
Ouverts ou non au public, habités dans 90 % des cas, ces monuments sont autant une chance qu’une charge : « On passe davantage de temps sur notre tondeuse ou notre échelle qu’à mener la vie de château », formule la par ailleurs gestionnaire du château de Grosville, à Rivière (près d’Arras), pour expliquer en quoi le terme « chatelaine » lui semble inapproprié. La Demeure historique rassemble environ 3 000 adhérents au national dont quelque 150 dans la région et a pour ambition « d’aider les gestionnaires à bouger dans les méandres de l’administration » en apportant son expertise sur la partie fiscale, réglementaire ou sur la partie travaux, strictement encadrés dans le cadre des monuments historiques.
Alors, le Nord-Pas de Calais terre de châteaux ? Pas vraiment. Quand on parle châteaux, on pense immédiatement à la Loire et ses châteaux de contes de fées, à l’Alsace et ses châteaux forts perchés. On pense encore à Versailles ou Chantilly mais pas au Nord-Pas de Calais. Il y a pourtant ici comme ailleurs quelques trésors à visiter (toute l’année ou plus ponctuellement), qui charrient leur imaginaire et leur part d’histoire bien réelle.
La plupart des châteaux bâtis dans la région l’ont été au XVIIIe siècle, parfois au XIXe. Peu de châteaux médiévaux, même s’il en existe comme à Potelle et son pont-levis. L’édifice doit à la robustesse de sa maçonnerie de grès taillé d’avoir préservé l’essentiel de son caractère médiéval. Protégé par de très larges douves, il présente une enceinte polygonale irrégulière renforcée de tours cylindriques.
Un château, c’est un bâtiment, c’est une histoire. Et c’est bien souvent un parc, des jardins qui les magnifient. C’est notamment le cas du parc et des jardins du château de Conteval à La Capelle-lès-Boulogne, classés « Jardin remarquable » et « Monument historique », et qui ouvrent leurs grilles lors de la Fête des plantes le premier week-end de juin avec de nombreuses animations.
Certains sont plus anciens encore à l’image du château de Rametz avec ses quatre tours rondes qui date du XIIIe. L’ensemble aux allures médiévales « s’élève en briques rose-orangées ponctuées de pierres d’un calcaire primaire bleuté, tiré de la région, et qui fait bien chanter la brique », poétise une notice de la direction régionale des affaires culturelles (Drac).
Le château d’Olhain (XIIe et XVe) est un bel exemple de « château fort des plaines de l’Europe de Nord ». Il est le château médiéval le mieux conservé du nord de la France, avec cette particularité de compter des pierres datant de 1202 mais que sa cour de ferme était encore en activité il y a 30 ans.
« La région a payé un lourd tribut », juge Annette de Diesbach qui évoque aussi ces châteaux reconstruits après-guerre. Il faut aussi compter avec les mille vies que ces édifices ont pu avoir, à l’image du château de Cercamp, à Frévent, qui fût tour à tour abbaye cistercienne, manufacture de tissage de laine, résidence des barons de Fourment, quartier général du Maréchal Foch, maison d’accueil pour enfants…
Généralement, les châteaux d’agrément étaient flanqués d’une ferme et d’un domaine et de terres qui permettaient de rentabiliser la propriété, vendus au fil des successions. Au château de Colembert, dans le Boulonnais, un escalier monumental enjambe les douves. Quant aux dimensions du château, elles « sont à la mesure des amples mouvements des collines du Boulonnais qui en sont le cadre », écrivent ses propriétaires.
Le château de l’Hermitage, à Condé-sur-l’Escaut, est un témoignage unique de l’architecture palladienne dans la région, ce courant venu de Vénétie à la Renaissance et qui donne son aspect très symétrique au château restauré dans les règles de l’art par ses actuels propriétaires.
Pour notre guide, le château de Barly est probablement l’un des plus beaux du Nord-Pas de Calais en raison de « sa pureté » : il est « l’archétype du plus pur style Louis XVI ». Datant du XVIIIe siècle, « ce château en parfait état de conservation incarne à lui seul la quintessence du néo-classicisme à la française », s’enorgueillit l’office de tourisme Arras Pays d’Artois.
Parmi les joyaux régionaux, citons encore le château de Trélon (Avesnois) et ses collections de mobilier, tapisseries et autres Å“uvres d’art, visitable toute l’année.
« Au cÅ“ur de la Flandre française, le domaine d’Esquelbecq avec son château, son parc et son jardin forme un ensemble remarquable, témoignage unique de l’organisation des châteaux et jardins flamands de la Renaissance », invite le descriptif (en découvrir plus ci-contre).
Lire aussi : Les châtelains 2.0 d’Esquelbecq – Terres et Territoires
J. D. P.

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