
Des fruits, des légumes, de la viande, des produits laitiers comme du beurre ou des yaourts mais aussi des œufs, de la confiture, des chips, de la soupe ou encore des plats préparés… Il y en a pour tous les goûts dans les casiers du distributeur automatique installé au sein du centre hospitalier de Lens, entre les bâtiments D et E.
Le point commun de tous ces produits : ils sont locaux, fermiers et de saison ! Car à la tête du lieu, baptisé Les champs gourmands de l’Artois, on retrouve un groupement de quatre agriculteurs du territoire lensois : Hélène Deleye, Séverin Dubois, Samuel Vanheuversuyn et Marc-Antoine Blanchant, respectivement exploitants à Servins, Givenchy-en-Gohelle, Loos-en-Gohelle et Vendin-le-Vieil. Ces derniers ont répondu à un appel à projet et se sont lancés.

« C’est le premier distributeur automatique géré de manière collective, alors il a fallu apprendre à travailler ensemble », explique Hélène Deleye.
Et les bénéfices sont multiples : « C’est un moyen de pérenniser nos exploitations. L’emplacement, s’il n’est pas situé très loin de chez nous, permet également de toucher des gens différents. »
Et l’idée séduit : « Aller au supermarché après le travail, c’est loin d’être motivant. Alors ce distributeur au sein même du centre hospitalier, c’est une bonne idée », reconnaît Claire Laurent, la directrice générale adjointe du Centre hospitalier de Lens (CHL). Accessible à tous 24 h / 24 et 7 j / 7, ce distributeur connaît effectivement un réel succès.« Cela permet au personnel de l’établissement hospitalier, aux patients ou encore aux ambulanciers de venir se ravitailler en bons produits, frais et locaux. Mais pas seulement puisque, s’il est installé au sein même du centre hospitalier, il reste ouvert à tous, précise la directrice adjointe. L’hôpital s’ouvre aux personnes qui nous nourrissent de manière qualitative. »
Et les blouses blanches le savent bien, l’alimentation joue un rôle important dans la santé. « Ce distributeur est aussi un outil d’éducation thérapeutique des patients. Cela peut les encourager à avoir une alimentation saine à base de produits frais non transformés », souligne la direction de l’établissement.
Les utilisateurs ont ainsi accès à une centaine de références. « Nos produits sont issus d’une vingtaine d’exploitations du Nord-Pas de Calais mais également du nord de l’Aisne et de la Somme, précise l’agricultrice de Servins. Tous les jours nous venons remplir les casiers, parfois même deux fois par jour, notamment durant la période des fraises où il y a un véritable engouement ! »
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Si ce projet a pu voir le jour, c’est en partie grâce à un fonds de compensation collective agricole (CCA). « Pour construire le futur hôpital de Lens, il a fallu empiéter sur des terres agricoles. Pour certains exploitants cela a pu être un crève-cœur. Mais la force d’un territoire vient de l’engagement de ceux qui y vivent. Et, dans ce projet, les agriculteurs ont fait preuve d’engagement », souligne Thierry Daubresse, le président du conseil de surveillance du CHL.
Quelque 27 hectares de terres ont ainsi été perdus pour l’agriculture. Alors, en plus des compensations individuelles venant dédommager les agriculteurs directement impactés par ce projet, il a fallu mettre en place, également, un fonds de CCA dont l’objectif est de reconstituer de la plus-value économique pour le monde agricole et ses filières sur le territoire impacté.
« Le distributeur Les champs gourmands de l’Artois est d’ailleurs le premier projet de CCA porté dans le Nord-Pas de Calais », met en avant Simon Ammeux, président de la chambre d’agriculture du Nord-Pas de Calais. Avant d’ajouter : « Preuve que le monde agricole ne s’oppose pas à tout et sait travailler en collaboration avec les acteurs locaux. »
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En fin d’année 2027, l’hôpital de Lens devrait s’installer dans de nouveaux murs et devenir l’Hôpital métropolitain de l’Artois. Le distributeur fait évidemment partie des « cartons à prendre ». « Il nous suivra sur le futur site », assure-t-on à la direction de l’établissement. Preuve en est que le distributeur a définitivement été adopté !
Hélène Graffeuille

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