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Les Blongios : 30 ans de militantisme par l’action

17-11-2022

Actualité

Environnement

Cette année, l’association des Blongios fête 30 ans de chantiers nature et plus globalement d’engagement citoyen en faveur de l’environnement. 30 ans de militantisme par l’action, c’est la philosophie de Denis Lagache, l’un des quatre permanents qui remonte le fil.

L’association mène une quarantaine de chantiers par an, dans le Nord-Pas de Calais et dans la région comme ici, à Quend (80), pour préserver les pelouses dunaires. © Denis Lagache – Les Blongios

Au départ, un groupe d’ornithologues passionnés voulaient sauver le lieu de reproduction du blongios, le plus petit héron d’Europe, à savoir les roselières du marais audomarois en ce qui nous concerne.” Le “nous”, ce sont les quatre permanents de l’association fondée en 1992 par lesdits ornithos, mais aussi et surtout les 250 à 300 adhérents qui font vivre sur le terrain les valeurs du collectif.

Car ici, prévient Denis Lagache, l’un des permanents, “on milite la bêche à la main“. Vous ne verrez pas, ou peu, les membres des Blongios dans les manifs ou signer une pétition. Par contre, vous pourrez les voir défricher, entretenir, sauvegarder le patrimoine naturel. À raison de 40 à 45 chantiers nature par an, se déroulant sur un jour ou un week-end, les adhérents œuvrent à préserver les roselières, et plus globalement les zones humides, dont “on a perdu 80 % dans les 150 dernières années rien que dans le Nord-Pas de Calais“, rappelle Denis Lagache. “Les roselières, en particulier, sont des habitats super intéressants pour la faune, mais leur intérêt économique n’étant plus ce qu’il était… Les roseaux servaient dans la confection de toits de chaume ou de paillasson, dont il reste une activité en Camargue. Mais les roseaux ont aussi un fort pouvoir de phytoépuration. Dans les petites stations mais aussi pour les bassins de retenue, les roseaux peuvent jouer un rôle primordial de traitement avant le retour de l’eau dans le milieu naturel. Vous imaginez les eaux de ruissellement le long des autoroutes…

Implication et appropriation

Outre les zones humides, les Blongios ont étendu leur champ d’action au fil des ans sur l’ensemble du Nord et du Pas-de-Calais, mais aussi quelques chantiers expatriés dans le reste de la région, en Camargue, au Pays basque ou en Normandie.

Historiquement liée au Parc naturel régional des caps et marais d’Opale, “l’association vise à motiver les citoyens, à s’impliquer en faveur de l’environnement, mais aussi à se réapproprier leur espace de vie. C’est notamment pourquoi nous avons étendu nos actions aux écoles, publics en situation de handicap, missions locales ou protection judiciaire de la jeunesse. Des publics qui, contrairement à nos bénévoles, sont plus éloignés des questions d’environnement.

Ces groupes sont alors invités à participer à des chantiers nature à proximité de chez eux, pour ouvrir les yeux sur leur environnement immédiat, et ça crée souvent de grandes surprises. “Des gamins venus sur le chantier en guise de réparation pénale se retrouvent à trimer sous la pluie sans se plaindre une seule fois et en se donnant à fond“, salue Denis Lagache qui voit là, comme dans l’ambiance communautaire qui se crée sur les chantiers bénévoles, une victoire citoyenne autant qu’écologique.

Martin-pêcheur et colibri

Parmi les adhérents, beaucoup participent activement aux chantiers, on l’aura compris ici l’esprit est à l’action. “Et même qu’il pleuve ou qu’il vente, on s’y colle“, prévient Denis qui rassure : “Nous sommes équipés : thermos de café, plaquettes de chocolat pour le moral…” Beaucoup des bénévoles sont étudiants, souvent dans les domaines environnementaux (BTS en gestion et protection de la nature ou master en gestion et évaluation de la biodiversité), mais chacun peut participer, sans connaissances préalables. “Il n’y a qu’à voir, notre président actuel… il est informaticien“, tacle joyeusement Denis Lagache.

Outre la participation à une œuvre salutaire et collective, dont ils peuvent toucher du doigt les résultats concrets, les bénévoles ont aussi accès à des sites interdits au public pour des raisons de fragilité, à l’image de la réserve biologique dirigée de l’ONF à Merlimont (62). “Un immense massif dunaire d’exception“, explique le permanent.

Concrètement, l’association a, par exemple, permis le retour de martins-pêcheurs au parc de la Citadelle de Lille en installant des microfalaises pour favoriser leur nidification, ou observé le retour d’une quinzaine d’espèces de libellules grâce à la création d’un réseau de mares. Un retour naturel sur investissement humain. Et qui démontre que chacun peut faire sa part, c’est l’histoire d’un autre petit oiseau cette fois…

Justine Demade Pellorce

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