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Patrimoine. Un coup de pouce pour les lieux de mémoire

03-05-2019

Actualite

Hors-champ

Ils honorent dans chaque commune les habitants décédés lors des guerres qu’a connues la France. Les monuments aux morts sont des lieux de mémoire à préserver. De nouvelles aides régionales permettent de les entretenir.

© S. Leitenberger

La plupart d’entre eux ont été érigés il y a tout juste cent ans, au lendemain de la Grande Guerre. Simples plaques commémoratives ou imposantes œuvres d’art, les monuments aux morts sont des ouvrages architecturaux dont l’entretien mobilise une part annuelle du budget des municipalités. À la veille du 8 Mai 2019, la Région Hauts-de-France a ouvert un dispositif pour accompagner les villages dans la restauration et la sauvegarde de ces édifices parfois vieux d’un siècle.
« Un devoir de mémoire »
Les monuments aux « morts pour la France » occupent une place symbolique dans l’identité régionale. Le territoire des Hauts-de-France a été le théâtre des deux derniers conflits mondiaux de 14-18 et de 39-45. Des guerres particulièrement meurtrières, chez les soldats comme chez les civils, dont les traces sont aujourd’hui encore visibles à travers des éléments de paysages (anciennes tranchées, blockhaus…) mais aussi à travers les monuments commémoratifs.
« Nous sortons d’un cycle intense de célébrations pour le Centenaire, indique Anne Pinon, présidente de la commission rayonnement (culture, tourisme, relations internationales) au conseil régional. Par le déploiement d’une aide, nous voulions maintenir la dynamique et poursuivre le devoir de mémoire. » 
Après étude des dossiers, la Région peut participer dès à présent au financement des travaux entrepris par les communes pour restaurer les monuments aux morts. Une subvention à hauteur de 30 % des travaux à entreprendre, et jusqu’à 3 000 euros, peut être attribuée. « L’Onac (Office national des anciens combattants) contribue déjà à épauler en partie les municipalités dans leurs démarches, mais il y avait un besoin d’accompagnement complémentaire pour certaines localités », précise l’élue.
En effet, le travail du bronze et les interventions sur les gravures, qui nécessitent un savoir-faire artisanal, entraînent parfois des dépenses élevées pour les mairies. « Nos aïeuls ont laissé leur vie dans les combats, nous nous devons de prendre soin de ces monuments, note Hubert Degrève, maire de Tubersent (62) et président départemental des maires ruraux du Pas-de-Calais. C’est la première façon d’honorer nos morts. »
Les modalités d’attribution
La subvention régionale est accordée sur présentation du montant hors taxe des travaux à effectuer. « Il faut que la demande intervienne avant l’achèvement du chantier, précise Anne Pinon. Nous ne financerons pas des travaux d’entretien courant (nettoyage, démoussage, éclairage, fleurissement…) mais du gros œuvre et des travaux d’urgence. »
Des pièces justificatives sont à apporter au dossier de sollicitation : le chiffrage prévisionnel du chantier indiquant ses dates de début et de fin, une photo de la structure et la mobilisation d’autres aides. « Chaque commune ne peut effectuer qu’une seule requête, souligne la conseillère régionale. L’essentiel est de valoriser la qualité du projet de restauration et la mémoire locale pour les générations futures. » 
« Les rassemblements devant les monuments aux morts ont lieu au moins deux fois par an et participent à la vie des villages, souligne Hubert Degrève. Entretenir ces témoins du passé doit faire partie des priorités d’une municipalité. »
Depuis la mise en place de ce coup de pouce en avril 2019, quelques demandes sont déjà en cours de traitement. Le dispositif du conseil régional est ouvert pour une durée de trois ans. La Région a également décidé d’aider les associations d’anciens combattants à financer la rénovation ou l’acquisition des drapeaux portés lors des cérémonies. Ce matériel patriotique est souvent vieillissant. Une enveloppe de 80 000 € vient d’être allouée, permettant de subventionner à hauteur de 100 à 500 € tout projet de réhabilitation ou d’achat d’un drapeau.
Simon Playoult

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