
« Je suis un militant, je ne peux pas faire autrement. » Jacques Dazin est de ceux qui militent en agissant concrètement. Depuis le mois d’octobre, il est le nouveau président de l’Association amicale des membres de l’ordre du Mérite agricole du Nord de la France. Il a consacré une grande partie de sa vie au bénévolat et à l’engagement associatif, souvent en lien avec l’agriculture et la ruralité, dans un cadre professionnel comme personnel. C’est en 2013 qu’il se voit attribuer le grade de chevalier du Mérite agricole avant d’être promu officier en 2019. « Le Mérite agricole est une reconnaissance de la Nation pour les services rendus à l’agriculture », rappelle Jacques Dazin.
Dans la foulée de la création de l’ordre du Mérite agricole à la fin du XIXe siècle, l’association nordiste voit le jour. Dès le départ, elle couvre les départements du Nord, du Pas-de-Calais, de la Somme et de l’Aisne. Elle permet à ceux qui ont reçu la récompense de se regrouper pour échanger et s’épauler. Dans la période plus récente, l’association organise plusieurs fois par an des voyages ou des conférences pour ses adhérents. « Depuis deux ans, les activités de l’association ont souffert de la crise sanitaire, regrette Jacques Dazin. Avec le Covid, la vie associative en prend un coup, il y a une forme de repli sur soi. » Petite satisfaction pour lui, l’assemblée générale de l’automne a pu se tenir en présentiel malgré une fréquentation moindre qu’habituellement.
Autre problématique soulevée par le président : la baisse des nominations constatée depuis quelques années. « C’est une décision qui vient du plus haut niveau de l’État, avance Jacques Dazin. Elle concerne aussi la Légion d’honneur. » Cette diminution l’inquiète car elle a un impact direct sur le nombre d’adhérents de l’association, qui compte actuellement 300 membres, et met en péril son avenir. « Nous tirons la sonnette d’alarme », prévient-il.
À plus d’un titre, le parcours de Jacques Dazin lui permet d’arborer fièrement son insigne. S’il vit actuellement à Sains-du-Nord, dans l’Avesnois, il est né dans la Somme, et a grandi sur l’exploitation familiale où l’endive fait florès. En son temps, son père avait, lui aussi, reçu l’ordre du Mérite agricole. Troisième d’une fratrie de cinq enfants, il n’a pas pu s’installer sur la ferme familiale.
À la fin des années 1970, après des études agricoles aux quatre coins de la France, il s’installe dans l’Avesnois avec son épouse Béatrice, enseignante au lycée agricole de Sains-du-Nord. Jacques Dazin est alors embauché dans le tout nouveau Centre d’aide par le travail (CAT) agricole de Pont-de-Sains, à Féron, qui deviendra ensuite un établissement et service d’aide par le travail (Esat). Il débute en tant qu’éducateur technique. « J’ai dû me familiariser avec le volet social du travail », se souvient-il. Jacques Dazin participe activement au développement de l’établissement avec la mise en place d’un troupeau de vaches rouges flamandes dont le lait est transformé en maroilles. Il devient finalement le chef d’atelier pour l’ensemble du site.
C’est aussi au titre de son engagement pour la filière maroilles que Jacques Dazin a reçu le Mérite agricole. « En tant que membre du Syndicat du maroilles, j’ai participé à la transformation de l’AOC maroilles en AOP reconnue au niveau européen », précise-t-il. De manière bénévole, il adhère par ailleurs à la confrérie du maroilles dont il est encore membre à jour.
Il mène aussi de nombreuses initiatives pour animer la vie rurale de sa commune comme la création à Sains-du-Nord d’une antenne de l’Écomusée de l’Avesnois baptisée la Maison du bocage. Il participe également à la création de la Fête du cidre qui a lieu chaque année à Sains-du-Nord depuis 36 ans.
Sur un plan plus personnel, Jacques Dazin et son épouse tiennent un gîte rural. Il s’agit d’une maison typique de l’Avesnois dans laquelle ils ont vécu avant de construire un logement plus moderne en contrebas. Jacques Dazin cultive dans son jardin des légumes oubliés du Nord-Pas de Calais dans le cadre d’un partenariat entre Gîtes de France et le Centre régional de ressources génétiques (CRRG).
« L’agriculture, le terroir et la ruralité ont toujours forgé ma motivation », conclut-il, espérant que la situation sanitaire permette, en 2022, de proposer aux adhérents un rythme plus soutenu d’événements. Jaques Dazin rappelle que l’amicale accueille à bras ouverts tous les passionnés d’agriculture que la Nation a bien voulu récompenser.
Virginie Charpenet
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