agriculture des Hauts-de-France. L’important n’est donc pas de multiplier les démarches mais de travailler en transversalité afin de donner ce coup de pouce primordial pour dérisquer l’agriculture et que cela soit réparti sur l’ensemble de la chaîne de valeur. » Et les acteurs présents l’ont bien compris.

Benjamin Duché, responsable agriculture régénératrice chez General Mills Europe, a présenté les engagements du groupe : « Réduire de 30 % les émissions de gaz à effet de serre sur l’ensemble de la chaîne de valeur d’ici 2030 et arriver à la neutralité carbone en 2050. » Et d’ajouter : « En parallèle, nous accompagnons les agriculteurs dans l’adoption d’une agriculture régénératrice sur 400 000 hectares à l’échelle mondiale avec une approche basée sur l’exploitation et pas sur la filière. Nous travaillons donc avec d’autres acteurs comme Tereos, Unéal ou encore la Prospérité fermière. Ce qui permet également de mutualiser les ressources pour les accompagnements techniques. »

Chez Tereos aussi, on fait le choix de se décarboner (lire notre édition du 5 décembre), « nous avons pris l’engagement de réduire de 65 % nos émissions de gaz à effet de serre entre 2022 et 2032. 800 millions d’euros ont été alloués à 150 projets », met en avant Kristell Guizouarn, directrice RSE et Communication du groupe.

Décarboner sans toucher à la compétitivité

Chez Fruits Rouges & Co, basé dans l’Aisne, on a compris une chose : si le consommateur assure vouloir manger local et de saison, il n’est pas encore prêt à faire une croix sur son fraisier à Noël. Alors pour se décarboner sans toucher à sa compétitivité, l’entreprise a fait le choix de travailler avec des producteurs portugais ou marocains « qui respectent nos valeurs » pour la période de fin d’année, tout en « misant davantage sur le transport maritime que routier », précise Anne Preuvot, directrice RSE. « En parallèle nous travaillons également sur la création d’un campus innovant pour tester différents modèles de culture et variétés. Nous allons notamment tester la culture en pot qui présente plusieurs bénéfices comme être sur des terres qui ne sont pas cultivables, amener le juste besoin d’eau à la plante ou encore de limiter les maladies et donc les traitements. »

Des investissements nécessaires

Les laboratoires ont aussi leur rôle à jouer dans la chaîne de valeur. « Nous sommes des acteurs de la sécurité sanitaire, une mission vertueuse mais qui génère beaucoup de déchets chimiques et organiques », pose Mathilde Rueda, directrice QHSE & RSE dans le Laboratoire Phytocontrol. L’entreprise multiplie les actions pour décarboner son activité : « Nous sélectionnons les solvants les plus verts possibles pour nos contrôles, nous faisons un travail de pédagogie auprès des clients pour limiter les échantillons que nous analysons tout en respectant les normes auxquelles nous sommes contraints, nous optimisons les tournées de nos techniciens préleveurs afin de réduire leur fatigue mais aussi de réduire nos émissions de CO2 et limiter notre consommation de carburant… », énumère la directrice. « Pour 2026, le projet est de verdir notre flotte de véhicule. »

Des « investissements nécessaires », estime Benjamin Duché rappelant que « le coût d’inaction sera beaucoup plus important ». « Travailler ensemble, croire à une aventure territoriale, c’est la solution pour demain », a conclu Sandrine Delory. 

Hélène Graffeuille 

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Agriculture environnement Hauts-de-France Transition écologique

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