⏱
| Par Hélène Graffeuille

Dans les Hauts-de-France, comme dans le reste de la France, les principaux animaux impliqués dans les collisions ferroviaires sont les sangliers et les chevreuils.
Sur la région et en prenant également en compte la ligne à grande vitesse Paris-Lille, environ 180 collisions avec la faune sauvage ont été recensées en 2025. Parmi elles, près de 70 concernaient des sangliers.
Un chiffre en augmentation, selon la SNCF qui estime que leur nombre a progressé de 60 % en trois ans à l’échelle nationale. « Cette hausse s’explique notamment par l’augmentation des populations de sangliers favorisée par l’évolution des pratiques agricoles, l’existence de zones peu ou pas chassées ou encore des conditions climatiques favorables à leur reproduction », énumère Maxime Gombart, référent national faune SNCF Réseau.
La plupart des collisions avec un animal entraîne une interruption de trafic. « Certains animaux, notamment les sangliers, peuvent être suffisamment massifs pour endommager ou obstruer des organes de sécurité du train. Dans ces conditions, le train ne peut pas systématiquement poursuivre sa route après l’impact. Une procédure de vérification est généralement nécessaire : le conducteur doit évaluer les conséquences du choc, identifier l’animal impliqué et s’assurer que les conditions de sécurité permettent la reprise de la circulation, souligne le référent national faune sauvage SNCF Réseau. Ainsi, dans la quasi-totalité des cas, une collision avec un animal entraîne l’arrêt du train, sauf lorsque le choc n’est pas perçu par le conducteur. »
En 2025, les incidents liés à la faune ont généré environ 56 000 minutes de retard sur les Hauts-de-France. Ce chiffre comprend les collisions, mais également d’autres perturbations causées par la présence animale à proximité des voies, comme la présence d’animaux fouisseurs.
En France, les collisions avec la faune sauvage entraînent régulièrement des retards de trains (400 000 minutes de retard en 2025, + 34 % en un an). « Le nombre de collisions augmente et atteint des niveaux importants non atteints jusqu’ici. En 2025, nous comptabilisons plus de 1 400 collisions avec des sangliers, soit environ 15 trains par jour impliqués. Il s’agit avant tout d’un sujet de sécurité et de régularité pour les trains », avance l’entreprise. Elles sont la source d’une insatisfaction pour les voyageurs mais entraînent également des coûts importants pour SNCF Réseau, les entreprises ferroviaires et les Régions.
Face à cette problématique, SNCF Réseau mise sur la prévention. « La première action consiste à identifier les secteurs les plus exposés et à adapter la gestion de la végétation. Les abords des voies ferrées constituent souvent des refuges appréciés par les animaux. Lorsque la végétation devient trop dense, des travaux d’entretien sont réalisés afin de limiter leur présence à proximité immédiate des rails », détaille Vincent Delepaut, référent végétation et faune SNCF Réseau pour le Nord-Pas de Calais.
« Des clôtures sont également mises en place », poursuit Vincent Delepaut tout en précisant que, ce n’est pas une solution miracle, les animaux doivent pouvoir continuer à circuler dans leur environnement naturel. L’objectif est donc de sécuriser certains passages tout en maintenant la « transparence écologique » des infrastructures« .
Elles disposent d’ailleurs de portes de sortie au cas où un animal serait parvenu à entrer dans la clôture. « Sur l’infrastructure de la ligne à grande vitesse, dans le cas où on ne parviendrait pas à le faire sortir, on fait appel à un agent régulateur qui sera contraint de l’abattre. C’est le dernier recours pour assurer la sécurité de la circulation des trains. »
Dans le Nord-Pas de Calais, un avertisseur sonore est actuellement en test depuis deux ans. « Ce dispositif sur pied muni de plusieurs détecteurs de présence et d’une sirène, détecte les mouvements et déclenche des signaux sonores destinés à éloigner les animaux, rapporte Vincent Delepaut. Mobile, il est installé à certaines périodes – lors des mouvements de population ou en période de reproduction – en fonction des points où les collisions sont plus fréquentes. Sur notre territoire, ce sont notamment les secteurs d’Étaples et de Saint-Amand-les-Eaux où nous rencontrons une ou deux collisions par an au même endroit. » Un dispositif qui a fait ses preuves puisque, jusqu’à présent aucune collision n’a eu lieu aux endroits où l’avertisseur sonore était présent.
SNCF Réseau travaille également avec les fédérations de chasseurs et les services de l’État afin d’identifier les secteurs à forte densité animale pour mettre en place, lorsque cela est nécessaire, des battues administratives ou des battues coordonnées.« L’an passé, avec la Fédération de chasse du Nord, nous avons procédé à une opération de prélèvement de lapins vivants, qui déstabilisaient les talus aux abords des voies, que nous avons relâchés loin des voies ferrées sur des territoires où ils étaient peu présents », indique Vincent Delepaut.
Pour SNCF Réseau, la réduction de ces incidents passe donc autant par l’innovation technologique que par la coopération avec les chasseurs, mais aussi avec le monde agricole.

Il n’y a pas que la faune sauvage qui peut provoquer des accidents. Les animaux domestiques se retrouvent aussi parfois sur les voies ferrées.
Si les sangliers et les chevreuils sont les principaux responsables des collisions avec la faune sauvage, la SNCF doit également faire face à des incidents impliquant des animaux domestiques. Bovins, ovins ou encore chevaux (mais aussi chiens ou chats) se retrouvent parfois sur les voies ferrées, avec des conséquences similaires sur la circulation des trains.
Sur les Hauts-de-France et la ligne Paris-Lille, 72 incidents liés à la faune domestique ont été recensés en 2025, contre 35 en 2019. Les retards générés ont également plus que doublé sur la période, passant de 4 500 à près de 10 000 minutes. « Généralement quand il y a une collision avec la faune domestique, cela est dû à un défaut de clôture ou de surveillance. Une clôture dégradée, un portail laissé ouvert ou un animal ayant parcouru plusieurs centaines de mètres après s’être échappé peuvent suffire à provoquer une interruption du trafic », avance Vincent Delepaut, référent végétation et faune SNCF Réseau pour
le Nord-Pas de Calais.
Pour limiter ces situations, SNCF Réseau mène régulièrement des actions de sensibilisation auprès du monde agricole. L’entreprise insiste sur l’importance d’un entretien régulier des clôtures et d’une surveillance adaptée des animaux, en particulier à proximité des voies ferrées. Le propriétaire d’un animal retrouvé sur une voie ferrée encourt « des poursuites judiciaires et 3 750 € d’amende ainsi que la réparation financière des préjudices matériels, immatériels et corporels causés », rappelle SNCF Réseau.
Hélène Graffeuille

Actualité

Actualité

Actualité

Actualité

Vivre et travailler ensemble : la vie d’un couple à la ferme !
par Hélène Grafeuille
Ecoutez leur histoire !
