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07-01-2026

Politique. Pour Valérie Six, « Tout viendra des territoires »

Conseillère régionale déléguée à l’innovation, Valérie Six défend une action publique fondée sur le collectif et les territoires.

Valérie Six ©M. S.

« Il y a eu un peu de chemin entre ma première élection, en 2001, et aujourd’hui », sourit Valérie Six. Aujourd’hui conseillère régionale des Hauts-de-France, déléguée à l’innovation, elle revendique avant tout un parcours ancré dans la vie civile. « Je veux d’abord rappeler que je suis une mère de trois enfants, une femme, et que j’ai été pharmacienne jusqu’en 2020. »

Elle insiste, son entrée en politique n’est pas le fruit d’un militantisme. Il tient plutôt à la continuité de son engagement associatif à Croix, dans le Nord. « À force d’être dans des associations ici et là, on rencontre du monde, on comprend les enjeux de la ville. » En 2001, elle rejoint une liste municipale.

Penser collectif

« Après, on ne reste que si on fait quelque chose », souligne-t-elle. Très vite, les responsabilités arrivent : conseillère déléguée, puis des compétences de plus en plus larges. Développement économique, insertion, emploi. Elle y mène ses premières actions structurantes, avec une idée déjà bien ancrée : penser au-delà des frontières communales : « Je voulais rallier les communes pour faire plus. »

Cette logique collective la conduit au poste de première adjointe, et à siéger au conseil de l’agglomération. Elle touche à de nombreux champs : politique de la ville, espaces publics, voirie, espaces verts. En parallèle, elle tient toujours sa pharmacie. Ce lien quotidien avec les habitants, en tant que pharmacienne ou adjointe, nourrit son rapport à la politique. « On se met à la place des autres pour comprendre leurs problèmes. C’est très riche humainement. »

Toujours plus haut

Elle choisit de changer d’échelle et rejoint la première liste régionale de Xavier Bertrand, en 2015. « Pourquoi la Région ? Parce que le développement économique, l’insertion, l’emploi, ce sont ses compétences. » Elle devient vice-présidente en charge du travail, fidèle à ses thématiques de prédilection.

En 2017, Valérie Six traverse un grave problème de santé. « Je suis passée par une fenêtre très étroite », dit-elle en touchant la table des deux mains. « J’ai eu de la chance, ça change le regard sur les choses. » Encore hospitalisée, elle est sollicitée pour devenir suppléante du député Francis Vercamer. Elle accepte. Avec l’application du non-cumul des mandats, elle devient députée en 2020. « J’ai adoré être députée. Ça donne le vertige au début. »

À l’Assemblée nationale, elle siège à la commission des affaires sociales, santé et travail. Puis survient la crise sanitaire. « Avec le covid, j’étais extrêmement présente. »

De ce mandat intense, elle garde une fierté particulière : deux lois adoptées à l’unanimité, l’une est la première à concerner le protoxyde d’azote. Elle interdit son usage chez les mineurs. L’autre sur le travail des seniors. Pour elle, peu importe l’échelle, tout tient dans la capacité à « aller chercher ceux qui vont s’investir pour pousser le projet un peu plus loin. Les acteurs locaux en mairie, le gouvernement et parlementaires au national. »

Retour en Région

Elle n’est pas réélue députée en 2022. « J’étais triste mais je regarde toujours devant, pas derrière. » Ne lui reste alors qu’un mandat régional. « Je lui ai tout donné. » Elle devient présidente de la commission travail et déléguée à l’innovation. « Tous les domaines sont concernés par l’innovation. Je n’ai pas la prétention d’être experte. » Elle se concentre sur la méthode et la création d’un réseau. Pendant un an et demi, elle rencontre universités, centres de recherche, entreprises, investisseurs, acteurs locaux et nationaux.

De ce travail naît la feuille de route innovation de la Région pour 2025-2028. « C’est un petit aboutissement, le fruit de beaucoup d’efforts. » Elle précise toujours partir des atouts régionaux. « Notre région a du potentiel, il faut se retrousser les manches. Nous avons identifié les domaines stratégiques, reste à les accompagner pour voir de quoi ils sont capables. »

Elle en est persuadée : « Tout viendra des territoires, ce sont eux qui font la richesse de la France. Un territoire se développe s’il le décide. » Elle le sait pour avoir exercé à toutes les échelles. « Une loi joue, bien sûr, mais si elle n’est pas comprise et assumée localement, ça ne marche pas. »

Un idéal en toile de fond

Depuis toujours, Valérie Six se dit animée par un idéal. « Déjà petite, j’étais déléguée de classe. » Faire agir, mettre en mouvement, mais toujours pour l’intérêt général. Elle croit au collectif. « Les choses ne fonctionnent que si plusieurs personnes y adhèrent. »

Désormais son souhait dépasse sa propre trajectoire. « Je rêve de donner envie à d’autres de s’engager, des gens de la vie civile investis pour leur territoire. » Elle s’excuse presque de partager sa conception de la politique, celle qui l’anime, celle qu’elle veut transmettre mais qu’elle craint d’être trop naïve : « Faire bouger les choses pour construire la société idéale ».  

À lire aussi : Région. Où en est-on de la réindustrialisation ?

Maxime Schilt 

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Hauts-de-France Politique

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