Il a hérité son « sens du contact avec les autres » de ses parents, commerçants. Lui, a saisi des ciseaux, à l’âge de 15 ans, pour faire de la coiffure son métier. D’apprenti en maître artisan, Alain de Carrion a gravi les échelons et créé son salon avant d’être happé par un autre sens. Celui de l’engagement. « Si on peut apporter du bonheur au quotidien, c’est ma tasse de thé », dit celui qui met d’abord un pied dans le syndicalisme professionnel avant d’être élu consulaire en 2010 et de rejoindre le bureau de la chambre des métiers et de l’artisanat des Hauts-de-France.
Quatre ans plus tard, c’est une autre casquette qu’endosse le coiffeur, celle de maire de sa « commune urbaine », Vermelles (62), et ses presque 5 000 habitants.
« J’ai envie de faire que l’avenir soit meilleur », glisse celui qui sera candidat à sa propre succession pour un troisième mandat municipal l’an prochain. Pourtant, la fonction de maire est loin d’être évidente. « Il faut savoir se mettre une carapace », remarque l’édile qui souhaite toutefois poursuivre ce qu’il a engagé. « Une sacrée métamorphose », qu’il dit avoir « démarrée d’une page blanche » pour « toujours dynamiser la ville et la rendre attractive ». « Je m’étais engagé à ne pas augmenter les impôts : cela a attiré les habitants », cite Alain de Carrion qui comptera 600 logements de plus en 2030. « Nous devons donc étoffer notre offre de services », poursuit l’élu qui a dans les tuyaux la construction d’un restaurant scolaire sur la commune.
En 2020, il est élu vice-président de la communauté d’agglomération de Béthune-Bruay, Artois-Lys Romane. L’année suivante, il se présente – avec succès – aux élections départementales du Pas-de-Calais sur le canton de Douvrin et intègre à ce titre le conseil d’administration du Sdis 62 (service départemental d’incendie et de secours).
« Je m’occupe principalement des sapeurs pompiers volontaires », traduit-il dans les faits. Dans le département, on en dénombre près de 3 300, auxquels s’ajoutent plus de 1 250 pompiers professionnels et une équipe de 250 personnes en charge de l’administratif. « Soit 4 800 personnes, sur 47 centres : nous sommes le 4e Sdis de France », additionne le vice-président.
Il encourage aussi « la jeunesse à se diriger vers les JSP », comprenez jeunes sapeurs-pompiers. Au-delà d’un « vivier de futurs professionnels », les JSP sont formés aux premiers secours, apprennent la discipline, s’exercent au sport. Une véritable école de la vie. Alain de Carrion se souvient de ce jeune sapeur-pompier, justement, capable de réagir face à un malaise cardiaque survenu en pleine rue tandis que lui et d’autres élus se trouvaient bien impuissants.
À près de 60 ans, Alain de Carrion porte un regard fier sur cet « artisan coiffeur au parcours atypique » et en retient, « un enrichissement personnel et de nombreuses rencontres. » Il reste « nostalgique de l’époque consulaire », qu’il a vécue jusqu’en 2016, et de sa « famille des artisans » qui partageait tant les difficultés que les bons moments. « La solidarité, c’est la fibre des artisans », conclut celui qui a transmis sa passion à sa fille, qui a repris le flambeau.
Louise Tesse

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