
À quelques jours de son grand départ, c’est le rush pour Pierre Destailleur. Cet ingénieur agronome de 32 ans, originaire de Genech (59), peaufine les derniers préparatifs du défi qu’il s’est lancé : courir un marathon – 42 km – par jour pendant 20 jours (soit 840 km) et relier Lille à Orléans en passant par Laon, Reims, Nancy ou encore Troyes. Le grand départ est prévu pour ce mardi 16 septembre, l’arrivée le 9 octobre.
Pour le Genechois, membre de l’association Uni-vert sport qui a pour objectif de sensibiliser le grand public par l’activité physique à la préservation de la planète et à l’importance du sport pour la santé, mais aussi du mouvement Sport Planète Maif qui promeut une pratique sportive écoresponsable, cette aventure, baptisée Enraciné, est bien plus qu’un défi sportif.
C’est d’abord un hommage à son grand frère, Thomas, décédé il y a six ans alors qu’il effectuait une aventure au Canada où il était parti s’installer. « Il était très engagé écologiquement, il avait décidé de faire une aventure sportive dont l’objectif était d’en apprendre plus sur les sables bitumineux de l’Alberta et leur exploitation. Il est probablement décédé d’une hypothermie et d’une noyade, explique Pierre. Après son décès, j’ai eu besoin d’aller moi aussi au Canada pour y faire mon deuil. J’ai commencé à m’intéresser à l’écologie et je suis passé par une crise d’éco-anxiété. Avec le covid, j’ai eu le temps de suivre des cours en ligne sur le sujet. Et j’ai décidé de me mettre dans l’action. »

À son retour en France, le jeune homme change de vie. Celui qui avait fait des études dans le commerce décide de repartir sur les bancs de l’école, ceux de l’ISA (Institut supérieur d’agriculture) de Lille pour devenir ingénieur agronome.
Un métier dans lequel il s’épanouit depuis quelques mois. Ce qui le passionne, notamment, ce sont les sols. « Ils sont partout. Les scientifiques en parlent beaucoup, pourtant on n’en parle pas au journal de 20 h : trop technique, pas assez sexy… On évoque souvent les conséquences du changement climatique sur la biodiversité mais il y en a aussi sur les sols », insiste l’ingénieur agronome.
Chiffres à l’appui : selon le centre de ressources pour l’adaptation au changement climatique, d’ici 2050, avec un réchauffement de 2,7 °C, les précipitations estivales devraient diminuer de 10 % entraînant des périodes de sécheresse des sols plus longues et plus sévères. Dans 25 ans, les sols seront deux fois plus secs que sur la période 1976-2005. Des conséquences non négligeables quand on sait que le sol fournit plus de 95 % de notre alimentation et assure l’essentiel des fonctions écosystémiques indispensables au maintien de la vie sur Terre. Et Pierre Destailleur d’ajouter : « 25 % de la biodiversité mondiale se situe dans le sol. C’est aussi un super outil pour stocker le carbone, 2 000 milliards de tonnes y sont stockées sur la planète. »
Alors à chaque étape de son aventure, l’ingénieur agronome a décidé d’aller à la rencontre de différents acteurs comme des scientifiques, des collectivités, des citoyens ou encore des agriculteurs qui utilisent le sol comme support de travail pour échanger sur les enjeux et les problématiques liés à l’utilisation des sols. « Je vais m’entretenir avec des représentants de l’ONF ou encore de l’association française pour l’étude du sol (Afes), je vais me rendre au centre d’enfouissement des déchets nucléaires à Bure, je vais également dans un lycée agricole… », énumère le sportif.
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« L’objectif pour moi est de mieux comprendre, d’en apprendre davantage et de m’ouvrir à tout ce qui existe, il n’y a pas une bonne réponse mais une multitude de solutions. Je ne fais surtout pas cela pour juger ou politiser », insiste-t-il. Il a aussi l’espoir qu’en suivant son périple les gens prennent conscience de l’utilité du sol.
Enfin, Pierre Destailleur est né avec une agénésie du bras gauche. Il n’a donc qu’un seul bras. « Je l’ai toujours bien vécu, j’ai eu la chance d’être bien entouré. Je ne suis pas un traumatisé du handicap, je suis même fier d’être handicapé », avance-t-il. Faire ce périple est donc aussi une occasion pour lui de sensibiliser à la question et de montrer que même avec un handicap, on est capable de faire de grandes choses.Â
Hélène Graffeuille
Pour assister au départ de l’aventure de Pierre Destailleur, rendez-vous le mardi 16 septembre devant le Palais Rameau de Lille (39 boulevard Vauban) à 8 h 30.
Le sportif donnera des nouvelles quotidiennement sur son challenge sur les réseaux sociaux : pierre_enracine sur Instagram ou Pierre Destailleur sur LinkedIn.

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