« On ne fait pas encore assez. Et plus on est nombreux, mieux on avance ! » Margherita Balzerani, la directrice de l’incubateur Louvre Lens Vallée, en est consciente. Le secteur de la culture peut faire mieux sur le volet de la transition écologique. La dynamique régionale, pour autant, se lance petit à petit. C’était le sujet de l’émission Planète Locale de BFM Grand Lille et Grand Littoral (en partenariat avec Terres et Territoires) du lundi 22 janvier. Margherita Balzerani et Laura Jaud, coordinatrice du Main Square festival à Arras, présentaient le livre blanc « Écoresponsabilité culturelle, numérique et touristique en Hauts-de-France ».
L’idée est partie d’un culturathon à l’automne 2022 : 36 heures non-stop de réflexions entre étudiants et professionnels du monde culturel pour établir les bases d’une culture plus durable dans les Hauts-de-France.
Huit acteurs régionaux se sont engagés depuis cette date : le Louvre Lens, le centre de conservation du Louvre à Liévin, la salle de spectacle 9-9 bis à Oignies, Autour du Louvre Lens, le musée et parc archéologique Arkéos à Douai, l’Opéra de Lille, le Main Square ou encore l’association Musenor. « Tous ces acteurs ont eu envie de mettre en partage des défis et au bout d’un an, certains de ces défis ont bien avancé. »
L’association Musenor rassemble plus de 100 professionnels issus de 90 musées des Hauts-de-France. Dans le cadre du plan d’investissement France 2030, elle a pour projet de créer une plateforme de don et de prêt de mobilier muséographique et de matériel de conservation entre les musées. « Une sorte de Leboncoin pour les Hauts-de-France et pour les acteurs de la culture », éclaire Margherita Balzerani. Le Louvre Lens, lui, chauffe sa Galerie du temps (3 000 m2) grâce à la géothermie.
« Ça fait une bonne dizaine d’années qu’on s’empare de ces questions-là parce qu’elles sont incontournables pour les événements comme les festivals de musique », affirme de son côté Laura Jaud, coordinatrice du Main Square. Les équipes du festival arrageois ont donc participé au culturathon pour la mise en commun de pratiques, « une clé pour avancer » et l’un des objectifs de ce livre blanc.
Le festival tâche par exemple de réduire son empreinte carbone. « On essaie de relier au réseau électrique le festival, explique Laura Jaud. On travaille sur ce sujet avec Engie, Enedis et la Communauté urbaine d’Arras. Déjà, dès 2022, la scène du bastion était 100 % reliée au réseau. […] On rêve pour 2025 ou 2026 d’avoir zéro groupes électrogènes. On est bien entourés pour avancer sur ce sujet. » La coordinatrice du festival arrageois met en avant le travail avec les collectivités, le secteur privé et les associations locales : « C’est un vecteur de pérennité du festival et une clé de la transition écologique. »
Le Main Square travaille également à la réduction des déchets de ses festivaliers (126 000 en 2023) avec la mise en place de vaisselle réutilisable en 2023. « Il y a beaucoup de travail de sensibilisation à faire, concède Laura Jaud. Il faut que les messages soient très clairs, que tout soit très simple. Sur la vaisselle typiquement, on a eu beaucoup de vaisselle jetée dans les poubelles. Tout le monde doit travailler et ce travail n’est jamais terminé ! »
Les auteurs de ce livre blanc ont ainsi signé une tribune, en décembre, invitant d’autres acteurs du monde culturel régional à les rejoindre. « Rejoignez le mouvement et soyez au rendez-vous pour le prochain culturathlon en novembre 2024 », lance Margherita Balzerani. Le message est passé.
Kévin Saroul
Dans le cadre de notre partenariat avec BFM Grand Lille, retrouvez l’émission Planète locale du lundi 22 janvier 2024, au sujet d’une culture plus durable dans les hauts-de-France :

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