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23-02-2024

Le rire en un clic comme thérapie

Yann Courchelle a fait du rire un dispositif thérapeutique. Il souhaite partager avec le plus grand nombre les avantages de rire quotidiennement grâce à un petit boîtier à déclencher à des moments clés de la journée pour en avoir les meilleurs bénéfices sur la santé.

Yann Courchelle veut faire du rire « l’antidépresseur naturel le plus puissant et le plus contagieux ». © C. D.

« Le rire est un docteur qui guérit. » Ces paroles écrites par Alain Souchon pour un tube de Laurent Voulzy, Yann Courchelle les a faites siennes. Il a créé le dispositif Alol, « le premier dispositif de rire thérapeutique autonome », explique le Templeuvois de 41 ans.

Dès son plus jeune âge, le Nordiste a une idée en tête : être médecin « pour aider les gens ». Une fois en étude, il a un seul souhait d’orientation : le Samu. « J’ai eu sage-femme, vous me voyez sage-femme ? », rigole-t-il. Changement de cap. Il intègre une école de commerce, « ma seconde nature », et découvre l’univers pharmaceutique avec son beau-père, l’un des fondateurs de La Roche Posay.

Après ses études, il s’envole pour deux ans en Australie, « se faire de l’expérience », avant d’intégrer un laboratoire traitant des effets secondaires du cancer, « dont j’ai développé la vente de produits dans 18 pays », puis une autre entité « toujours dans le même segment d’activité, mais trop en avance sur son temps ». Il choisit alors de faire une pause, puis suit un cursus à l’université européenne de coaching, monte son cabinet et publie un livre Et si ? Post-covid, « il a fallu encore se réinventer ». C’est alors qu’il lit une étude : « Avant guerre, un Français riait 19 minutes par jour. En 2020, une seule minute.  » Il approfondit le sujet, de la thérapie du rire forcé d’un médecin indien au yoga du rire. « Et tout ça m’a fait rire et m’a fait du bien. » L’idée d’Alol est née.

Avec son beau-père, Richard, séduit par le principe, ils déposent le concept dans « 179 pays pour 70 ans ». « Un rire est considéré comme une marque », précise le Nordiste qui s’appuie sur toutes ses expériences professionnelles. « Le rire soigne tout, il régule la tension, fait baisser le stress, l’anxiété, améliore le sommeil, l’humeur, réduit la douleur, augmente la tolérance aux traitements… », liste avec conviction Yann Courchelle, qui lance une étude pour « vérifier si ça marche ou pas […] avec un protocole de soin, pour des fondations solides et valides ».

« Le rire soigne »

Le principe ? Appuyer sur le petit boîtier Alol, à porter idéalement autour de son cou, à trois moments clés de la journée : le matin au réveil, le midi avant de manger et le soir avant de s’endormir pour entendre un rire tonitruant qui devrait vous faire rire. Des personnes le testent au CHE de Nice et à la clinique des Flandres, à Coudekerque-Branche (59), et les résultats sont à la hauteur de ses espoirs. « On s’est vraiment dit qu’on tenait quelque chose de bien. » Le produit est lancé en mai 2023 après trois ans de recherche et développement. S’il cherche à faire reconnaître médicalement l’intérêt de son dispositif, « il est hors de question que ce ne soit pas accessible à tous, je veux rendre le sourire à la planète ». Il est ainsi en vente directement sur son site internet.

En septembre, il a été accepté par le comité scientifique du congrès mondial de médecine intégrative, « c’est une reconnaissance fabuleuse », s’enthousiasme-t-il. En octobre, il est invité au Sénat sur les traitements non-pharmacologiques. « C‘est non invasif, naturel, sans effet secondaire et préventif, le rire est un vecteur d’émotions positives. Notre cerveau ne fait aucune différence entre la perception du réel et l’imagination. Un rire spontané ou provoqué, d’un point de vue biologique, c’est la même chose : ça entraîne un lâcher d’endorphines, de sérotonines, de dopamines, voire d’ocytocines. » Une minute de rire équivaudrait, selon ses dires, à 45 minutes de relaxation au niveau sanguin.

Aujourd’hui, il poursuit son développement en France, mais aussi en Belgique et en Suisse, et cherche des partenaires et des distributeurs. Il se tourne aussi vers les Ehpad, les mutuelles qui pourraient y voir un intérêt dans la prévention de nombreuses pathologies. « Tout le monde devrait avoir Alol : les personnes isolées dans les campagnes, celles en maison de retraite… », conclut celui qui a enfin trouvé comment réaliser la mission qu’il s’est donnée enfant d’aider les gens.

Claire Duhar

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